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Surtaxe des entreprises : « Il a raison », Patrick Martin se range du côté de Bernard Arnault

latribune.fr

Publié le 30 janvier 2025 à 10:29 - Mis à jour le 30 janvier 2025 à 17:00

Pour président du Medef, Patrick Martin, « l’incompréhension tourne à la colère » parmi les adhérents du patronat (photo d'archive).

Pour président du Medef, Patrick Martin, « l’incompréhension tourne à la colère » parmi les adhérents du patronat (photo d'archive).

Abdullah Firas/ABACA via Reuters Connect

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Le numéro 1 du patronat a aussi critiqué ce jeudi l'augmentation prévue des impôts sur les grandes entreprises françaises. Il a ainsi donné « raison » au PDG de LVMH, Bernard Arnault, qui a ouvertement déploré cette mesure en début de semaine.

La surtaxe ponctuelle de l'impôt sur les sociétés prévue dans le budget 2025 par le gouvernement ne passe décidément pas. Pour rappel, dans le cadre de l'effort budgétaire de 52 milliards d'euros qu'il souhaite pour cette année, l'exécutif entend augmenter la fiscalité des entreprises afin de récupérer 12,3 milliards d'euros. Dont 8 milliards via cette surtaxe sur les grandes sociétés. Une annonce qui a notamment provoqué la colère de Bernard Arnault, le PDG du groupe de luxe LVMH. Il l'a publiquement critiquée mardi, la désignant comme une « taxe sur le made in France » qui « pousse à la délocalisation », notamment aux États-Unis.

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Et son avis est partagé par le président du Medef. « Il a évidemment raison, comme d'autres grands chefs d'entreprises qui se sont exprimés dans le même sens sur la fiscalité », a considéré ce jeudi Patrick Martin au micro de RTL. Et d'ajouter : « L'incompréhension tourne à la colère » parmi les adhérents du patronat.

Selon lui, « les conséquences, c'est que ceux qui peuvent partir partent. Et ils ont raison ». « Quand vous avez un pays qui a de la croissance, des conditions attractives en termes de prix de l'énergie, de fiscalité, vous y allez, c'est normal », a relevé le président du Medef, faisant référence au pays de l'Oncle Sam.

Concrètement, cette surtaxe pourrait atteindre au maximum 36% du montant des bénéfices pour les entreprises qui réalisent plus de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, a indiqué le ministère de l'Économie à l'AFP. Un seuil qui descendrait à 30% pour celles enregistrant entre 1 et 3 milliards de chiffre d'affaires. À noter que le taux d'imposition sur les sociétés s'élève à 25% en France, et que divers mécanismes fiscaux permettent à certaines de réduire l'addition, comme le crédit d'impôt recherche.

Le gouvernement« comprend »mais maintient

Le gouvernement a toutefois cherché la voie de l'apaisement mercredi. La porte-parole du gouvernement a dit mercredi « [comprendre] la colère » du milliardaire sur les hausses d'impôts qui vont toucher les grandes entreprises françaises. Sophie Primas a pris soin de rappeler qu'elle appartenait à « un gouvernement pro-entreprise » qui a prévu que cette surtaxe serait « temporaire », puisque censée durer un an. Une promesse à laquelle ne croit cependant pas Bernard Arnault. « Une fois qu'on a augmenté les impôts de 40%, qui va les baisser de 40% ? », a-t-il relevé lundi.

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La mesure est en tout cas régulièrement justifiée par la situation exsangue des finances publiques, alors que le déficit public de la France en 2024 devrait s'établir autour de 6% du produit intérieur brut (PIB). Pour 2025, le gouvernement ambitionne de le ramener à 5,4% grâce au 50 milliards d'euros d'effort, répartis entre économies (environ 32 milliards) et recettes supplémentaires (21 milliards). « Chacun doit prendre part aux efforts » étant donné « la condition budgétaire dans laquelle nous nous trouvons », a ainsi appuyé Sophie Primas.

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Le Medef veut de« vraies réformes structurelles »

Le ministre de l'Économie, de son côté, a aussi précédemment fait valoir la politique « pro-business » du gouvernement, malgré cette fiscalité alourdie. Il a ainsi affirmé vouloir préserver « l'attractivité » de la France et « limiter autant que faire se peut les charges des entreprises, la taxation des plus-values ou des dividendes ». « Parce que nous souhaitons que les entrepreneurs investissent et que les investisseurs étrangers viennent chez nous », a-t-il assuré.

À voir comment cela se concrétisera dans le budget 2025, alors que les négociations entre députés et sénateurs, réunis au sein d'une commission mixte paritaire, débutent ce jeudi. Patrick Martin a en tout cas prévenu : « On veut des vraies réformes structurelles », a-t-il lancé. Il a critiqué le recul du gouvernement sur certaines mesures, dans le but d'obtenir un accord de non-censure du Parti socialiste (PS). Notamment l'abandon programmé de 4.000 suppressions de postes dans l'Éducation nationale. Une mesure vue par le patron des patrons comme une façon de « préserver l'administration ».

Concernant le financement de la protection sociale, Patrick Martin s'est dit « bien sûr » favorable à la mise en place d'une TVA sociale, consistant notamment à diminuer les cotisations patronales en augmentant le taux de TVA, puis à affecter les recettes correspondantes à la Sécurité sociale. « Ça fait partie de ces nombreux tabous dans le débat public, alors qu'en off, beaucoup savent que c'est ça la solution », a-t-il assuré.

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« On parle à un mur »

Enfin, Patrick Martin a profité de son temps de parole ce jeudi pour déplorer ce qu'il estime être un manque de considération des politiques. « Au mois d'août, j'ai tiré le signal d'alarme, en disant qu'on va être en récession au quatrième trimestre, l'emploi va se dégrader. La classe politique, dans son immense majorité, n'a rien entendu (...), ils n'écoutent même pas », a-t-il déclaré.

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Alors que le chômage remonte et que l'Insee a annoncé ce jeudi un recul de 0,1% du PIB au quatrième trimestre, Patrick Martin a estimé qu'il y a « urgence à ce que nos décideurs politiques se ressaisissent et comprennent ce qui se passe à travers le monde ». « On parle à un mur », a-t-il regretté. Il a, au passage, égratigné le ministre de l'Économie Eric Lombard, « qui fait ses meilleurs efforts mais dont les chefs d'entreprises se disent qu'il est très loin de nos réalités ».

(Avec AFP)

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