Les créations d'emplois s'essoufflent

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Dans la construction, les effectifs salariés progressent au troisième trimestre 2018 de 0,4 % (+ 5 500 postes), comme au trimestre précédent.
Dans la construction, les effectifs salariés progressent au troisième trimestre 2018 de 0,4 % (+ 5 500 postes), comme au trimestre précédent. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
L'emploi salarié a progressé en France au troisième trimestre 2018 pour le 14e trimestre consécutif, mais au rythme seulement de 0,1%, selon des chiffres définitifs de l'Insee publiés mardi 11 décembre.

Selon les dernières données de l'Insee publiées ce mardi 11 décembre, les créations d'emplois s'élèvent à 15.000 sur les trois derniers mois contre 15.900 au trimestre précédent. Dans la fonction publique, l'emploi salarié continue de baisser (-7.400) et augmente dans le privé à 22.400. Alors qu'Emmanuel Macron tente de désamorcer la crise des "Gilets jaunes" en annonçant une série de mesures pour doper le pouvoir d'achat des salariés à bas revenus et des retraités modestes, la Banque de France vient d'abaisser ses prévisions de croissance à 0,2% pour le dernier trimestre contre 0,4% auparavant.

Le ralentissement de la croissance devrait avoir des répercussions sur le nombre de créations d'emplois sur les derniers mois de l'année 2018. À la suite des troubles liés à la colère des "Gilets jaunes", de nombreuses entreprises ont exprimé leurs difficultés à maintenir leur niveau d'activité. Au 10 décembre, près de 800 entreprises avaient déjà entamé des démarches pour mettre au chômage partiel leur personnel. Ce qui représentait environ 20.000 personnes.

Lire aussi : "Gilets jaunes" : les craintes sur la croissance se multiplient

Ralentissement dans les services

Les résultats collectés par l'institut de statistiques signalent que les créations d'emplois dans les services marchands ont marqué le pas. Entre juillet et septembre, l'emploi salarié a augmenté de 15.300 dans ce secteur, soit 0,1% contre 0,2% le trimestre précédent. "Sur un an, ce secteur porte l'essentiel des créations nettes d'emplois salariés : +158.300, soit +1,3%."

L'autre phénomène préoccupant est le recul de l'emploi intérimaire. D'après des chiffres du service de statistiques du ministère du Travail (Dares), l'emploi temporaire a baissé de 1,2% contre -0,6% au trimestre précédent. En revanche, les contrats à durée indéterminée intérimaires mis en oeuvre en 2014 montent en puissance. Les chiffres du ministère de la rue de Grenelle indiquent que leur nombre a progressé de 9% durant le dernier trimestre. "Il s'établit ainsi à 31.300 intérimaires, soit 3,9 % de l'effectif total d'intérimaires."

Recul dans la fonction publique

Le recul des créations d'emplois dans les services non marchands se poursuit de nouveau au troisième trimestre 2018 avec 6.500 emplois en moins contre -12.000 entre avril et juin. Dans le privé, l'emploi rebondit très légèrement (+1.100) alors que l'emploi dans le public continue de chuter -7.400 après -8.900 au deuxième trimestre. Sur les douze derniers mois, l'emploi dans les services non-marchands a diminué de 23.100 dont 22.100 dans le public.

Du côté de l'industrie, les créations d'emplois stagnent, voire reculent légèrement dans l'industrie manufacturière (-0,1). Les dernières données de l'Accoss, la caisse nationale du réseau des Urssaf, indiquent que sur un an, les créations augmentent de 0,2%. La baisse des carnets de commande conjuguée à une conjoncture internationale défavorable a pesé sur l'activité des dirigeants d'industrie.

Lire aussi : L'industrie européenne sous tensions

Le secteur de la construction continue de créer des emplois. Les effectifs ont progressé de 0,4% (5.500 postes) comme au trimestre précédent. "Sur un an, ils augmentent de 2,1%, soit + 29.000 postes."

Hausse modérée des salaires dans le privé

Au dernier trimestre, le salaire moyen par tête a augmenté de 0,5% contre 0,7% au trimestre précédent dans le secteur privé. Sur les douze derniers mois, le salaire moyen augmente tout de même de 2,1% selon les données de l'Acoss publiées mardi 11 décembre. Pour soutenir le pouvoir d'achat des salariés, Emmanuel Macron a proposé aux entreprises de mettre en place des primes défiscalisées lors de son intervention télévisée du 10 décembre. Si une partie du patronat a salué cette mesure, la confédération des PME a rappelé dans un communiqué que toutes les entreprises ne pouvaient pas forcément verser cette prime.

« La prime défiscalisée et nette de charges, à l'initiative de l'employeur, est également positive. Il convient toutefois - pour éviter de laisser penser que l'ensemble des salariés en bénéficieront - de bien préciser que le nombre de PME en capacité de distribuer une prime de ce type restera malheureusement limité. »

Lire aussi : "Gilets jaunes" : les entreprises au secours de l'État pour doper le pouvoir d'achat

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Commentaires
a écrit le 12/12/2018 à 14:00 :
La France manque tout simplement d’emplois !!! Et le PIB par habitant se traîne autour de 15% derrière celui de l’Allemagne suite à nos extravagances avec les 35 heures et les politiques industrielles suivies par les Politiques. On devraient demander aux entreprises Allemandes qui manquent de main d’oeuvre en Allemagne de venir s’installer en France..... Mais il faudra alors faire un vrai effort sur les taxes et impôts qu’elles devront régler !!!
a écrit le 12/12/2018 à 12:33 :
L'état en tant qu'employeur donne un exemple déplorable. Sous-effectif, salaires minables, conditions de travail déplorables, recours massif à des salariés précaires.

Macron a directement envoyé au chômage des centaines de milliers de personnes en supprimant les emplois aidés et en supprimant des postes de fonctionnaires.

C'est l'austérité pour les salariés, les retraités, les chômeurs. Comment voulez vous qu'ils consomment et fassent tourner la machine économique?
Et en parallèle ce sont plus de 130 milliards d€ au budget que l'état dépense pour soutenir les entreprises et les avoirs de ceux qui les possèdent dans l'espoir puéril d'un ruissellement.

Macron a mangé son pain blanc parce maintenant il n'y a plus ni croissance, ni énergie pas chère, ni marché mondial organisé. Si la valeur de l'€ tombe, c'est toute l'europe qui va suivre.
a écrit le 12/12/2018 à 9:50 :
Hors public et emplois aidés 22.400 ça n'eponge même pas la croissance naturelle de la population active. C'est pas gagné, c'est pas gagné.
a écrit le 12/12/2018 à 9:20 :
Et le ruissellement il est où le ruissellement?! Y aurait-il des fuites vers les paradis fiscaux!
a écrit le 12/12/2018 à 9:10 :
le chomage structurel de la france est a 10%, le taux de chomage actuel a 10%.... alors y a pas bcp de marge pour que ca baisse!
et comme aucune reforme structurelle n'a ete faite, y a pas de marge pour que ca descende!
trouver des idiots qui vont sacrifier leur vie pour donner du boulot aux autres sans rien avoir en plus en fin de mois, sauf des soucis, ca devient aussi dur que de trouver un ours blanc!
a écrit le 12/12/2018 à 8:50 :
Vous investiriez votre pognon dans ce pays désastré et furieux? Même les retraités pratiquent l'évasion fiscale en allant s'établir au Portugal. Quant au travail non déclaré des artisans et garagistes, c'est quoi? L'évasion fiscale du "pauvre"!
Il faut donc conseiller aux investisseurs français et étrangers : foutez le camp!
Nous on veut rester entre pauvres!
a écrit le 12/12/2018 à 8:49 :
On ne mesure même plus le chômage qui est une bien trop mauvaise image pour nos actionnaires milliardaires du coup on en est au stade de parler de seules créations d'emplois...

Au secours.

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