Un gouvernement sera nommé « la semaine prochaine », affirme Michel Barnier
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« On fera les choses méthodiquement, sérieusement », a affirmé Michel Barnier.
Sarah Meyssonnier
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« On fera les choses méthodiquement, sérieusement », a affirmé Michel Barnier.
Sarah Meyssonnier
[Article publié le mercredi 11 septembre à 14h55, mis à jour à 20h45] L'horloge tourne, mais le nouveau Premier ministre veut rassurer. Le LR Michel Barnier, a promis ce mercredi de nommer un gouvernement « la semaine prochaine », expliquant faire « les choses méthodiquement, sérieusement », depuis son arrivée à Matignon il y a six jours. Selon son entourage, ce dernier appellera ou recevra les potentiels futurs ministres « à partir de ce week-end ».
Nommé par le président Emmanuel Macron après des élections législatives qui n'ont pas permis de dégager une majorité à l'Assemblée nationale, l'ancien commissaire européen s'est exprimé devant les caméras à son arrivée aux journées parlementaires du parti Horizons, à Reims.
« On fera les choses méthodiquement, sérieusement », a-t-il déclaré, « j'écoute tout le monde ». « J'ai rencontré la plupart des présidents de groupe, je continue et je viens visiter les députés, les sénateurs, les écouter aussi », a-t-il précisé.
A sa sortie d'un déjeuner avec les parlementaires du parti Horizons d'Edouard Philippe, le Premier ministre a d'ailleurs dit avoir été « extrêmement touché » par « l'accueil » de ces élus, qui tenaient leur rentrée à Reims. « Nous serons nombreux à l'aider », avait assuré le président d'Horizons Edouard Philippe après la nomination de Michel Barnier, issu comme lui de la droite. En réponse, ce dernier a annoncé qu'il y aurait « bien sûr » des membres de ce mouvement dans son gouvernement.
Il s'est ensuite exprimé devant les élus du Modem, troisième groupe allié du camp présidentiel, à Cély-en-Bière (Seine-et-Marne).
Le Premier ministre pourrait aussi faire appel à des personnalités plus à droite. Les Républicains, dont le groupe parlementaire à l'Assemblée nationale est présidé par Laurent Wauquiez, n'a toujours pas confirmé formellement son intention d'avoir des ministres dans le gouvernement Barnier. Mais plusieurs de ses dirigeants tiennent cette participation pour acquise, comme le président du Sénat Gérard Larcher qui a estimé que le Premier ministre a « fait siennes » les principales propositions de son parti. Le nom de Laurent Wauquiez, qui préside le groupe des Républicains à l'Assemblée nationale et nourrit des ambitions pour 2027, figure parmi les prétendants au ministère de l'Intérieur.
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La députée LR du Doubs Annie Genevard a aussi déclaré ce mercredi sur Sud Radio qu'elle « accepterait certainement » de devenir ministre de l'Education nationale si on le lui proposait. « La logique veut que nous participions au gouvernement », a souligné l'ancienne candidate au perchoir de l'Assemblée. Elle a toutefois précisé ne pas avoir reçu de proposition formelle. « C'est le Premier ministre qui décide s'il juge que je peux être utile dans cette fonction, et je l'accepterais avec enthousiasme et gravité », a-t-elle ajouté.
En revanche, la quête de personnalités venues de la gauche voulue par Michel Barnier semble infructueuse. Les socialistes Carole Delga et Karim Bouamrane ont confirmé mercredi leur refus de participer au futur gouvernement tout en maintenant leurs critiques contre la direction de leur parti, accusée d'avoir empêché la nomination de Bernard Cazeneuve à Matignon. « Je ne participerai pas à un gouvernement de droite soutenu par l'extrême droite », a déclaré la présidente socialiste de la région Occitanie Carole Delga, ajoutant que, si elle était députée, elle voterait une motion de censure contre le gouvernement Barnier « parce que le choix du président de la République ne respecte pas le vote des Français ».
Et cette dernière n'est pas la seule personnalité de gauche à vouloir renverser le prochain gouvernement. Lundi, l'ancien président socialiste - et désormais député - François Hollande a annoncé qu'il voterait la censure contre Michel Barnier à l'Assemblée nationale pour faire tomber son gouvernement « soutenu par l'extrême-droite ». « Comment accepter que les Français qui ont voulu écarter l'extrême droite, qui voulaient qu'il y ait du changement (...), comment voulez-vous que l'on puisse donner notre accord ? », a-t-il assuré au micro de France Inter.
Surtout, cette défiance autour du nouveau Premier ministre ne s'arrête pas à la gauche. Ce lundi, le ministre démissionnaire Roland Lescure, figure de l'aile gauche de la macronie, a annoncé qu'il n'accordera pas automatiquement sa confiance au gouvernement Barnier si celui-ci franchit certaines lignes rouges sur l'immigration. « Ma confiance ne sera pas automatique. Je suis au clair sur mes lignes rouges », a-t-il déclaré dans un entretien à Libération lundi.
Ses lignes rouges portent sur l'immigration. « Quand j'entends Michel Barnier qui parlait, lors de la primaire LR en 2021, de "moratoire" sur l'immigration ou de suppression de l'Aide médicale d'Etat (AME), je réponds : "Préservons l'immigration économique, préservons l'AME" », explique-t-il.
Concernant les priorités économiques énumérées par le nouveau Premier ministre, celles-ci devraient plutôt se trouver à droite du spectre politique.
Issu des Républicains, l'ancien commissaire européen pourrait appliquer une politique économique de l'offre, pro-business et pro-européenne. Dans le même temps, l'exécutif pourrait durcir sa politique budgétaire en procédant à des coupes dans les enveloppes des ministères, celles de la sécurité sociale ou des collectivités locales. Au risque de provoquer de la colère sociale et de peser sur la croissance.
Enfin, pour relancer la machine, le camp de la droite et celui du centre au Parlement pourraient faire pression pour une baisse de la fiscalité sur les ménages et les entreprises. Mais la situation des finances publiques tricolores risque de réduire les velléités de compromis au Parlement pour faire baisser la pression fiscale. Face à ces difficultés, « Michel Barnier pourrait par exemple demander un effort de solidarité aux plus aisés », expliquait à La Tribune l'économiste Patrick Artus le 6 septembre. « Cela pourrait passer par une désindexation des plus fortes retraites sur l'inflation ou une désindexation du barème de l'impôt pour les plus hauts revenus ». Reste que la configuration de l'Assemblée nationale, fragmentée en trois blocs aux visions économiques diamétralement opposées, devrait aussi limiter les marges de manoeuvre de ce gouvernement très attendu.
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Interviewé mercredi soir sur BFMTV, Edouard Philippe a renouvelé son soutien à Michel Barnier, son ex-compagnon de parti LR, comme étant selon lui « un très bon choix du président de la République ». Il s'est dit ouvert à une amélioration de la réforme des retraites si la « philosophie » de la réforme de 2023 « travailler plus longtemps » est conservée. Mais a mis en garde contre des hausses d'impôts, malgré la volonté de Michel Barnier de plus de « justice fiscale ». En matière migratoire, Edouard Philippe a jugé que la suppression de l'aide médicale d'Etat (AME) envisagée par certains LR était « une très mauvaise idée ».
(Avec AFP)
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