Après l'embargo européen sur le pétrole russe, l'Opep+ ouvre ses vannes
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Après des mois d'attentisme malgré l'envolée des cours provoquée par la guerre en Ukraine, les membres de l'Opep+ ont finalement décidé jeudi lors de leur réunion d'augmenter leur offre de pétrole, comme le leur demandaient les Occidentaux, en particulier les Etats-Unis.
Les représentants des treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs dix partenaires (Opep+) ont convenu que "la production de juillet serait ajustée à la hausse de 648.000 barils par jour" ainsi que celle d'août, contre les 432.000 barils fixés les mois précédents, a annoncé l'alliance dans un communiqué.
Cette décision intervient après l'annonce lundi par les 27 pays de l'Union européenne d'un embargo immédiat sur deux tiers des importations de pétrole russe, qui sera porté à 90% d'ici la fin de l'année. Les craintes de tensions sur l'offre mondiale a fait changer d'avis le cartel, qui rappelle "l'importance de marchés stables et équilibrés".
Après la publication du communiqué, les prix du brut étaient stables. Le cours du baril de Brent évoluait autour de 116 dollars, celui du baril de WTI autour de 115 dollars.
Néanmoins, la décision de l'Opep+ est une entorse à sa stratégie qui s'était limitée depuis le printemps 2021 à de modestes augmentations de ses quotas, pour retrouver ses niveaux d'avant la pandémie de Covid-19. Le groupe n'avait jusqu'ici jamais dévié de sa ligne, même après l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui a accentué les tensions sur le marché.
Techniquement, l'augmentation décidée est répartie proportionnellement entre chacun des membres, avec des quotas identiques pour Moscou et Riyad, les deux piliers de l'alliance. L'Opep+, qui pompe environ la moitié du pétrole mondial, s'est formée en 2016 pour ajuster l'offre et réguler les cours du baril.
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Certains toutefois s'interrogent sur la pérennité de l'entente dans les circonstances actuelles. "La Russie s'est transformée en paria", assène Bjarne Schieldrop, analyste de Seb, qui voit "dans l'apparente intensification de la navette diplomatique entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite" le signe "qu'un changement est peut-être proche" alors que les sanctions s'accumulent sur le Kremlin.
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