Macron annonce des droits de douane sur l'acier américain en réponse à Trump
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Emmanuel Macron n’aura finalement pas convaincu le milliardaire américain.
Stephanie Lecocq
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Emmanuel Macron n’aura finalement pas convaincu le milliardaire américain.
Stephanie Lecocq
[Article publié le vendredi 28 février 2025 à 14h57, mis à jour à 16h21]
L'Union européenne a prévu l'instauration de « tarifs réciproques » sur l'acier et l'aluminium, affirme le président de la République français. Et elle devra « répondre » sur les autres produits. Si les droits de douane annoncés par Washington sur l'acier et l'aluminium « sont confirmés, les Européens répondront et donc il y aura des tarifs réciproques. Parce qu'il faut qu'on se protège, qu'on se défende », a insisté Emmanuel Macron au cours d'une conférence de presse donnée à Porto au côté du Premier ministre portugais Luis Montenegro. « Nous n'avons pas en quelque sorte à être faible face à ces mesures », a-t-il ajouté.
Une réponse à l'annonce de Donald Trump d'augmenter de 25 % les droits de douane sur l'aluminium et l'acier européen à partir du 12 mars. Ces mesures vont affecter beaucoup le Canada, déjà dans la ligne de mire du président américain et qui est le principal fournisseur d'acier et aluminium importés aux États-Unis, d'après les chiffres officiels. Le Brésil, le Mexique et la Corée du Sud sont aussi d'importants fournisseurs d'acier.
Mais l'Union européenne s'inquiète aussi de cette mesure. Et pour cause, la sidérurgie emploie plus de 300 000 personnes en Europe. Selon le syndicat de la sidérurgie européenne Eurofer, qui réclame des mesures de « protection », l'UE pourrait perdre jusqu'à 3,7 millions de tonnes d'exportations d'acier vers les États-Unis, son deuxième plus grand marché d'exportation. Or le secteur est déjà dans une situation « dramatique » et « proche de la rupture », a estimé le ministère français de l'Industrie et de l'Énergie.
La Commission européenne avait réagi le 25 février à cette annonce en estimant que de telles taxes ne « sont pas justifiées », qu'elles seraient « illégales » et contre-productives sur le plan économique.
Face aux menaces d'augmentation des tarifs douaniers américains, le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic s'est rendu la semaine dernière à Washington afin de tenter d'apaiser les tensions. Il avait appelé à ne pas se cibler l'un l'autre sur l'acier en rappelant que la production européenne de ce métal, « très spécialisée », était « nécessaire aux entreprises américaines ».
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En visite lundi à la Maison-Blanche, Emmanuel Macron a tenté d'adoucir l'humeur de son homologue vis-à-vis du bloc européen. « Notre volonté c'est qu'il y ait une concurrence juste », « équitable », entre « nos industries », « des échanges plus fluides et encore davantage d'investissements » de part et d'autre de l'Atlantique, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse commune à la Maison-Blanche. Finalement, le président Français n'aura finalement pas convaincu le milliardaire américain.
Mais le président américain a aussi annoncé mercredi qu'il comptait appliquer des droits de douane de 25% sur tous les produits de l'UE.
« Et si début avril, comme cela a été annoncé, des tarifs étaient mis sur les produits européens à cette hauteur-là, les Européens auront à répondre », a dit Emmanuel Macron.
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« Bien sûr que l'Europe devra réagir sur l'application de tarifs, du même montant ou semblables », a abondé le Premier ministre portugais Luis Montenegro, ajoutant que cela « n'aurait aucun sens de ne pas faire la même chose, rendre la pareille ».
(Avec AFP)
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