Prix de l'alimentaire : le gouvernement veut passer du « panier au caddie inflation »

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
ERIC GAILLARD

Fanny Guinochet
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
ERIC GAILLARD
Pas question de les réunir ensemble, tant l'atmosphère entre les industriels de l'alimentaire et les super(et hypermarchés) est électrique. Aussi, le gouvernement prend-t-il soin de les recevoir les uns après les autres : ce mercredi matin pour les représentants de la grande distribution, le jeudi pour les industriels.
Pourtant, depuis des mois, l'exécutif veut que ces professionnels reprennent langue, se remettent autour de la table et rouvrent des négociations commerciales. Alors que le cours de plusieurs matières premières - blé, céréales etc -, est en baisse, il souhaite que ces réductions se répercutent sur les étiquettes, dans les rayons.
Mais chaque camp se renvoie la balle. Et en attendant, les consommateurs paient le prix fort. Ce qui n'est pas sans conséquence sur l'activité du secteur.
Et pour cause : « Les consommateurs se privent de produits essentiels », c'est en ces termes alarmistes, qu'Alexandre Bompard s'exprimait ce mardi matin, sur FranceInfo. Le PDG de Carrefour fait état d'un véritable « tsunami de déconsommation », enregistrant des baisses des ventes à deux chiffres sur de nombreux produits - dentifrice, serviettes hygiéniques, couches... mais aussi poissons, viande, fruits frais etc-. Et d'ajouter, « les Français sautent des repas, pour faire des économies....»
Même son de cloche du côté de Dominique Schelcher, le patron de Système U. Dans un post sur LinkedIn, il confirme les données d'une enquête LSA : « 75 % des Français déclarent avoir des fins de mois difficiles... ce chiffre est une alerte majeure, le bouleversement est profond. »
À lire également
Face à cette chute inédite de la consommation, les représentants des grandes surfaces estiment toutefois avoir déjà largement rogné sur leurs marges. La plupart ont mis en place des opérations promotionnelles, et notamment des dispositifs de « panier inflation » - chacun dans son établissement limite le prix de 100 à 150 produits essentiels -. Prévus pour quelques semaines, ces « paniers inflation » vont se poursuivre jusqu'à la fin de l'année. Soit des pertes estimées à plus de millions d'euros par les grandes surfaces, qui se tournent du côté des industriels.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Fanny Guinochet