À l'ONU, Macron s'oppose à l'unilatéralisme de Trump sur le dossier iranien
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Emmanuel Macron, discours à la 73e Assemblée générale de l'ONU
Reuters
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Emmanuel Macron, discours à la 73e Assemblée générale de l'ONU
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Devant la 73e Assemblée générale de l'ONU mardi, Donald Trump et Emmanuel Macron ont défendu, tour à tour, des approches diamétralement opposées sur le commerce mondial, et plus particulièrement sur le dossier iranien. Alors que le président américain a appelé la communauté internationale à "isoler le régime iranien" - tout en ventant d'ailleurs le succès de son initiative de paix "audacieuse" avec la Corée du Nord -, son homologue français a, lui, prôné "le dialogue" avec Téhéran.
Avec un sous-entendu à peine voilé, le chef de l'État français a tout simplement invité ses homologues à "ne plus signer d'accords commerciaux avec les puissances qui ne respectent pas l'accord de Paris" sur le climat. Ambiance.
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Si les deux chefs d'État divergent sur la méthode, ils s'accordent néanmoins sur le fond, à savoir empêcher l'Iran de se doter de la bombe nucléaire.
À la tribune de l'ONU, Donald Trump a le premier dénoncé la "dictature corrompue" au pouvoir selon lui à Téhéran. Il a justifié le retrait américain de l'accord nucléaire de 2015 censé empêcher la République islamique de développer la bombe atomique, et le rétablissement de toutes les sanctions américaines, dont les dernières entreront en vigueur le 5 novembre prochain. La France veut elle, au contraire, continuer à discuter avec Téhéran sur un agenda plus large permettant de traiter toutes les préoccupations nucléaires, balistiques, régionales, causées par les politiques iraniennes, au lieu de renforcer les sanctions.
Dans l'unilatéralisme de Trump, Emmanuel Macron y voit "la loi du plus fort", qui mène selon lui "au repli et au conflit".
La nouvelle salve de sanctions américaines viseront notamment le secteur pétrolier iranien. Qu'à cela ne tienne, Emmanuel Macron a appelé lors d'une conférence de presse à New York son homologue américain à laisser l'Iran poursuivre ses exportations de pétrole s'il veut encourager une baisse des cours.
Auparavant, Donald Trump s'était, en effet, livré à une violente charge contre les pays exportateurs de pétrole et l'Opep, accusés de maintenir les cours du brut à un niveau trop élevé. "Nous défendons nombre de ces nations pour rien et elles en profitent pour nous imposer des prix du pétrole plus élevés", a-t-il affirmé, semblant viser directement ses alliés arabes du Golfe.
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En réponse au discours de Donald Trump, le président iranien Hassan Rohani l'a accusé de chercher à le "renverser", par le biais des sanctions draconiennes qu'il a comparées à un acte de "terrorisme économique", au moment même où il prétend l'inviter au dialogue.
Dans ce contexte, le dirigeant iranien a rejeté toute idée de négociation bilatérale avec Washington - les seules négociations possibles doivent avoir lieu à l'ONU. Et sur la base de l'accord multilatéral conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, dont son homologue américain s'est retiré avec fracas en mai en critiquant son laxisme et en rétablissant dans la foulée toutes ses sanctions contre Téhéran.
[Après une chute importante de la valeur des importations et exportations en 2011, les échanges avaient repris dès 2016 pour atteindre les 21 milliards d'euros en 2017. Un graphique de notre partenaire Statista]
Le chef de l'État français dit voir clair dans la stratégie "construite et assumée" de Donald Trump. En dénonçant l'accord sur le nucléaire iranien et en réintroduisant des sanctions, il chercherait avant tout à pousser Téhéran à revenir à la table de négociations sur une série de sujets, du balistique iranien à l'influence régionale de ce pays. Par ailleurs, il a concédé que les mécanismes que les Européens tentent de mettre en place pour contourner les sanctions américaines ne suffiraient pas à combler leurs impacts.
En effet, les Européens veulent notamment instaurer un système de troc, élargi à d'autres pays, afin de préserver leur commerce avec l'Iran. Et pour continuer à permettre à Téhéran de vendre du pétrole, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini avait annoncé lundi la création d'un "véhicule spécial" (Special purpose vehicle - SPV) qui fonctionnera comme une bourse d'échanges. "Cela ressemblera à une chambre de compensation. Lorsque nous importerons du pétrole d'Iran, l'argent sera versé au SPV. Si ensuite une machine est vendue par une société européenne en Iran, le paiement interviendra via le SPV", a expliqué un diplomate européen à l'AFP.
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Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, est aussitôt monté au créneau mardi, mettant en cause le système SWIFT qui supervise les transactions bancaires internationales, contre toute coopération avec ce qu'il a qualifié de "banque centrale du terrorisme".
(avec AFP)
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