« Je veux réconcilier les propriétaires et les locataires » (Julien Denormandie)
Propos recueillis par César Armand et Philippe Mabille
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Julien Denormandie
AFP
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Julien Denormandie
AFP
C'est le bon élève de la Macronie, au profil atypique. Julien Denormandie n'a pas fait l'Ena. Ingénieur des eaux et forêts, cet ancien directeur adjoint du cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, a gravi les échelons pour prendre le poste clé du Logement et de la Ville. La loi Élan porte sa patte avec une réelle volonté de moderniser le logement. Il s'attaque à la ré-écriture du Code de la construction pour y introduire le « permis d'innover », afin de dépoussiérer l'immobilier grâce au numérique. Ce jeudi, il sera à La Rochelle pour parler logement social, et rénovation urbaine dans le cadre du Grand débat, avec les acteurs des quartiers prioritaires.
LA TRIBUNE - Le logement semble être l'un des grands absents du Grand débat national tant du côté des « gilets jaunes » que du gouvernement. Comment l'interprétez-vous ?
JULIEN DENORMANDIE - C'est pourtant l'une des raisons qui ont amené à la colère exprimée par les « gilets jaunes », car le principal problème du logement reste son prix. De nombreux Français dépensent 30, 40 voire parfois plus de 50 % de leurs revenus mensuels dans le paiement de leur loyer. Cette crise a mis l'accent sur la question de la mobilité et le problème de distance entre le lieu d'habitation et le lieu de travail. Il y a un manque criant de logements nécessaires là où se situent les zones d'emplois. Lorsque des Français ne peuvent accéder à un travail car il est trop éloigné de chez eux ou que les loyers sont trop élevés là où il s'en trouve, ils le ressentent comme un frein à la maîtrise de leur destin. Le logement est donc en même temps le problème et la solution à beaucoup des difficultés des Français.
La crise a montré les effets négatifs de l'étalement urbain. Faut-il et peut-on redensifier les centres-villes pour mieux aménager le territoire ?
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En effet, cette crise est l'occasion de se demander quel type de société nous voulons pour demain. Voulons-nous continuer un modèle avec des poches d'emploi très concentrées et des poches d'habitation de plus en plus éloignées ou, au contraire, devons-nous renforcer la densité économique sur l'ensemble du territoire ? Je crois beaucoup en l'attractivité économique de nos territoires et je la défends fortement. Les investisseurs étrangers n'investissent d'ailleurs pas seulement en Île-de-France.
Propos recueillis par César Armand et Philippe Mabille