Jean-Marie Le Pen exclu du Front national
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Le cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen est banni de son propre parti. Le président d'honneur du parti d'extrême droite, âgé de 87 ans, a été évincé suite au vote du bureau exécutif de la formation politique, qui a trouvé la "majorité requise" pour prononcer cette décision.
Au siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine), M. Le Pen a été auditionné pendant trois heures par le bureau exécutif, la plus haute instance du parti. Convoqué pour s'expliquer sur 15 griefs, et notamment ses propos polémiques sur les chambres à gaz, le patriarche n'a pas pu se défendre devant la présidente du Parti frontiste, sa fille Marine Le Pen, ni devant Florian Philippot, numéro deux de la formation. Ces derniers, à l'origine de la convocation de M. Le Pen, estimaient leur présence impossible afin de ne pas être "juge et partie".
De son côté, le banni s'est exprimé au terme de la réunion. Il a affirmé avoir « exprimé le souhait que cet épisode un petit peu polémique soit une étape vers la réunification active du FN ». « J'ai donné toutes les explications à ceux qui n'avaient pas toujours bien compris ce qui se disait ou se rapportait », a-t-il dit, tandis que Bruno Gollnisch, qui l'a assisté pendant son audition, a pour sa part fait savoir qu'il y avait eu « des moments assez vifs » pendant cette audition.
L'exclusion de Jean-Marie Le Pen survient alors que les dirigeants frontistes cherchent à éviter que les provocations du fondateur du parti n'écornent la stratégie de "dédiabolisation" engagée par Marine Le Pen, qui a succédé à son père en 2011 à la tête de la formation d'extrême droite.
Mais cette décision sera-t-elle définitive ? Le combat entre le père et la fille se déroule également devant les tribunaux. Cet été, Jean-Marie Le Pen a obtenu deux victoires juridiques face à Marine Le Pen, avec l'annulation d'une précédente décision de suspension et la suspension de l'assemblée générale extraordinaire du Front national censée aboutir à son éviction.
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Depuis plusieurs jours, l'avocat de l'ancien candidat à l'élection présidentielle de 2002, Frédéric Joachim, a signifié à plusieurs reprises que la décision du bureau exécutif fera sans doute l'objet d'une contestation devant la justice.
(Avec AFP et Reuters)
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