Accès au crédit : femmes et étrangers victimes de discrimination

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Jacques Toubon, le Défenseur des Droits, encourage les banques à renforcer la formation des chargés de clientèle et d'accueil en agences pour éviter ces discriminations dans l'accès au crédit.
Jacques Toubon, le Défenseur des Droits, encourage les banques à renforcer la formation des chargés de clientèle et d'accueil en agences pour éviter ces discriminations dans l'accès au crédit. (Crédits : REUTERS)
Une campagne de tests menée en agences par la ville de Villeurbanne montre que les clients d'origine étrangère sont moins bien reçus et informés, et que les femmes peinent à obtenir un crédit à la création d'entreprise. Le défenseur des Droits, Jacques Toubon, préconise de renforcer la formation et la sensibilisation des personnels dans la banque.

Moins bien accueillis, moins pris au sérieux et moins bien servis : les clients d'origine étrangère et les femmes seraient victimes de discriminations dans les agences bancaires lorsqu'ils demandent un prêt. C'est la conclusion d'une campagne de tests menée par une association pour la ville de Villeurbanne dans une soixantaine d'agences (12 banques commerciales et mutualistes), dont les résultats ont été rendus publics ce jeudi en présence du Défenseur des Droits, Jacques Toubon.

"Ce test démontre l'existence de pratiques discriminatoires à la fois dans l'accès au prêt immobilier en lien avec l'origine des clients-demandeurs mais aussi dans l'accès au crédit à la création d'entreprise en lien avec l'origine ou le sexe des clients", a déclaré Jacques Toubon dans un communiqué.

Moins de simulations, moins d'informations

Les clients-testeurs "supposés comme d'origine subsaharienne" se voyaient demander plus fréquemment une pièce d'identité et refuser un rendez-vous, ils étaient parfois reçus à l'accueil, sans respect de la confidentialité, et obtenaient moins souvent une simulation de crédit immobilier, explique la synthèse de l'étude.

Dans le cas d'un prêt à la création d'entreprise, la discrimination liée à l'origine existe aussi mais une autre est apparue en fonction du sexe, "principalement dans l'accès à l'information sur les éléments financiers concernant l'offre de prêt."  Ainsi, "la créatrice d'entreprise 'femme supposée comme sans origine migratoire' a plus rarement obtenu une simulation de prêt", note l'étude.

Le Défenseur des Droits propose aux établissements bancaires des pistes pour prévenir ces "risques réels de discrimination à l'origine et au sexe" : il préconise notamment de renforcer la formation des chargés de clientèle et d'accueil dans les agences à la lutte contre ces pratiques, de rappeler l'interdiction de ces pratiques dans les codes de déontologie internes et enfin de sensibiliser le grand public à l'existence de cette discrimination dans l'accès au crédit.

La Fédération bancaire française (FBF) a critiqué "l'approximation de la méthode et la grande imprécision des résultats", le testing ayant été mené sur un petit nombre d'agences. Elle souhaite cependant rencontrer le Défenseur des Droits "pour établir un diagnostic précis et travailler ensemble sur les points d'amélioration".

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Commentaires
a écrit le 23/09/2017 à 12:02 :
Il y a encore des banques professionnels.
La condition de prêt c'est un CDI ( et c'est normal)
Je ne pense pas qu'il y a des discriminations mais ça doit dépendre de certaines enseignes de banques sûrement
Celui qui a écrit l'article doit donner la liste des banques qui font les discriminations sinon c'est un article non crédible à mon sens.l'information doit servir à faire bouger les choses.
a écrit le 22/09/2017 à 16:52 :
Mon fils pour acheter avec seulement la moitié à emprunter n'a pu emprunter seul, car il enchaîne les CDD dans l'humanitaire (il a 3 possibilités voire plus à chaque renouvellement et il met quasiment toute sa paie de côté). La banque a refusé de lui prêter et nous avons été obligé de coemprunter alors que sa situation financière et professionnelle est très bonne. Ça pose pas mal de questions pour la partie CDD et contrat de chantier de la loi travail. Il faudra clairement que le gvt obligé les banques à changer de politique.
a écrit le 22/09/2017 à 11:59 :
"les clients d'origine étrangère sont moins bien reçus" : où ceux travaillant depuis peu voulant déjà emprunter et dont le risque, qu'ils partent ailleurs en laissant des dettes, est le plus fort. Ha oui bizarre hein !
Pour les femme je comprends moins. comme ci une femme présentaient un risque plus elevé qu'un homme, surement pas et les banque elles n'ont rien à faire du sexe, seul l'argent compte. Il serait intéressant de voir sur quel genre de projet ont était, je penche sur des projets classées plus risqués en moyenne.
Réponse de le 22/09/2017 à 12:12 :
@icietla: il est vrai que ces informations générales sans nous donner de détails sont plus que suspectes et relève de ce qu'on entend souvent, à savoir "si tu me donnes pas, t'es raciste" :-)
a écrit le 22/09/2017 à 11:48 :
LES ASSOCIATIONS ,,,??????? TROP partisans pour etre credibles

un exemple si l'école va si mal c'est pour une bonne part la faute d'associations et de spy qui n'y connaissent rien mais empêchent à l'enseignant d'étre le maitre dans sa classe
a écrit le 22/09/2017 à 10:46 :
Le problème dans une économie administrée et de pénurie comme la France avec un chômage de masse, une croissance atome...La défense des droits des soi disant discriminés se fait forcément au détriment des autres. D'où la montée des extrémistes de droite et de gauche.
a écrit le 22/09/2017 à 9:40 :
Ben moi mon pote que sa banque a escroqué jusqu'à l'os n'est ni une femme ni un étranger il est sans biens tout simplement.

Si déjà les banques arrêtaient de ne prêter qu'aux riches ce ne serait pas du luxe et cela équilibrerait forcément les chiffres.
a écrit le 22/09/2017 à 8:26 :
J'ai les cheveux blancs ( c est vrai ) et mon banquier m'a refusé un prêt , je vais aller voir qui ? Il faut arrêter avec ces couillonnades qui ne passionnent que les journalistes et et des assos sans intérêt.
Réponse de le 22/09/2017 à 9:42 :
Au moins cela vous permet de mettre rapidement un terme aux harcèlements téléphoniques commerciaux qui après 65 ans vous méprisent totalement, mais ne manquent pas quand même de vous téléphoner plusieurs fois par jour...

Mes parents trouvent cela vachement agréable de répondre plusieurs fois par jour au téléphone pour qu'on leur dise qu'ils sont trop vieux.
Réponse de le 23/09/2017 à 8:46 :
@citoyen blasé: bon, je sais pas en France, mais au Canada, on peut se mettre sur la liste "pas d'appels marketing" gratuitement. Ensuite, si les gens insistent pour appeler, cela s'appelle du harcèlement, et il y a la police pour résoudre facilement ce problème :-)
a écrit le 22/09/2017 à 8:08 :
Formation aussi pour les dirigeants des banques et les donneurs d'ordres ?
a écrit le 22/09/2017 à 8:03 :
Avec la chance de trouver un emploi stable, ce n'est pas étonnant!
a écrit le 21/09/2017 à 18:38 :
Pratiques discriminatoires....je ne suis pas dans les 2 situations décrites et pourtant par le passé ma banque m'avait refusé un prêt car je n'avais pas assez de garanties....l'argent est tout simplement discriminatoire, les pratiques une consequence....
a écrit le 21/09/2017 à 18:38 :
Il faut supprimer le "défenseur des droits", c'est une administration qui se substitue à Pole Emploi pour une certaine catégorie de personnel politique.
Réponse de le 22/09/2017 à 11:08 :
En l’occurrence, ce serait plutôt les caisses de retraite que pole emploi.

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