Le plan Juncker entre dans le concret

 |   |  501  mots
La signature de l'accord entre le FEI et Bpifrance permettra à la banque publique d’investissement de participer au financement de projets d'entreprises innovantes pour un montant total de 420 millions d'euros sur les deux prochaines années
La signature de l'accord entre le FEI et Bpifrance permettra à la banque publique d’investissement de participer au financement de projets d'entreprises innovantes pour un montant total de 420 millions d'euros sur les deux prochaines années (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Ce mardi 12 mai, le Fonds européen d'investissement (FEI) et Bpifrance ont signé un accord pour soutenir les PME et ETI françaises innovantes. C’est la première opération financière en Europe au titre du plan Juncker. Les prêts seront accessibles dès le 15 mai. Emmanuel Macron veut aller plus loin. La comparaison avec la Silicon Valley est cruelle.

Déjà ? Alors que les détails du plan Juncker n'ont toujours pas été finalisés, le Fonds européen d'investissement (FEI) et Bpifrance ont signé ce mardi à Paris un accord pour soutenir les PME et ETI françaises innovantes grâce à la garantie financée par le budget européen dans le cadre du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), l'outil opérationnel du plan Juncker.

" L'encre du plan Juncker n'est pas encore sèche ! Cette rapidité d'exécution tord le cou à certaines idées reçues sur la bureaucratie ", s'est réjoui Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie. Il s'agit de la première opération financière en Europe à bénéficier d'une garantie européenne dans le cadre du FEIS.

En Europe, l'unité est le million

Concrètement, cet accord entre le FEI et Bpifrance permettra à la banque publique d'investissement de participer au financement de projets d'entreprises innovantes pour un montant total de 420 millions d'euros sur les deux prochaines années dans le cadre de l'initiative InnovFin du programme Horizon 2020, le financement européen de l'innovation. Le plan Juncker prévoit d'injecter au moins 315 milliards d'euros d'investissements publics et privés pour l'économie réelle au cours des trois prochaines années.

" Les prêts Innovation et Amorçage Investissement seront accessibles aux entreprises françaises dès le 15 mai 2015 ", précise Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance. Avec cet accord, c'est le financement du risque qui est donc la cible.

" A court terme la rapidité de mise en oeuvre est une condition de la réussite du plan Juncker. A plus long terme la France continue à porter l'idée qu'il faut arriver à mobiliser davantage d'argent pour soutenir l'investissement. C'est ce que j'appellerais un plan « Juncker plus ", a poursuivi Emmanuel Macron.

Dans la Silicon Valley, l'unité est le milliard

Les sommes en jeu ne seraient donc pas suffisantes ? La comparaison avec les montants de capitaux levés dans la seule Silicon Valley californienne est cruelle.

En 2014, les sociétés non cotées implantées dans cette région trois fois plus petite que l'Ile-de-France ont levé 23,4 milliards de dollars, soit 20,7 milliards d'euros auprès des fonds de capital-risque selon les données compilées par la National Venture Capital Association (NVCA). C'est la deuxième levée de fonds la plus importante de l'histoire dans le capital risque.

Le record date de 2000, juste avant l'éclatement de la bulle Internet : il s'élève à 33,4 milliards de dollars, soit 29,6 milliards d'euros au cours actuel de la monnaie unique face au billet vert.

A ces milliards s'ajoutent les sommes injectées par les fonds d'investissement américains et étrangers, les fonds souverains, des entreprises étrangères, notamment chinoises.

Citons l'investissement d'Alibaba, le géant chinois de l'e-commerce dans Lyft, le concurrent d'Uber - à hauteur de 250 millions de dollar - et dans TangoMe - 215 millions de dollars - ou encore celui de Baidu, le groupe Internet, estimé à 600 millions de dollars dans Uber.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 23:03 :
"Cette rapidité d'exécution tord le cou à certaines idées reçues sur la bureaucratie ", s'est réjoui Emmanuel Macron... ou non. Tout sera question de savoir quels seront les élus. On pourra dire alors que cette rapidité confirme le pire du capitalisme/socialisme de connivence de la France ou non. J'ai comme dans l'idée que les élus sont déjà choisis. Ce d'autant plus qu'un ancien banquier trouvant bon que l'état se substitue à ceux qui pratiquent son ancien métier, n'augure rien de bon pour l'état du financement de l'économie par les banques (pourtant sauvées au nom de cet indispensable mission) ou l'état des banques elles-mêmes.
a écrit le 12/05/2015 à 13:37 :
soyez gentil de ne pas tout confondre : ce sont des prêts garantis pour un amorçage alors qu'en Californie ce sont des prêts de développement !!! nuance !!
Réponse de le 12/05/2015 à 14:20 :
Bien entendu, et de plus ce ne sont pas les seuls financements de groupe BEI !!! La BEI, sans effet de levier, consent plus de 70 milliards d'euros de financements pour le développement, essentiellement dans l'UE, en focalisant sur des projets productifs. Évidemment, c'est largement méconnu des journalistes, surtout que cela marche plutôt bien et que cela ne coûte rien au contribuable ( les fonds sont levés sur les marchés des capitaux). Donc, aucun intérêt pour les médias... Ainsi va le monde... Le positif n'intéresse pas, comme les trains qui arrivent a l'heure...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :