La France se préparerait à un "reconfinement" à grande échelle d'un mois

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(Crédits : POOL)
Face à l'augmentation exponentielle du nombre de cas d'infection et au risque de saturation des services de réanimation à brève échéance, le gouvernement prépare depuis plusieurs jours l'opinion à "des décisions difficiles". Selon plusieurs médias, l'hypothèse privilégiée est celle d'un confinement national de quatre semaines qui n'épargnerait que les écoles et collèges et une partie seulement des commerces.

Dans l'attente des annonces d'Emmanuel Macron face à l'accélération de l'épidémie due au coronavirus, la France se préparait mercredi à un nouveau durcissement marqué des mesures de restriction de circulation, qui pourraient aller jusqu'à un reconfinement quasi général du pays, avec des conséquences sanitaires, sociales et économiques difficiles à évaluer.

Le président de la République doit présenter à 20h00 (19h00 GMT) les nouvelles mesures décidées pour tenter de freiner la propagation du coronavirus, au terme d'une journée durant laquelle il aura notamment réuni le conseil des ministres puis un deuxième conseil de défense sanitaire en 24 heures.

Épidémie hors de contrôle

Face à l'augmentation exponentielle du nombre de cas d'infection et au risque de saturation des services de réanimation à brève échéance, le gouvernement prépare depuis plusieurs jours l'opinion à "des décisions difficiles".

Mardi, le Premier ministre, Jean Castex, a réuni l'ensemble des forces politiques mais l'opposition est sortie déçue de ce rendez-vous en l'absence de détails sur les décisions à venir.

Les autorités sanitaires ont fait état mardi soir de 523 décès supplémentaires attribués au COVID-19 en 24 heures, près de deux fois le chiffre annoncé la veille, et de 33.417 nouvelles contaminations contre 26.771 lundi.

Lire aussi : Covid: plus de 500 morts recensés en 24 heures en France

L'hypothèse d'un reconfinement de quatre semaines

Le nombre de personnes actuellement hospitalisées en réanimation s'élève à 2.918, au plus haut depuis début mai, avant la levée du premier confinement.

Selon plusieurs médias, l'hypothèse privilégiée est celle d'un confinement national de quatre semaines qui n'épargnerait que les écoles et collèges et une partie seulement des commerces.

La perspective d'un nouveau coup d'arrêt à l'activité économique a fait plonger les marchés financiers européens dès l'ouverture et en milieu de matinée, l'indice CAC 40 de la Bourse de Paris perdait 2,72%, au plus bas depuis le 26 mai, tandis que l'euro se dépréciait de plus de 0,3%.

Des mesures pour accompagner l'économie

"L'objectif principal, c'est la santé publique et nous travaillons actuellement sur toutes les hypothèses. Pour ce qui me concerne, avec Bruno Le Maire, nous préparons les dispositions qui seront nécessaires pour accompagner l'économie selon la nature des décisions prises", a déclaré Olivier Dussopt, le ministre délégué auprès du ministre de l'Economie en charge des comptes publics, sur Sud Radio.

"Lorsque le pays s'arrête de fonctionner (...), c'est une perte entre deux et 2,5 points de PIB par mois de confinement général", a-t-il précisé.

Lire aussi : Reconfiner ? Cela coûterait jusqu'à 2,5 points de PIB par mois à la France

Les milieux médicaux réclament les mesures les plus strictes possible

Dans les milieux médicaux, de nombreux spécialistes des maladies infectieuses et des épidémies réclament cependant les mesures les plus strictes possible.

"Il faut prendre des mesures maintenant, et pas trop tard, si l'on attendait encore dix jours par exemple", a ainsi déclaré Philippe Juvin, chef du services des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou de Paris, sur RTL.

"Il y a eu une crise sanitaire, une crise économique, il ne faut pas maintenant qu'il y ait une crise de confiance qui conduise à la désobéissance comme ça a été vu dans d'autres pays", a-t-il ajouté.

"On ne peut pas refermer le pays sur lui-même" (Bayrou)

La piste du reconfinement quasi général est cependant loin de faire l'unanimité, y compris parmi les soutiens du chef de l'Etat.

"Je ne me prononce pas pour un reconfinement généralisé", a ainsi dit François Bayrou, le commissaire au Plan, sur France Inter. "Mon sentiment à moi, c'est qu'on ne peut pas refermer le pays sur lui-même complètement."

La France est loin d'être le seul grand pays à envisager de nouvelles mesures de restriction de la vie sociale et économique: en Allemagne, selon un projet que Reuters a pu consulter, Angela Merkel envisage entre autres de fermer tous les bars et les restaurants, les salles de sports, les cinémas ou encore les salles de spectacle à partir du 4 novembre. (Marc Angrand)

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Commentaires
a écrit le 28/10/2020 à 16:35 :
Le chiffre des décès dû au Covid est loin de faire l'unanimité. Le gouvernement n'en est pas à une manipulation près pour justifier un confinement généralisé.
Comme apparemment le virus est là pour longtemps, une dose de fatalisme devrait être injectée dans la société. Rappeler que la mort fait partie de la vie et que la médecine qu'on veut nous faire croire toute puissante à encore beaucoup de chemin à faire.
Réponse de le 28/10/2020 à 21:41 :
Les hôpitaux arrivent a saturation, ça il fait l'éviter. Maintenant si le couvre feu a pas suffit, je vois pas comment ce confinement durant lequel on continu de bosser pourra marcher, c'est quoi au final la différence entre le couvre feu ou on se lève, on va bosser on rentre avec sa famille chez soit et on dors et le confinement ou on va faire exactement la meme chose...
Réponse de le 29/10/2020 à 9:06 :
"c'est quoi au final la différence " : c est vrai que la différence est faible ; on réduit (encore) un peu plus les libertés individuelles et emprisonnant les inactifs chez eux et en supprimant les loisirs du WE des actifs. La réduction des libertes individuelles sera un marqueur du macronisme !
a écrit le 28/10/2020 à 16:09 :
Quand on sait que les gosses sont vecteurs de la maladie (contagieux) et qu'on ne leur fait même pas porter le masque, sans distanciation et très peu se laver les mains !!! Et on va épargner les écoles ? C'est l'inverse qu'il faut faire !

On aura beau s'enfermer chez nous, si les 3-5-15-20 ans trainent ensemble sans protections avec la rigueur qui est la leur et rentrent chez eux le soir, de la crêche au Lycée, ils continueront de contaminer leurs foyers ! Dans un mois on repart pour un mois ! etc..

Le monde à l'envers, confiner les adultes et laisser les gosses dehors ! -> En pension !

Jusqu'à preuve du contraire c'est pas eux qui font marcher le pays !

Pas la peine de venir ennuyer les gens avec le confinement, sans être capable de dégager des actions ciblées et efficaces !

Le primate latin a besoin de process et de rigueur pour fonctionner en environnement contraint ! Encore plus ses bambins !

Que nos dirigeants aillent faire un stage en chine.
Réponse de le 28/10/2020 à 16:57 :
"si les 3-5-15-20 ans trainent ensemble sans protections avec la rigueur qui est la leur et rentrent chez eux le soir, de la crêche au Lycée, ils continueront de contaminer leurs foyers !Jusqu'à preuve du contraire c'est pas eux qui font marcher le pays ! "

Ni les retraités dans ce cas ,les + de 65 ans par exemple qui apparemment sont les plus concernés par ce virus ,la population plus jeune s’immunisent naturellement.
a écrit le 28/10/2020 à 13:08 :
Moi je ne comprends pas. On nous avait dit : « Grâce au port du masque, une deuxième vague va être évitée » puis « Le couvre-feu va nous prémunir contre l’arrivée d’une deuxième vague » et aussi « Au moins 12.000 lits de réanimation pourront être mobilisables à l'automne » et l’on apprend que la deuxième vague est là, que les 5.800 lits de réanimation sont presque tous utilisés et qu’un reconfinement généralisé va être annoncé. Ne serait-ce pas le moment idéal pour nous présenter des excuses ?
a écrit le 28/10/2020 à 12:35 :
Mais quel pipo toute cette affaire ! Que cache tout ce cirque ? A ce stade ce n'est même plus le GJ qu'il faut craindre, ce qu'on aurait pu penser au départ
a écrit le 28/10/2020 à 11:41 :
C'est pourtant simple avec un taux de reproduction du virus constant autour de 1.2 chaque semaine, la trajectoire du virus était largement anticipée. Mais la priorité ce n'était pas d’empêcher un confinement national, c'était d'éviter le confinement de Paris. Defraissy, Macron, le professeur Salomon, ils habitent à Paris. Maintenant que Paris n'a plus le choix, ils veulent reconfiner la France entière. Ils nous disent que maintenant la situation est grave. Paris aurait du être confiné bien avant au moins pour protéger les autres au lieu de laisser ses habitants partir en vacances. Honteux.

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