Royaume-Uni : malgré une inflation stable, statu quo attendu sur les taux
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Penurie d'essence en gb: un ministre pointe du doigt les transporteurs
HENRY NICHOLLS
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Penurie d'essence en gb: un ministre pointe du doigt les transporteurs
HENRY NICHOLLS
La hausse générale des prix a fait du surplace en août outre-manche. L'inflation s'est en effet maintenu à +2,2% sur un an, selon les chiffres de l'Office national des statistiques (ONS) publiés ce mercredi. Un niveau similaire à celui du mois de juillet, qui avait montré une accélération par rapport à juin où il était à +2%.
Cette stabilité de l'inflation en août s'explique par le fait que plusieurs « fluctuations de prix se sont contrebalancées », a indiqué Grant Fitzner, chef économiste à l'ONS.
En revanche, l'inflation sous-jacente - qui exclut les produits aux prix les plus volatils comme ceux de l'énergie et de l'alimentation - a, elle, augmenté à +3,6% en glissement annuel, contre +3,3% en juillet.
L'inflation britannique se situe en tout cas tout proche de l'objectif de +2% fixé par la Banque d'Angleterre (BoE). Ce qui ne devrait toutefois pas convaincre l'institution monétaire de baisser une nouvelle fois ces taux, lors de sa réunion de ce jeudi. Pour rappel, convaincue par le retour de l'inflation à sa cible, elle a abaissé début août son taux directeur d'un quart de point de pourcentage, à 5%, soit la première baisse depuis mars 2020. Mais la BoE avait prévenu vouloir poursuivre avec prudence le desserrement monétaire.
Si bien que le taux de hausse de prix de +2,2% devrait soutenir « les prédictions selon lesquelles la Banque d'Angleterre maintiendra ses taux » à leur niveau actuel, selon Richard Carter, analyste chez Quilter Cheviot. D'autant plus compte tenu de la hausse de l'inflation sous-jacente.
Un point de vue partagé par Sanjay Raja, analyste de Deutsche Bank, pour qui les données du jour « ne suffiront pas à déclencher une baisse surprise des taux demain ». L'experte prévoit plutôt « un nouvel assouplissement de la politique restrictive en novembre ».
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De son côté, Yael Selfin, économiste chez KPMG UK, dit s'attendre à ce que l'inflation « continue à augmenter dans les mois à venir, alimentée indirectement par l'impact de la hausse des prix de l'énergie ». Celle-ci est même « susceptible d'atteindre un pic d'environ 3% au début de l'année », avant « de revenir à son niveau cible » fin 2025, ajoute l'économiste.
Reste que la hausse générale des prix n'est plus désormais le seul critère pris en compte par la BoE concernant la suite de la politique monétaire à tenir. Le « ralentissement du marché de l'emploi » figure aussi parmi les principales raisons pour lesquelles l'institution a opté pour le desserrement le mois dernier, comme l'avait expliqué Dean Turner, analyste pour UBS. Car le risque d'une politique restrictive trop longtemps est qu'elle augmente le chômage voire conduise à une récession.
Bonne nouvelle concernant le premier sujet : le taux de chômage a reculé au Royaume-Uni sur la période de mai à juillet, à 4,1% contre 4,2% pour les trois mois d'avril à juin, selon l'ONS. Mais « le marché du travail britannique semble toujours se refroidir, même si ce n'est pas aussi rapidement qu'attendu », a prévenu Richard Carter.
Quant à la question de la croissance, le produit intérieur brut (PIB) mensuel a été nul en juillet, après avoir déjà stagné en juin, toujours d'après l'ONS. Et si la croissance trimestrielle avait progressé entre avril et juin, à +0,6%, poursuivant son rebond après une légère récession fin 2023, elle a toutefois ralenti par rapport au trimestre précédent. Le pays n'est ainsi pas au bord de la récession mais l'inquiétude est de mise.
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Outre-Atlantique, c'est aussi cette combinaison « inflation/emploi/croissance » qui devrait motiver la Réserve fédérale américaine à annoncer une première baisse de ses taux. La décision est attendue ce mercredi mais ne fait guère de doute. Du côté du vieux continent, la Banque centrale européenne a procédé à sa deuxième baisse la semaine dernière, après une première en juin.
(Avec AFP)
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