Retraites : tous les syndicats dans la rue avant des réunions cruciales à Matignon

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Paris, le 17 décembre 2019. Des cheminots en grève manifestent durant le 13e jour de mobilisation contre le projet de réforme des retraites.
Paris, le 17 décembre 2019. Des cheminots en grève manifestent durant le 13e jour de mobilisation contre le projet de réforme des retraites. (Crédits : Reuters)
La mobilisation contre la réforme des retraites pourrait atteindre un sommet, ce mardi, à l'appel de tous les syndicats. Ces derniers seront reçus mercredi à Matignon pour des discussions afin de trouver le chemin d'une sortie de crise avant Noël.

Les salariés du public et du privé sont attendus, ce mardi, en nombre dans les cortèges pour une nouvelle journée interprofessionnelle de protestation contre l'instauration d'un système universel de retraites par points.

La démonstration de force du 5 décembre (806.000 manifestants selon le ministère de l'Intérieur), au premier jour du conflit, servira de référence, davantage que la mobilisation en net repli d'il y a une semaine (339.000 pour la place Beauvau). Une donnée pourrait affoler les compteurs : la présence de tous les syndicats dans les manifestations à Paris - entre République et Nation - comme en régions.

Laurent Berger favorable à une hausse des cotisations

Si les cortèges sont les mêmes et verront défiler cheminots, enseignants, fonctionnaires, avocats, magistrats en grève, mais aussi des internes, médecins et soignants mobilisés dans toute la France pour réclamer davantage de moyens pour l'hôpital, les mots d'ordres diffèrent d'une organisation à une autre. La CGT, Force ouvrière, la CFE-CGC, Solidaires et la FSU marcheront pour réclamer le retrait pur et simple du projet, en essayant de profiter des difficultés de l'exécutif après la démission lundi du haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, au terme d'une semaine de révélations sur ses activités et mandats non déclarés.

"J'espère qu'on sera enfin entendus, que le gouvernement va finir par comprendre qu'il faut appuyer sur le bouton 'stop'", a souligné lundi Yves Veyrier, le numéro un de FO, organisation qui participera mardi soir à une intersyndicale pour décider de la suite du mouvement. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déjà répondu: la réforme, "nous ne la retirerons pas".

Dans les mêmes cortèges mais derrière leurs propres banderoles, les organisations du camp réformiste, la CFDT, la CFTC et l'Unsa, défileront pour améliorer le contenu du projet de fusion des 42 régimes existants en un système universel. Et surtout pour refuser l'introduction dès 2022 d'un "âge d'équilibre" qui doit atteindre 64 ans en 2027 afin de favoriser l'équilibre des comptes grâce à un dispositif de bonus-malus.

Des réunions mercredi à Matignon

Plutôt que cette mesure "totalement injuste", on pourrait envisager d'équilibrer les comptes de la retraite en augmentant les cotisations, a suggéré le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. "Nous ne sommes pas favorables à ça", lui a répondu le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin. "Une augmentation de cotisations, c'est moins de pouvoir d'achat pour les salariés et plus de charges pour les patrons, ça tuerait l'économie", a-t-il argumenté.

Même privé de son "Monsieur retraites" - son remplacement doit intervenir "dans les meilleurs délais", selon l'Elysée -, l'exécutif semble vouloir aller de l'avant pour éviter que la contestation ne s'installe durablement dans les rangs réformistes. Dans la foulée de la journée de mobilisation, Edouard Philippe compte recevoir les organisations syndicales et patronales représentatives pour des réunions bilatérales mercredi à partir de 14h30, suivies d'une "multilatérale" à 16 heures.

La galère continue dans les transports

Le trafic SNCF et RATP est encore très perturbé/ Bouchons sur les routes, barrages filtrants, raffineries perturbées : au 13e jour de la grève illimitée contre la réforme des retraites, il est toujours aussi difficile de se déplacer. Côté SNCF, trois TER sur dix et un TGV sur quatre circulent. A Paris, huit lignes de métro sont fermées et seulement 30% des liaisons en bus sont assurées. Pour leur part, les compagnies aériennes ont réduit de 20% leur programme de vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport d'Orly, à la demande de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Selon un sondage Harris Interactive pour RTL et AEF Info, 62% des Français soutiennent le mouvement de grève, même si 69% souhaiteraient une "trêve de Noël". "Cette trêve est indispensable, les Français ont besoin de se reposer. Je suis inquiète de l'état d'exaspération et de fatigue notamment en région parisienne", a relevé sur France Inter Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, seule en charge du dossier jusqu'à la nomination d'un successeur à Jean-Paul Delevoye.

"Personne n'a envie que Noël soit perturbé: ni les grévistes ni les salariés ni les Français qui ont envie d'avoir un moment en famille. Mais le gouvernement  est grandement responsable", a répondu sur France 2 le numéro un de l'Unsa, Laurent Escure.

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a écrit le 18/12/2019 à 10:26 :
En parlant de syndicat :

Coup de tonnerre chez Samsung. Lee Sang-hoon et le vice-président exécutif Kang Kyung-hoon ont écopé de 18 mois de prison mardi soir pour avoir violé plusieurs lois du travail dans le but d'étouffer les vélléités syndicales, notamment au sein de la division chargée des relations avec la clientèle. Le géant sud-coréen a présenté mercredi ses excuses, un geste de contrition exceptionnel.Pendant des décennies, le groupe a résisté comme il le pouvait à la création de syndicats. "Moi vivant, jamais ils ne seront autorisés", tonnait Lee Byung-chul, fondateur de Samsung décédé en 1987. Mais le mois dernier, au terme d'une très longue bataille des employés, les autorités locales de Suwon, la ville où Samsung est basé, ont acté la création de la première organisation syndicale viable de l'histoire du groupe, car affiliée à la puissante Fédération des syndicats de Corée (FKTU)Mardi soir, MM. Lee et Kang ont été reconnus coupables de multiples violations du droit du travail, comme le fait d'avoir ordonné à des subordonnés de baisser la rémunération des personnes voulant se syndiquer, ou d'enquêter sur leur vie privée afin d'en utiliser contre elles certains aspects, comme les grossesses ou le niveau d'endettement. .
a écrit le 17/12/2019 à 19:25 :
Prière de garder secrète cette information. La CGT a prévu de kidnapper le Père Noël lors de son passage. C'est le seul en effet capable de satisfaire tout le monde. Distribution de cadeaux tous les jours car le calendrier révolutionnaire ne comportera qu'une seule date. Tous les jours ce sera le 25 Décembre.Plus besoin de travailler ou de faire grève et même de retraite. Ce sera le pays des merveilles. Le monde entier va nous envier.
a écrit le 17/12/2019 à 18:17 :
Les réformes déjà trop tardives doivent se faire, replâtrer et attendre encore n'a pas de sens. La peur d'un système de retraite à points exprime le manque de confiance des citoyens envers les politiques, rien de nouveau, , M.Delevoye y a mis sa participation, il est d'un monde d'hier nonobstant ses compétences, ils sont à surveiller comme des enfants.
Mais il ne faut pas se laisser berner par des discours syndicaux qui ne visent qu'à affirmer leur suprématie avec encore des discours début XX ème siècle et défendent leur pré carré, notamment une conception du ferroviaire qui ne donne plus satisfaction et est un gouffre financier sans fond, mais qui peut bloquer un pays entier, et encore plus assommer les contribuables que nous sommes tous à degrés divers.
Réponse de le 17/12/2019 à 20:11 :
Mais il ne faut pas se laisser berner par des discours syndicaux qui ne visent qu'à affirmer leur suprématie avec encore des discours début XX ème siècle

Si tu parles du Medef dans ce cas c'est plutôt 19 ème.
a écrit le 17/12/2019 à 18:06 :
nos politiciens font de la pédagogie et soignent leur apanage avant tout . les loups ne se mangent pas entre eux ! mais une forteresse s écroule toujours de l intérieur
a écrit le 17/12/2019 à 18:06 :
nos politiciens font de la pédagogie et soignent leur apanage avant tout . les loups ne se mangent pas entre eux ! mais une forteresse s écroule toujours de l intérieur
a écrit le 17/12/2019 à 17:47 :
En effet, à aucun moment n'est proposée une contre proposition ! Les syndicats œuvrent pour leur propre business, et personne ne propose quoique ce soit, sauf de conserver les privilèges acquis.
a écrit le 17/12/2019 à 17:34 :
Tous savent au plus profond d'eux même que le système actuel n'est pas pérenne, qu'il est en déficit, et que, bien sûr, nous avons mangé notre pain blanc. Dès lors, tout mouvement, toute réforme apparait comme une atteinte à des "acquis", que les suivants, nos enfants, paieront: après moi le déluge et ne me proposez Rien, j'ai mis mes oeillères et mes boules Quies... La réalité, c'est que les syndicats ont des attitudes puériles, revanchardes, mais qu'il ne rendent pas service à notre Pays.Les "négociations" ne seront qu'une façade pour sauver la face, car il n'y a à mon avis rien à sauver quand on défend l'indéfendable, la vilénie qui est de sacrifier les générations futures, et le mensonge sur les questions de pénibilité.
a écrit le 17/12/2019 à 16:54 :
Les fonctionnaires d'abord... et le privé ensuite ! D'après vous, pourquoi les syndicats bougent à la SNCF et la RATP... et vous n'entendez personne pour le privé tels que les petits commerçants et les agriculteurs par exemple qui travaillent deux fois plus pour des retraites misérables....
Toutes les excuses sont bonnes en sachant que tous les syndicats sont subventionnés par l'état ! Et cela représente une somme colossale. .
Réponse de le 17/12/2019 à 18:13 :
Certains ouvrent des “caisses de grèves” pour soutenir les grévistes, eux apportent des vivres. Dans l’Indre-et-Loire, des agriculteurs et artisans ont décidé d’apporter leur pierre à la mobilisation contre la réforme des retraites. Et ce, même si le projet du gouvernement leur est plutôt favorable.
Comme le montre ce reportage de France 3 Régions vendredi 13 décembre, l’initiative est née spontanément entre quelques producteurs quelques jours après le début de la mobilisation. ”Ça n’a pas vraiment de sens de faire grève dans le monde paysan. Par contre, on peut et on souhaite soutenir le mouvement et on s’est dit qu’on pouvait le soutenir en alimentant la lutte à partir de nos produits paysans”, explique Matthieu, boulanger, à France3.
Régulièrement, ces denrées sont donc collectées et remises aux grévistes locaux.Ce geste de solidarité a ensuite reçu le soutien du syndicat Confédération paysanne départementale: “La Confédération paysanne de Touraine soutient l’organisation d’une collecte de denrées alimentaires issues des fermes d’adhérents afin de les acheminer directement vers les piquets de grève pour soutenir le mouvement social”, peut-on désormais lire sur un communiqué du syndicat.
a écrit le 17/12/2019 à 16:28 :
La CGT s'est permis de couper volontairement avec l'intention de nuire le courant dans plusieurs entreprises et chez des particuliers. qu'attends t-on pour licencier et traduire devant les tribunaux ces asociaux
a écrit le 17/12/2019 à 16:12 :
HISTOIRE D'ALIMENTER LE DEBAT
Un journaliste professionnel vous expliquera prochainement comment après avoir cotisé durant de nombreuses années en qualité de salarié au sein d'entreprises de presse, il s'est vu refuser en 1993 par la CNAV et l'ensemble des Caisses de retraite en charge de ce statut le droit de cotiser après avoir décidé d'exercer son métier en profession libérale.
Motif :
" Le statut de journaliste professionnel ne peut être reconnu que s'il existe un lien de subordination entre l'employé et l'employeur".
a écrit le 17/12/2019 à 15:44 :
Quelle satisfaction d'avoir convaincu nos petits-enfants d'exercer leur profession à l'étranger, grâce à leurs titre d'ingénieur! S'expatrier dans de bonnes conditions avant que les masses en demande d'asile se précipitent aux frontières! Fuir un pays foutraque.
a écrit le 17/12/2019 à 15:31 :
Qui sera en capacité de faire le diagnostic d'un société malade de ses propres représentations chimériques: misérabilisme ambiant, pessimisme chronique , défaitisme face à l'avenir ( on pense à la défaite de 40); absence totale de vitalité et d'imagination face à l'avenir. Alors que nous sommes un des peuples d'Europe les mieux nantis!
Énigme socio-politique!!!
a écrit le 17/12/2019 à 14:33 :
Je me demande si cette équipée gouvernementale va tenir deux ans avant d'être virée. Les mécontentements ce cristalisent dans le peuple souverain , cela appel à un changement profond de société vers une démocratie véritable du peuple d'en bas , les aspirations sont fortes . La seule chose dont le gouvernement ce gargarise c'est une victoire présidentiel avec un tiers des votants pour lui et d'une ISF réussie point barre.
Réponse de le 17/12/2019 à 16:48 :
Le peuple d'en bas comme vous dites comprend-il les problèmes économiques ? Facile de demander plus de salaires - moins d'impôts - une retraite confortable et des services publics en plus grand nombre si on ne propose pas en même temps le mode de financement.
a écrit le 17/12/2019 à 13:57 :
Quels sont les objectifs annuels des fonctionnaires du public et territoriales que cela soit la RATP, SNCF, Policiers, Enseignants, CHU, etc : se plaindre en longueur d'année, en faire le moins possible, prévoir l'absentéisme annuel pour maladie imaginaire, prévoir les grèves locale départementale régionale nationale, programmer les nombreux congés, etc... ILS NE SONT JAMAIS CONTENT ALIGNEMENT SUR LE PRIVE Y COMPRIS SALAIRE ET ILS FERMERONT UNE FOIS POUR TOUTES LEURS G _ _LES CAR ILS AURONT PLUS A PERDRE AVEC UN ALIGNEMENT SUR LE SECTEUR MARCHAND !!!
a écrit le 17/12/2019 à 13:51 :
Ceux qui ne risquent pas d'être dans la rue sont les hauts fonctionnaires et les catégories A les plus primées de la fonction publique (donc hors enseignants) qui avec le plafond de 120 000 € annuel vont voir leurs primes intégrées. Un calcul simple montre qu'ils vont gagner 2 à 3000 € de plus de retraite mensuelle si ce plafond de 120 000 € est maintenu. On se demande pourquoi cette mesure passe totalement inaperçue ???
a écrit le 17/12/2019 à 13:44 :
Une sortie de crise avant Noël c'est une mauvaise surprise après le 1er de l'an, c'est toujours une politique de courte vue avec d'énorme conséquence!
a écrit le 17/12/2019 à 13:36 :
avant des réunions cruciales à Matignon ...

des réunions de comédiens avec des petits fours pour distribuer des cacahouètes au bas peuple...

L'elysée et matignon 2019 laissent leur empreinte d'étalement de la misère, de la pauvreté de la précarité pour toutes les générations,

bref Macron Philippe c'est la continuité aggravée de l'ancien monde aggravé de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy ...
a écrit le 17/12/2019 à 13:23 :
Que l'on soit pour ou contre les grèves, la consommation change de façon irréversible.

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