Philippe, Darmanin, Macron : un candidat peut en cacher un autre !

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters

Marc Endeweld
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
En cette fin juillet, la bulle médiatique et politique frôle encore la surchauffe. Après des semaines d'attente, c'est peu dire que le dernier remaniement a laissé beaucoup de commentateurs sur leur faim. Exemple, cette semaine, avec la journaliste politique Laureline Dupont qui laisse échapper sa lassitude au fil de sa chronique dans L'Express : « Nous voici dans une situation ubuesque où les médias attendent, feuilletonnent et commentent des remaniements que le président a scrupuleusement vidés de leur substance et de leur intérêt ».
Cette situation du « spin doctor » à outrance qui finit par tourner en rond est-elle propre au règne d'Emmanuel Macron ? À la fin du quinquennat Hollande, les commentateurs politiques avaient tendance à relayer en boucle les états d'âmes soit de Matignon (Valls), soit de l'Élysée (Hollande), sans s'apercevoir de la montée en puissance d'un certain Emmanuel Macron.
Mais c'est dans Le Point que Nicolas Baverez à les mots les plus durs contre le président, pointant son « enfermement » et « son déni », « faute de disposer de la moindre solution à la crise existentielle de la France ». Et la sentence tombe, pour l'essayiste libéral, ce quinquennat est « mort né ». Des mots durs mais qui peinent à éclaircir l'état des rapports de force politique au cœur de l'État. Comme si la panique aidant, la cécité s'emparait des observateurs.
À l'aune de la crise de la police, certains pointent la tentative de « coup d'État » de Gérald Darmanin, le ministère de l'Intérieur, suspecté de se venger de ne pas avoir été nommé Premier ministre. Pour ceux-là, la chose est entendue : le Roi est nu, et Emmanuel Macron voit peu à peu son pouvoir dissout dans l'impuissance et l'inaction.
À lire également
Attention cependant de prendre ses désirs pour des réalités. Car l'on a assisté ces derniers jours à de nombreux jeux de rôle entre différents pôles de la macronie. Et à ce jeu-là, celui du petit théâtre de la « comédie humaine » de la politique (expression fétiche du président), Emmanuel Macron continue d'exceller et, finalement, de n'en faire qu'à sa tête, face à des recours qui apparaissent de plus en plus paralysés. Certes, le président est loin de tirer toutes les ficelles, mais il aime surfer la vague de « bordélisation du pays », comme le déplore un ancien macroniste, cette stratégie du pire, cette stratégie de la tension, afin de récupérer, à la fin, sa mise de départ.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Marc Endeweld