Au Royaume-Uni, la croissance n'en finit plus de se dégrader
latribune.fr

Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer doit gérer le dérapage des finances publiques et un ralentissement de l'activité économique en parallèle.
Mina Kim
latribune.fr

Le nouveau Premier ministre britannique Keir Starmer doit gérer le dérapage des finances publiques et un ralentissement de l'activité économique en parallèle.
Mina Kim
[Article publié le lundi 30 septembre 2024 à 11h21, mis à jour à 16h09] En Angleterre, la reprise économique se fait attendre. Pire, l'activité semble encore ralentir. Au premier trimestre de cette année, le PIB avait enregistré une hausse de 0,7%, après une courte récession au deuxième semestre 2023, selon les données de l'Office national des statistiques (ONS). Attendue à 0,6% au deuxième trimestre, la croissance est finalement plus faible que prévu par les statisticiens. En définitive, elle plafonne à 0,5% du PIB.
Selon l'ONS, l'activité économique entre avril et juin a été tirée par les services, mais moins qu'initialement estimé, tandis que la production manufacturière et la construction ont chuté davantage que ce qui avait été d'abord mesuré.
D'ores et déjà, le nouveau gouvernement travailliste sait que le troisième trimestre ne sera pas bon. Le Royaume-Uni a enregistré une croissance nulle en juillet, selon des chiffres publiés au début du mois. Et l'indice PMI Flash publié par S&P Global, un indicateur avancé de la croissance, indique quant à lui que la croissance a globalement faibli au troisième trimestre.
Seul point positif : sur l'année 2023 entière, le PIB britannique a finalement affiché une progression de +0,3% sur un an, un chiffre révisé à la hausse par l'ONS ce lundi après avoir été initialement estimé à +0,1%.
Ces mauvais indicateurs ne vont en tout cas pas faciliter la tâche du nouveau Premier ministre, Keir Starmer. Élu en juillet, cet ex-avocat a fait de la relance économique sa priorité. Il compte notamment sur la création d'un « fonds souverain national », qui sera abondé de 7,3 milliards de livres (8,8 milliards d'euros) sur cinq ans, pour doper l'investissement dans le pays.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Seul hic, le locataire du 10 Downing Street doit composer avec des finances publiques serrées : la dette publique flirte avec les 100% du PIB, conséquence notamment des aides distribuées pendant la pandémie de Covid et la crise de l'énergie, et le déficit public dérape. La dette s'élève à 2.546 milliards de livres, selon les chiffres publiés en août.
Malgré les difficultés, Rachel Reeves, la ministre des Finances outre-Manche a promis qu'il « n'y aura pas de retour à l'austérité ». Un discours qui a pu surprendre alors qu'elle doit faire face à un « trou noir » de 22 milliards de livres laissé par l'ancien gouvernement conservateur. Mieux, elle a indiqué que son budget, qui sera présenté le 30 octobre, ne comporterait ni hausses d'impôts pour les travailleurs, ni pour les sociétés.
En revanche, pour aplanir la dette, la chancelière de l'Echiquier a confirmé une extension de la taxe sur les profits exceptionnels des entreprises énergétiques et l'introduction de la TVA sur les frais de scolarité des écoles privées. Elle a aussi promis d'accroître la lutte contre l'évasion fiscale et de s'attaquer aux entreprises qui ont indûment profité des aides liées au Covid.
Car la trajectoire de la dette publique britannique inquiète les experts. Selon l'organisme public des prévisions budgétaires (OBR), la dette du pays pourrait tripler d'ici à 2050 en poursuivant la politique actuelle.
« Sur la base des politiques actuelles et des dernières projections démographiques, la dette publique devrait presque tripler, passant de près de 100% du produit intérieur brut (PIB) à plus de 270% au cours des 50 prochaines années », a résumé l'OBR dans un communiqué.
À lire également
L'inflation stagne à 2,2% au Royaume-Uni
Si la hausse des prix a beaucoup ralenti en France en septembre (+1,2%), elle reste plus forte au Royaume-Uni. D'après les chiffres de l'Office national des statistiques (ONS), elle s'établit à +2,2% sur un an en août. Un niveau similaire à celui du mois de juillet, qui avait montré une accélération par rapport à juin où il était à +2%.
Signe d'un ralentissement des prix, la Banque d'Angleterre (BoE) a abaissé début août son taux directeur d'un quart de point de pourcentage, à 5%, soit la première baisse depuis mars 2020. Mais la BoE devrait poursuivre avec prudence le desserrement monétaire.
(Avec AFP)
latribune.fr