[Carte] La pollution aux particules fines dans l'agglomération parisienne connaît son pic hivernal le plus intense et le plus long depuis une décennie. Au delà de ces pics de pollution, l'étude des concentrations moyennes annuelles dans les villes françaises rappelle que de nombreux habitants sont concernés par ce problème.
L'établissement public prévient que "des dépassements du seuil d'information et recommandation sont à prévoir sur ces régions, voire localement aussi des dépassements du seuil d'alerte." Le seuil d'alerte pour les PM 10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns) est prévu à partir de 80 microgrammes par mètre cube. Les PM 2,5 (particules de diamètre inférieur à 2,5 microns) sont plus difficiles à mesurer en raison de leur taille et la mise en place des seuils d'alerte pour ces particules se révèle plus délicat. La circulation alternée décidée depuis le début de la semaine en région parisienne s'étend à l'agglomération lyonnaise et Villeurbanne depuis ce vendredi.
Marseille et Nice plus polluées que Paris
A la fin du mois de septembre dernier, l'Organisation mondiale de la santé a publié une étude révélant que 92% de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l'air ne respectent pas les limites fixées par l'OMS (*). Les auteurs de l'étude ont passé en revue la concentration moyenne annuelle de PM 10 et et de PM 2,5 dans plus de 300 communes françaises qui possèdent des instruments de mesure. Il apparaît que le record est enregistré à Pantin où la concentration moyenne annuelle de PM 10 s'élevait à 36 µg/m3 suivie de Cayenne (33µg/m3) et Fort-de-France (33µg/m3). A l'inverse, les communes de Roisey (Rhône-Alpes), Le Tampon (La Réunion) et Saint-Brisson (Bourgogne-Franche-Comté) font figure de modèles avec des concentrations inférieures à 10 microgrammes par mètre cube.
Concernant les 20 plus grandes agglomérations françaises en termes d'habitants, Marseille et Nice arrivent en tête (29µg/m3) suivie de Paris (28/µg/m3). Avec un taux de 17 microgrammes par mètre cube, Lens et Clermont-Ferrand s'en sortent bien mieux.
Carte interactive : plus le rouge est foncé et plus la concentration en particules fines est importante. La concentration des PM 2,5 figure dans les infobulles mais n'a pas été prise en compte pour visualiser la pollution en raison des difficultés à mesurer ce taux de particules.
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Une surmortalité observée
En 2015, l'Institut national de veille sanitaire a publié une étude sur les risques sanitaires liés à la concentration de particules fines dans 17 grandes agglomérations françaises qui montre une surmortalité dans les zones exposées :
Cette étude confirme les effets à court terme des PM10 sur la mortalité, même à des concentrations conformes à la réglementation de l'Union européenne(40 µg.m-3 en moyenne annuelle) et proches des valeurs guides de l'OMS (20 µg.m-3), et souligne la nécessité d'agir pour diminuer les niveaux de particules en France
D'autres travaux de recherches menés en France ont également montré une recrudescence des hospitalisations pour des problèmes respiratoires ou cardiaques dans les villes fortement exposées aux particules fines. Ce jeudi, la maire de Paris Anne Hidalgo a souligné une hausse des consultations pour des problèmes respiratoires concernant les enfants :