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Le gouvernement français veut renforcer ses liens économiques avec les pays d'Afrique subsaharienne

latribune.fr

Publié le 06 avril 2024 à 14:15 - Mis à jour le 06 avril 2024 à 20:18

« La France aura comme vocation à renouveler et construire des partenariats équilibrés, respectueux mutuellement, et au bénéfice de l'ensemble des pays, avec les pays africains », a déclaré Stéphane Séjourné.

« La France aura comme vocation à renouveler et construire des partenariats équilibrés, respectueux mutuellement, et au bénéfice de l'ensemble des pays, avec les pays africains », a déclaré Stéphane Séjourné.

Reuters

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La France souhaite « construire des partenariats équilibrés » qui doivent « être bénéfiques » aux pays africains, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné, ce samedi à Nairobi.

Opération séduction pour la France. Le chef de la diplomatie française, Stéphane Séjourné, qui a pris ses fonctions en janvier, a entamé ce samedi au Kenya sa première tournée africaine. Cette dernière le mènera ensuite au Rwanda, où il assistera dimanche aux commémorations du 30e anniversaire du génocide des Tutsi, puis en Côte d'Ivoire.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères n'a pas caché ses ambitions :

«La France aura comme vocation à renouveler et construire des partenariats équilibrés, respectueux mutuellement, et au bénéfice de l'ensemble des pays, avec les pays africains», a déclaré Stéphane Séjourné lors d'une conférence de presse à Nairobi avec son homologue kényan Musalia Mudavadi.

« C'est tout l'enjeu de notre feuille de route: diversifier ces partenariats, les rendre bénéfiques pour les pays dans lesquels nous allons investir », a-t-il poursuivi. « En Afrique, il n'y a pas que le Sahel, il y a de belles coopérations », a ajouté le ministre, soulignant que « le continent africain est en passe de devenir une puissance culturelle, économique, diplomatique (...) qui comptera dans les équilibres du monde ».

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Le Kenya, un pays qui se rapproche de l'Union européenne

Au Kenya, « qui n'est pas un partenaire traditionnel », la France renforce notamment sa présence économique. En dix ans, le nombre d'entreprises françaises implantées dans le pays a presque triplé, passant de 50 à 140.

Et le rapprochement économique avec ce pays est en réalité visible à l'échelle européenne. Le total des échanges commerciaux entre les deux marchés a atteint 3,3 milliards d'euros en 2022. Un montant en hausse de 27% depuis 2018, selon les chiffres de l'Union européenne. Pour le Kenya, l'UE représente plus de 20% de ses exportations, selon des chiffres officiels. Une grande partie de ces marchandises sont des fruits et légumes (notamment les pois et haricots) ou les célèbres thé et café kényan. Les fleurs coupées font aussi partie des produits les plus exportés vers l'UE. Plus de 70 % de la production totale de fleurs du Kenya sont exportés vers l'Union européenne, générant pas moins de 500 000 emplois directs et indirects pour les Kényans.

En décembre, le président du Kenya William Ruto a signé un accord commercial avec l'Union européenne. Cet accord, négocié de longue date et conclu en juin dernier, garantit aux produits kényans un accès libre de droits et sans quotas au marché européen. En contrepartie, les produits européens entrant au Kenya verront leurs droits de douane réduits sur une période de 25 ans. Ils bénéficieront aussi de réductions tarifaires. L'accord comprend également des engagements en faveur du développement durable, de la protection de l'environnement et des droits du travail, a indiqué le Conseil dans un communiqué.

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Ce samedi, interrogé sur le « déséquilibre commercial » de la relation avec la France, Musalia Mudavadi a répondu qu'il s'agissait d'un « travail en cours ». « Le processus visant à remédier au déséquilibre commercial nécessite des programmes cohérents et des efforts conjoints, comme nous le faisons. Le nombre d'entreprises françaises augmente et celles qui sont présentes sont capables d'engager 34.000 Kényans, en emplois directs », a-t-il souligné.

Une coopération pour lutter contre le changement climatique

Les deux ministres ont évoqué la coopération en termes d'infrastructures de transports et sportives, mais aussi dans la lutte contre le changement climatique, domaine dans lequel le président kényan William Ruto s'est fait le porte-parole des pays en développement.

Face à la « nécessité d'augmenter de toute urgence le financement climatique mondial (...) y compris (par) des contributions du secteur privé et d'autres sources innovantes », Musalia Mudavadi a appelé « tous les pays à rejoindre le groupe de travail sur la fiscalité internationale », lancés par les deux pays et la Barbade lors de la COP28 en décembre.

Les trois pays avaient alors annoncé vouloir créer une coalition pour regrouper les pays souhaitant créer d'ici deux ans une taxation internationale capable de lever des milliards de dollars pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique.

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La France veut aussi renouer avec le Maroc

La France souhaite aussi renforcer ses relations commerciales avec le Maroc, un partenaire incontournable du Maghreb avec qui les relations ont été affectées par la question du Sahara occidental.

L'heure est « au rebond de la relation », a affirmé jeudi le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester à Casablanca, quelques semaines après une visite en février du chef de la diplomatie française Stéphane Séjourné. Un rebond en plusieurs temps: des visites des ministre de l'Economie Bruno Le Maire et de l'Agriculture Marc Fesneau sont aussi attendues avant la fin du mois. « Renouer le dialogue économique » était l'objectif principal de la visite de Frank Riester, a souligné une source diplomatique, après des années de brouille liée à l'épineux dossier du Sahara occidental qui n'a pas terni pour autant la relation économique entre les deux pays.

Les échanges entre Paris et Rabat ont atteint un record de 14 milliards d'euros l'an dernier, et la France est le premier investisseur étranger au Maroc avec la quasi-totalité des entreprises du CAC 40 représentées et 1.000 filiales françaises. Le Maroc est lui le premier investisseur africain en France, avec un stock d'investissements directs passé de 372 millions d'euros en 2015 à 1,8 milliard en 2022. La relation « est particulièrement dense », résume la source diplomatique française. Le Maroc est aussi le premier destinataire des financements de l'Agence française de développement (AFD) dans le monde, selon la direction générale du Trésor.

(Avec AFP)

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