Près d'un entrepreneur sur deux envisage de vendre ou de transmettre son entreprise

C'est le principal enseignement d'une enquête publiée à l'occasion de la journée « Transfair de la transmission d'entreprise ». La pérennité de leur entreprise, la fiscalité et le financement de la transmission sont les principaux motifs d'inquiétude des chefs d'entreprises interrogés.
Fabien Piliu

2 mn

En 2013, dernières statistiques connues, 16.348 cessions-transmissions ont ainsi été enregistrées, contre 15.124 l'année précédente, un chiffre en hausse.
En 2013, dernières statistiques connues, 16.348 cessions-transmissions ont ainsi été enregistrées, contre 15.124 l'année précédente, un chiffre en hausse. (Crédits : Décideurs en région)

Selon une enquête réalisée par Elabe et publiée à l'occasion de la journée " Transfair de la transmission d'entreprise " qui se tiendra le 23 novembre à Paris, 40% des chefs d'entreprise interrogés déclarent envisager de transmettre ou de céder leur entreprise. Pour quel motif ? Pour 66% d'entre eux, cette cession-transmission est motivée par un prochain départ à la retraite.

Pêche à la ligne ou une nouvelle aventure entrepreneuriale ?

Est-ce le signe que les baby-boomers entrepreneurs ont décidé désormais de passer le relais aux prochaines générations ? C'est en partie vrai. Mais pas seulement. En effet, 28 % souhaitent créer une nouvelle activité. Et Ils sont près d'un sur dix à vouloir se tourner vers le salariat.

Si plus d'un dirigeant sur deux estiment être bien, " voire très bien renseignés " sur les procédures à suivre, les sujets d'inquiétudes ne manquent pas. En effet, pour 85 % des chefs d'entreprise interrogés, l'avenir de l'entreprise et la pérennité de l'activité sont la priorité, loin devant toute attente de profit. Les autres obstacles soulevés par les dirigeants sont les suivants : l'incertitude du contexte économique, pour 48 % d'entre eux et le poids de la fiscalité (41 %, voire 46 % pour les dirigeants de grosses PME. " Ceci alors qu'en réalité, la France semble figurer parmi les paradis fiscaux en matière de transmission ! ", commentent les auteurs de l'enquête.

L'absence de repreneurs n'inquiète pas vraiment

Quant à la complexité administrative, elle représente un frein à la cession-transmission pour 36 % d'entre eux et même 45 % des dirigeants de PME importantes.
L'absence de repreneur est-il un sujet majeur ? Pas vraiment. Seuls 23 % des chefs d'entreprises estiment que c'est un frein principal à la transmission de leur entreprise. Ce pourcentage grimpe toutefois à 32 % pour les chefs des entreprises de 50 à 99 salariés.

Autre enseignement de cette photographie instantanée de la transmission d'entreprise, les chefs d'entreprises interrogés ne comptent pas céder leur société à un membre de leur famille. Dans ce domaine, la France se distingue de ses voisins. Selon l'Observatoire sur la cession-transmission de BPCE, le taux de transmission intrafamilial des entreprises patrimoniales est particulièrement faible en France. Il ne passe pas la barre des 20% alors qu'il dépasse les 50 % en Allemagne et les 70 % en Italie avec les conséquences sociales et économiques - perte de savoir-faire et de valeur ajoutée - que l'on peut imaginer.

En 2013, 16.348 cessions-transmissions ont ainsi été enregistrées

Selon l'Observatoire sur la cession-transmission de BPCE publié en juillet, le nombre d'entreprises transmises et cédées progresse. Point positif, très peu de PME en bonne santé  disparaissent faute de repreneur. En 2013, dernières statistiques connues, 16.348 cessions-transmissions ont ainsi été enregistrées, contre 15.124 l'année précédente.

Fabien Piliu

2 mn

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Commentaires 2
à écrit le 20/11/2015 à 11:30
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vous parlez des survivants, mais il faut signaler que grâce au plus grand désastre économique que la france n'ait jamais connu (dépenses publiques, dette, gaspillages publics, impôts et charges, chômage, déficits) c'est plus de 60 000 pme qui mettent...

à écrit le 19/11/2015 à 18:18
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Oser parler de paradis fiscal pour les entreprises c'est énoncer une contre-vérité, proche de la provocation. L'IS n'est peut être pas particulièrement élevé, mais encore faut-il faire des bénéfices. Par contre les charges sociales, massives, sont le...

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