Retraites : les Républicains hésitent face à la colère de la France des sous-préfectures

Marc Endeweld
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Reuters

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Ce jeudi soir, certains attendaient au moins un signe de l'exécutif sur le dossier des retraites. Interviewée à la télévision, Elisabeth Borne est pourtant restée droite dans ses bottes. A-t-elle tout au plus promis que certains critères de pénibilités allaient être pris en compte (après avoir été supprimés lors du précédent quinquennat...). Face à cette position inflexible, même Laurent Berger de la CFDT, pourtant toujours très conciliant d'habitude, est apparu irrité : « On a l'impression qu'il n'y a pas de mouvement social dans ce pays ! » s'est-il exclamé suite à l'interview de Borne. Et le leader syndical d'en appeler à « amplifier » la mobilisation dans les prochains jours. Et de rappeler : « C'est dans les villes moyennes que ça se mobilise. Pourquoi ? Parce que c'est les travailleurs réels ». Comprendre : ceux qui souffrent le plus dans leur corps de leur travail.
De fait, la très large mobilisation du 31 janvier (1,27 million de manifestants selon le ministère de l'Intérieur, 2,8 millions selon la CGT) a confirmé celle du 19. Et ces deux journées de manifestation ont effectivement montré que la France des petites et moyennes villes, où l'on trouve une proportion d'ouvriers et d'employés plus importante, se mobilisait massivement.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 7.000 manifestants à Alès, 8.500 à Angoulême, 7500 à Chartres... Au-delà de la question des retraites, cette « France des sous-préfectures » souffre particulièrement de l'inflation, de la hausse des prix du carburant, de l'énergie...
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C'est la France des petits boulangers qui sont obligés de mettre la clé sous la porte, la France des Gilets Jaunes. À la lumière de ces éléments, le gouvernement semble danser sur un volcan. Dans les manifestations, parmi les plus importantes de ces trente dernières années, on trouve ainsi de simples citoyens, des gens non étiquetés, et même de droite ou d'extrême droite. Pas uniquement les sympathisants de gauche, des syndicalistes, ou les traditionnels indignés. La presse régionale l'a d'ailleurs bien remarqué et s'en est largement fait écho : ce sont ses lecteurs qui sont dans la rue.
Marc Endeweld
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