Brexit : Deutsche Bank pourrait transférer 450 milliards d'euros d'actifs

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Selon le Financial Times, la banque allemande pourrait transférer au final environ trois quarts du total des actifs qu'elle gère à Londres vers son siège à Francfort, soit 450 milliards d'euros d'actifs.
Selon le Financial Times, la banque allemande pourrait transférer au final environ trois quarts du total des actifs qu'elle gère à Londres vers son siège à Francfort, soit 450 milliards d'euros d'actifs. (Crédits : Kai Pfaffenbach)
Alors que la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne approche à grand pas, la première banque allemande a annoncé qu’elle envisageait de rapatrier 450 milliards d’euros d’actifs à Francfort, se conformant aux exigences des régulateurs européens.

Les préparatifs en vue du Brexit se poursuivent chez Deutsche Bank. Après avoir rapatrié une part importante de ses activités de compensation de dérivés en euros en Allemagne fin juillet, l'établissement bancaire allemand prévoirait désormais d'augmenter considérablement le montant des actifs à transférer de Londres à Francfort à l'approche de la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, selon le Financial Times.

« L'année dernière, nous avions annoncé que nous ferions de Francfort, plutôt que Londres, la principale plateforme de compensation pour nos clients de banque d'investissement. Cela implique de transférer des actifs de Londres à Francfort, un processus en accord avec les régulateurs britanniques et européens », a déclaré un porte-parole de la banque allemande, cité par le quotidien, ce lundi 17 septembre.

Deutsche Bank gère 600 milliards d'euros d'actifs outre-Manche. Selon le Financial Times, qui s'appuie sur des sources informées du projet, la banque allemande pourrait transférer au final environ les trois quarts du total des actifs vers son siège à Francfort, soit 450 milliards d'euros. Aucune décision définitive n'a toutefois été prise pour le moment et Deutsche Bank a refusé de commenter ces informations. Lors de la publication de ses résultats du deuxième trimestre, la banque avait indiqué que le total des actifs s'élevait à plus de 1.400 milliards d'euros.

Une transformation en « filiale cantonnée » ?

Selon les sources du Financial Times, la Banque centrale européenne (BCE) souhaiterait que l'établissement allemand renforce rapidement son capital et ses liquidités en Allemagne afin de respecter la réglementation pour les branches basées dans les « pays tiers », ce que le Royaume-Uni deviendra en mars après le Brexit. Mais ces transferts d'actifs d'une telle importance ne pourront se faire du jour au lendemain. Ils se feront plutôt sur trois à cinq ans, voire davantage, affirme le quotidien, ajoutant que la création d'une filiale britannique pourrait coûter des millions d'euros à Deutsche Bank.

« Ses exigences sont telles que Deutsche Bank pourrait transformer ses activités britanniques en filiale cantonnée après le Brexit », a expliqué le Financial Times.

Le quotidien a précisé que l'une des options envisagées serait de réduire la taille du bilan des activités londoniennes à un niveau inférieur à celle de la holding aux Etats-Unis, qui dispose d'environ 145 milliards de dollars d'actifs. La première banque allemande aurait toutefois assuré à Bloomberg qu'elle continuera d'opérer au Royaume-Uni en tant que « succursale » sous la supervision de la Banque d'Angleterre.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2018 à 14:21 :
La Deutsche Bank avec son ratio de 50 est une banque "dangereuse" récemment déclassée d'ailleurs.. Une défaillance de 2% de ses clients et la banque saute. C'est une "junk bank" qui a des milliards de produits dérivés dans son bilan dont personne ne sait rien. Le cours de bourse a baissé de 80% en 10 ans. Son bilan représente 60 à 70% du PIB allemand. Se débarrasser de ce type de "clientèle" est une opération salutaire. La Kommerz est en état aussi pitoyable !
a écrit le 18/09/2018 à 10:14 :
Tout va bien même si Bruxelles jamais avare de porter une mauvaise nouvelle pour accompagner son Project Fear s' agissant du Brexit ; croissance robuste de l’économie britannique :

L’économie britannique a connu une croissance record entre mai et juin 2018, en particulier dans le secteur des services. Le PIB a augmenté de 0,6 point entre mai et juin, surpassant les prédictions les plus optimistes qui prédisaient une augmentation de seulement 0,4 %.

Source : Bloomberg (10 septembre) – en anglais

Pendant la campagne du Brexit, les défenseurs du maintien dans l’Union européenne ne cessaient, en oiseaux de mauvais augure, de prophétiser que la sortie de l’UE serait un cataclysme pour le Royaume-Uni. La réalité est tout autre : le Brexit est au contraire une aube nouvelle, non seulement pour la démocratie britannique, mais aussi pour son économie. Pourquoi en irait-il autrement de la France et comme l' avance l' Upr s' agissant du Frexit ? Ne cédons pas à la propagande généralisée anti-Frexit dans nos médias.
Réponse de le 18/09/2018 à 19:14 :
Quand on regarde le graphique en bas de l'article que vous citez, on relativise franchement votre propos:
https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-09-10/u-k-economy-posts-fastest-growth-in-almost-a-year-on-services
Réponse de le 18/09/2018 à 23:51 :
Vous êtes remarquable et remarqué pour ne marketter que la doxa européiste!
Réponse de le 19/09/2018 à 19:36 :
@biniou
J'apprécie le compliment mais sachez que l'admiration est réciproque, j'ai trouvé particulièrement poétique l'envolée lyrique sur l' "aube nouvelle".
Niveau marketing, c'est pas mal non plus.
Réponse de le 19/09/2018 à 21:09 :
johnmckagan 19.36

Déraillé car moi pas lui ...!
a écrit le 18/09/2018 à 9:21 :
Le drame de nos amis anglais, c'est la politique du tout-Londres, l'hypermétropolisation. La City a fait exploser les inégalités et il n'y a pas eu d'effet de ruissellement. Le niveau de vie des Anglais hors Londres, jadis supérieur à celui d'un "provincial" français (terme que je déteste : pro vincia=pays vaincu) est désormais inférieur. Le problème, c'est que le brexit va au moins dans un premier temps écrêter le niveau de vie de Londres sans booster celui de toute l'Angleterre. Et ne parlons pas du pays de Galles...
a écrit le 18/09/2018 à 7:50 :
Si l'argent prenait la direction inverse, les souverainistes auraient jubilé. Mais là ils diront certainement qu'il s'agit de l'argent diabolique de la finance.
Réponse de le 18/09/2018 à 9:48 :
Effectivement !
Réponse de le 18/09/2018 à 23:53 :
@Tom Vous ne servez qu' à conforter john ?!
a écrit le 18/09/2018 à 4:38 :
Ce qui signifie en filigranne, que Londres delocalisera ses activites principales en Allemagne. CQFD. Pour Paris, ce sera une autre fois....
Réponse de le 18/09/2018 à 7:47 :
En même temps il s'agit de deutsche bank ...
Réponse de le 18/09/2018 à 9:17 :
Self french bashing irrationnel. Depuis des mois, on lit dans la presse que Paris a davantage capté d'établissements que Francfort, mais les esprits sont chagrins et voient encore et toujours le verre vide.

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