Présidentielle 2022 : les industries françaises de santé à la recherche de leur leadership perdu
Florence Pinaud
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
La crise sanitaire l'a montré : la France est en retard sur l'innovation pharma. La preuve ? Notre grand labo tricolore - Sanofi - n'a toujours pas livré son vaccin et les premiers traitements anti-covid sont loin d'être français. Les raisons de ce...
VIOLETA SANTOS MOURA
Relocaliser la production des traitements, mieux financer la recherche publique, améliorer l'attractivité de la France pour les pharmas... La plupart des candidats ont retenu la leçon de la crise sanitaire et soigné leurs programmes à coup de médicaments. Quels enjeux et quelles mesures pour retrouver notre autonomie sanitaire ? Décryptage.
Avec la crise sanitaire, la Santé s'est invitée dans les débats. Vaccins et médicaments sont devenus des sujets politiques. La gestion de la pandémie a révélé nos défaillances dans l'innovation et la production pharmaceutique, les candidats multiplient les propositions en Santé : relocalisation générale du médicament, baisse des impôts de production, fin des brevets ou prime aux médicaments français dans les commandes publiques, les idées ne manquent pas.
Les programmes concernent surtout ce qui parle directement aux électeurs. Ils abordent moins les soucis qui ont fait décrocher notre "pharma", comme la mauvaise rémunération des chercheurs, les délais à rallonge pour les brevets, ou le prix du médicament... Quels sont les enjeux « médicament » pour la recherche médicale, la production et l'accès aux innovations, du prochain quinquennat ? Et quelles sont les réponses des candidats ?
Relancer la recherche
La crise sanitaire l'a montré : la France est en retard sur l'innovation pharma. La preuve ? Notre grand labo tricolore - Sanofi - n'a toujours pas livré son vaccin et les premiers traitements anti-covid sont loin d'être français. Bref, si la formation académique de nos chercheurs est excellente, ils sont peu à transformer l'essai en créant de nouveaux traitements innovants en France.
Sur cette faiblesse, les raisons sont bien identifiées. Déjà, la formation académique aborde peu la création d'entreprise, la culture française continue d'opposer recherche publique et secteur privé. Et cette méfiance de la science en mode business perdure au-delà de la formation : faible salaire des chercheurs, absence de guichet unique pour créer sa biotech, difficulté à monter des essais cliniques, délais à rallonge pour obtenir des licences et manque de soutien sur les partenariats publics/privés.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Sans compter la faiblesse du financement de la recherche française, toujours en dessous des objectifs de la stratégie de Lisbonne de 2000 : 2,2 % du PIB alors que la stratégie la fixait à 3%. Résultat : les biotechs françaises ont du mal à s'imposer sur le marché international et peu d'innovations santé sont mises au point et fabriquées chez nous.