EY, Deloitte..., pourquoi les poids lourds du conseil amorcent la scission de leurs activités
Paul Marion
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Atos, Renault, le géant des céréales Kellogg..., alors que les scissions d'entreprise s'accélèrent ces derniers temps, le monde feutré des multinationales de l'audit et du conseil n'échappe pas au mouvement. Pas tant pour mieux valoriser une branche d'activité que pour développer l'activité de conseil auprès des entreprises en évitant les risques de conflits d'intérêts avec les sociétés dont les comptes sont audités. En effet, comme l'a dévoilé la semaine dernière le Wall Street Journal, EY (Ernst & Young) envisage de scinder ses activités de l'audit et du conseil en mettant en Bourse cette la branche conseil. Il n'est pas le seul réseau pluridisciplinaire à procéder ainsi. Début juin, le Wall Street Journal toujours révélait que Deloitte, un autre mastodonte du "Big Four" (les quatre principaux cabinets que sont EY, PWC, Deloitte et KPMG), explorait également la piste d'une scission de ses activités d'audit et de conseil.
Ces projets de scission qui interviennent vingt ans après le scandale Enron qui avait mis sur la place publique la question des conflits d'intérêts au sein des cabinets combinant les deux activités. Pour rappel, en 2002, le géant américain de l'énergie faisait faillite après la révélation d'une falsification massive de ses comptes que n'avait pas révélée le cabinet d'audit Arthur Andersen, lequel lui fournissait également des missions de conseil.
Aujourd'hui, rien ne contraint EY ou Deloitte à un tel découplage de leurs affaires. La règlementation européenne autorise le cumul de l'audit et du conseil au sein d'un même groupe. A condition que les honoraires perçus pour des missions de conseil n'excèdent pas 70% de ceux touchés pour de l'audit. Pourtant, les champions du cumul audit-conseil se sentent le devoir de se réformer. Ces dernières années, plusieurs scandales financiers sont venus les embarrasser.
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