Les femmes sont discriminées à l'embauche dans l'accès aux emplois dits "masculins"
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Un mécanicien répare une jante.
Pixabay
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Un mécanicien répare une jante.
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Chauffeur-livreur, mécanicien automobile ou encore jardinier. Ce sont quelques uns des emplois considérés comme typiquement masculin dans lesquels les femmes sont les plus discriminées à l'embauche selon un "testing" réalisé à l'initiative de la Fondation des femmes, et dont les résultats ont été rendus public ce lundi. Selon cette étude, une femme qui postule à un emploi considéré comme typiquement masculin a 22% de chances en moins qu'un homme, à compétences et qualifications égales, de se voir proposer un entretien d'embauche
Un chiffre qui culmine à 35% pour un poste de chauffeur-livreur selon cette étude réalisée après de 451 employeurs d'Île-de-France avec le concours de l'Observatoire des discriminations de la Sorbonne."Ce sont des chiffres énormes ! Et encore, c'est la partie émergée de l'iceberg, car nous n'avons pas testé ce qui se passerait ensuite, pendant l'entretien d'embauche", analyse Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, à l'origine de ce testing.
Interrogée ce lundi matin sur la possibilité d'instaurer le "CV anonyme" pour endiguer la discrimination pointée par cette étude, la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a dit qu'elle n'y était "personnellement (...) pas favorable". "Je crois que quand on recrute quelqu'un, on a le droit de savoir qui est cette personne", a-t-elle fait valoir sur Europe 1. Elle a souligné que le phénomène mis au jour par ce testing relevait "d'un schéma global, du plafond de verre".
"C'est contre cela qu'on se bat avec la ministre du Travail Muriel Pénicaud", a-t-elle ajouté. Les auteurs de l'étude de la Fondation des femmes ont répondu à 451 offres d'emplois : 173 pour un poste de chauffeur-livreur, 185 pour un emploi de mécanicien automobile et 93 pour un poste de jardinier - des secteurs où les patrons peinent à recruter.
À chaque offre, ils ont répondu en envoyant les CV de deux demandeurs d'emploi fictifs, Julie et Thomas (en veillant à que le dossier de Julie parvienne en premier au recruteur). Les deux candidats ont le même âge, des diplômes et expériences professionnelles similaires. Pourtant, Thomas a été recontacté en vue d'un entretien par 168 entreprises ou collectivités, et Julie par 131 seulement. Cette différence peut s'expliquer en partie par une forme de "sexisme bienveillant", selon Mme Mailfert : les employeurs écarteraient les candidates pour les "protéger" de tâches pénibles ou du sexisme supposé de leurs futurs collègues masculins.
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Mais ce type de discrimination repose surtout sur des stéréotypes, comme l'idée que les femmes auraient moins de force physique que les hommes, ajoute-t-elle. La prochaine étape "consistera au lancement de poursuites judiciaires", de telles discriminations à l'embauche en fonction du sexe étant passibles de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende, a averti la Fondation, qui a lancé un appel à témoignages.
(Avec AFP)
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