Loi Plein emploi : l'épineuse question du financement
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Pôle emploi pourrait se transformer en France Travail.
Reuters
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Pôle emploi pourrait se transformer en France Travail.
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La rentrée parlementaire démarre sur les chapeaux de roues. Entre le budget 2024, la loi de programmation pour les finances publiques (LPFP) et le projet de loi France Travail, les députés ont un programme particulièrement copieux. Dans les cartons depuis plusieurs mois, le projet de loi France Travail promet de raviver des débats houleux sur les bancs de l'Assemblée nationale.
Après un printemps marqué par de vives passes d'armes sur la réforme des retraites, les députés de la nouvelle union populaire, écologique et sociale (NUPES) promettent de mener la fronde contre ce texte contesté. En face, les élus de la majorité pourraient trouver des points d'entente avec de nombreux élus de la droite. La macronie entend serrer la vis sur les allocataires du RSA et mener une profonde réorganisation de Pôle emploi dans l'objectif de parvenir au plein emploi. Des propositions qui hérissent les syndicats et les associations d'aide pour les personnes en difficulté.
Le projet de loi propose de mieux coordonner les multiples acteurs du service public de l'emploi, avec en clé de voûte un Pôle Emploi rebaptisé "France Travail" (même si le Sénat veut le maintien du nom actuel de l'opérateur). Et une organisation en réseau devant faciliter le partage d'informations.
A l'heure où certaines entreprises peinent à recruter, la priorité est de mieux cibler les personnes les plus éloignées de l'emploi, en particulier les bénéficiaires du RSA, pour leur proposer un "accompagnement plus personnalisé et plus intensif" vers l'emploi.
Pour que la nouvelle entité puisse mener ses nouvelles missions, l'exécutif veut mettre à contribution l'assurance chômage à hauteur de 12% à 13% de ses recettes d'ici à 2026, contre 11% aujourd'hui, selon la lettre de cadrage envoyée par le gouvernement aux organisations syndicales et patronales le 1er août.
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, souligne-t-il.
Ces allocataires du RSA, comme les jeunes suivis par les missions locales, seraient désormais automatiquement placés sur la liste des demandeurs d'emploi, dont tous les inscrits seraient invités à signer un "contrat d'engagement".
Les nouveaux "devoirs" prévus dans ce contrat hérissent à gauche, tandis que LR souhaite au contraire les durcir. Le Sénat, où la droite est majoritaire, a ainsi inscrit noir sur blanc l'obligation d'accomplir de "15 à 20 heures" hebdomadaires d'activités. Mais le gouvernement insiste pour garder une certaine souplesse pour les personnes "éloignées depuis longtemps" de l'emploi.
En tout cas, "il ne s'agit évidemment pas de travail gratuit, ni de bénévolat obligatoire, mais bien d'activités d'insertion et de formation pour permettre le retour à l'emploi", a martelé Olivier Dussopt en commission.
Les députés de la Nupes (LFI, PS, communistes et écologistes), qui comptent déposer "une motion de rejet" au début des débats lundi, sont aussi vent debout contre la nouvelle sanction de "suspension-remobilisation". Elle permettrait de suspendre le versement d'une allocation à une personne ne respectant pas ses obligations, avec la possibilité de la récupérer ensuite. L'idée étant d'ajouter un palier avant la radiation.
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Une logique "sordide" selon la députée Danielle Simonnet (LFI) ou encore une "infantilisation" d'après le communiste Pierre Dharréville. C'est un "nouveau coup de griffe" contre les plus précaires, abonde le socialiste Arthur Delaporte, plaidant pour un revenu minimum d'existence inconditionnel. Le RN est lui aussi hostile à l'obligation d'activité hebdomadaire. Et juge que la "complexité" de la nouvelle gouvernance prévue pour le réseau des acteurs de l'emploi est "vouée à l'immobilisme".
(Avec AFP)
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