LA TRIBUNE DIMANCHE : La note financière de la France est stable. Le gouvernement doit-il maintenir son objectif d'économies ?
MARC FERRACCI : Nous ne menons pas notre politique en fonction des agences. Cela ne change rien à notre détermination. Il faut trouver des économies à court terme, et changer de méthode pour la suite. Des dépenses inefficaces sont identifiées. Avec mon collègue Jérôme Guedj, nous avons par exemple montré l'an dernier que les exonérations de charges sur les hauts salaires avaient peu d'effets sur l'emploi ou la compétitivité. Par ailleurs, les aides à l'embauche d'apprentis de l'enseignement supérieur suscitent des effets d'aubaine, il faut les revoir. Mais ces pistes seront insuffisantes à longue échéance.
Quelle méthode préconisez-vous ?
Une approche radicalement différente, pratiquée dans certains pays anglo-saxons. Par principe, certaines dépenses publiques doivent être temporaires, votées avec une limite dans le temps. Elles seraient prolongées uniquement si l'on a démontré leur efficacité. Sinon, nous les arrêtons. Cela s'appelle une « clause d'extinction », sunset clause en anglais. Un tel mécanisme est vertueux : non seulement il évite le maintien de crédits inutiles, mais il restaure aussi la confiance des citoyens dans l'action publique.
Ce principe s'appliquerait-il à toutes les dépenses ?