Les organisations patronales et syndicales ont engagé un cycle d'âpres négociations depuis le début du mois de novembre sur le télétravail dans un contexte économique et social très dégradé. Un accord très attendu par un grand nombre de travailleurs doit aboutir à la fin du mois de novembre. Les syndicats de salariés réclament un nouvel accord national interprofessionnel (ANI) alors que le dernier date de 2005. Malgré l'urgence, les points d'achoppement entre les organismes paritaires sont nombreux. En septembre, la CFTC avait même décidé de quitter les discussions relatives au télétravail déplorant "le refus de la partie patronale de répondre clairement aujourd'hui à la question d'ouvrir ou non avec les partenaires sociaux une négociation en vue d'aboutir à un nouvel accord national sur le télétravail".
Pour la secrétaire confédérale à Force ouvrière, Béatrice Clicq, "il fallait absolument mettre cette question dans l'agenda social. Le patronat est resté longtemps réticent. On a obtenu un premier pas avec l'ouverture de la négociation. C'est un peu comme un combat de boxe mais avec des temps plus serrés. Il ne faut surtout pas laisser de temps à l'arbitre pour reprendre la main, en l'occurrence le gouvernement. On est déterminés à aboutir", a-t-elle expliqué lors d'un point presse ce mardi. Mais "pendant les négociations, il y a eu beaucoup de 'non'", a-t-elle ajouté.
De son côté, les représentants du patronat sont plus optimistes. "On ne rentre pas dans une négociation pour échouer. On rentre dans une négociation pour réussir", a dit Hubert Mongon (Medef), après cinq heures de négociation, lors d'un point presse téléphonique. D'après des propos rapportés par l'Agence France Presse, il a loué des "points de convergences" lors de cette rencontre, qui s'est selon lui tenue "dans un climat constructif" avec la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, la CPME et l'U2P, refusant de parler "à ce stade, de points de désaccord". Pour lui, il y a de la place pour un accord "utile, efficace, interprofessionnel".