« Non à la taxation de la plus-value de la résidence principale » (Julien Denormandie)

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Augmenter la fiscalité des logements ne va pas dans le sens d'une diminution de leur coût, selon le ministre du logement.
"Augmenter la fiscalité des logements ne va pas dans le sens d'une diminution de leur coût", selon le ministre du logement. (Crédits : iStock)
INTERVIEW. Le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie entend assurer aux acteurs de l'immobilier de la visibilité et une certaine stabilité fiscale.

LA TRIBUNE - Entre l'Impôt sur la fortune immobilière (IFI), qui freine les investisseurs, et la chute de la construction en 2018, les professionnels de l'immobilier s'alarment d'un manque conséquent de logements et d'une chute de l'emploi dans le secteur en 2022. Que faites-vous pour l'éviter ?

JULIEN DENORMANDIE - Permettez-moi d'abord d'insister sur le rôle majeur du secteur de l'immobilier et des professionnels qui le composent dans l'activité du pays tant en matière d'emplois et de création de valeurs qu'en termes d'aménagement. Dans le même temps, j'assume d'être entièrement tourné vers un appui aux propriétaires et aux locataires. Trop souvent, ils ont été opposés les uns aux autres. Trop souvent, un ministre de droite était présenté comme pro-propriétaires. Trop souvent, un ministre de gauche était présenté comme pro-locataires.

Dans la loi Élan, nous soutenons avec beaucoup de détermination les propriétaires ET les locataires. J'ai entendu tout ce qui s'est dit sur la transformation de l'ISF en IFI. Ce n'était pas une réforme contre le logement mais pour mettre plus de capital vers le capitalisme industriel français dans tous les secteurs, y compris la construction. Pour répondre à votre question, je prends deux engagements vis-à-vis des professionnels : d'abord donner beaucoup de visibilité et de stabilité fiscale aux acteurs économiques. Ensuite, mettre en oeuvre le plus rapidement possible l'ensemble des dispositions incluses dans la loi Élan.

Le Grand débat national va peut-être vous contraindre à revenir sur certains dispositifs, d'autant que le président de la République a jugé « très bonne » l'idée de taxer les plus-values des résidences principales...

Je suis opposé à la taxation de la plus-value de la résidence principale car toute mesure qui vise à augmenter la fiscalité des logements ne va pas dans le sens d'une diminution de leur coût. De facto, cela ne ferait que renchérir les prix des logements, et toute la chaîne de production en serait impactée. La vente d'un premier bien de 40 m² permet au contraire d'acquérir des mètres carrés supplémentaires au profit d'un second bien avec une deuxième chambre.

Pourquoi ne baisseriez-vous pas la TVA sur la vente dans le neuf ?

Annoncée en septembre 2017, la loi Élan a été présentée en Conseil des ministres en avril 2018 après une conférence de consensus qui a réuni 2.500 professionnels et 25.000 Français. Je reste à l'écoute des propositions des uns et des autres, mais j'insiste sur la stabilité et la lisibilité des dispositifs qui nécessitent de ne pas tout remettre à plat tous les matins au risque de pénaliser l'ensemble du secteur.

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a écrit le 12/03/2019 à 18:46 :
Taxer tous les revenus quelqu'ils soient, de la même façon, a du sens.. Cependant taxer les plus values sur la résidence principale va nuire à la mobilité, nécessaire dans un contexte où les gens doivent faire plus que traverser la rue pour trouver du travail.. beaucoup de gens vendent pour racheter..
a écrit le 12/03/2019 à 15:04 :
Moi je suis pour une taxation à l'achat quand le prix du m2 payé par l'acquéreur, dépasse le prix moyen du m2 localement, et que la surface dépasse la moyenne des surfaces achetées localement en fonction de la composition familiale dans le cadre d'une propriété principale.
Ensuite, je suis pour des crédits immobiliers en fonction des revenus, plus vous gagnez, moins vous pouvez emprunter et plus la durée du prêt est écourté.
Sinon la durée maximum du crédit ne doit pas dépasser 20 ans, et avec taux fixes ou capés, jamais à taux variables, avec paiement des terrains nus en cash et imposition annuelle sur ces derniers!
Fin des crédits à taux zéro, de la spéculation,les entreprises doivent payer les mêmes impôts que les particuliers, pas de TVA récupérable, et on ne manquera pas de liquidités et l'on rendra 25% de pouvoir d'achat au français!
Réponse de le 12/03/2019 à 18:54 :
Avec votre proposition, bienvenue dans un système communiste qui a si bien réussi dans l'ex URSS. Ras le bol des réglementations , qui conduiront tout le monde dans des clapiers. Limiter le montant et la durée des crédits en fonction des revenus st une atteinte à la liberté. Chacun doit décider de ses besoins. Même chose pour la surface souhaitée.
Réponse de le 12/03/2019 à 19:12 :
Bruno Lalouette c est urss
Réponse de le 15/03/2019 à 15:53 :
Faire que l'immobilier ne soit pas spéculatif c'est permettre au plus grand nombre de devenir propriétaires, c'est générer une demande solvable sur un marché, donc une offre, soit l'inverse d'une politique centralisatrice, collectiviste et planifiée!
Vous ne comprenez pas que vous paupérisez le plus grand nombre depuis que la monnaie unique, et elle est de nature soviétique, à fait exploser la spéculation immobilière!
Je suppose que comme grands démocrates, vous êtes pour la spéculation immobilière grâce au TGV payé par l'impôt de tous?
a écrit le 12/03/2019 à 14:19 :
Non à tout imposition des plus-values éventuelles (dans la réalité, il n'y en a souvent pas) sur la résidence principale. Celui qui veut réinvestir dans sa ville (plus grand, autre quartier, ...) ne doit pas être pénalisé par des impôts /taxes, qui réduisent son pouvoir d'achat local. Ras le bol de ce communisme rampant.
a écrit le 12/03/2019 à 13:55 :
Le gouvernement prépare encore un sale coup dont les classes moyennes seront les victimes. Il va faire payer des plus-values sur la résidence principale sans distinction de prix lors de la revente. En désignant à la vindicte des plus démunis ceux qui ont réussi à acquérir un bien (souvent avec un crédit long et coûteux) il va épargner les plus riches pour lesquels il roule...
a écrit le 12/03/2019 à 9:51 :
Mon grand-père a investit 100 000 euros à Limoges il y a 40 ans et le votre 100 000 euros à Paris...
Le second a gagné 500-600 000 euros avec les plus-values, le premier 100 000.
Aucune différence de travail, de talent etc juste une question de lieu de vie.
Que l’on taxe ces 400 000 euros de différence est juste normal, non ?
Moi sur ma peine ou je vais dégager 30 000 euros cette année on va en prendre 30% mais là j’ai certainement dû le voler cet argent...
Le rapport des français a l’immojilier Est à la source de beaucoup de nos maux...
Réponse de le 12/03/2019 à 16:59 :
C'est une mauvaise habitude de vouloir toujours plus prélevé, et toujours dans la poche de son voisin... Quand à votre grand père, il aurait dû avoir plus d intuition : les prix explosent parce que les acheteurs sont présents à paris et pas à limoge. L'état avec des droits de mutation de 7% et sa taxe sur la plus-value (36% max) reçoit suffisament pour n avoir rien investit au depart. Non ?
a écrit le 12/03/2019 à 9:14 :
Une simple masure a Ars en Re dans les annees 70 valait une poignee de clous, avant le pont.
Depuis que ce dernier a ete construit, la poignee de clous vaut de l'or.
Les impots qui vont avec du plomb pour le petit proprietaire depuis des generations.
a écrit le 12/03/2019 à 9:04 :
Je milite plutôt pour une hausse de la taxe foncière compensée pour les bailleurs par une exonération de l'IR des loyers. Les propriétaires de leur résidence principale bénéficient de l'effet d'aubaine de la suppression de la taxe d'habitation. Il est en effet nécessaire de donner leur autonomie fiscale aux communes et peut-être de leur confier l'aide au logement (qui ne peut être universelle).
a écrit le 12/03/2019 à 8:49 :
C'est un menteur cette taxe va arriver c'est obligé étant donné que ce gouvernement comme les autres sont incapables de faire une politique qui réduit les dépenses donc les déficits. Il va falloir trouver de l'argent et cette taxe tombe à pic je vous rassure avec d'autres. Je fais confiance à nos énarques hauts fonctionnaires pour en créer de nouvelles.
Macron c'est du Hollande en plus dur.
a écrit le 12/03/2019 à 7:07 :
Donc favorable à la taxation des résidences secondaires
Réponse de le 12/03/2019 à 9:00 :
c'est clair, mais pas d'abandon de la résidence principale pour le calcul de l'ifi

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