Comment devenir résident américain pour 5 millions de dollars
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La vente des « cartes dorées Trump » devrait commencer dans deux semaines d'après le président américain (photo d'archive).
Reuters
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La vente des « cartes dorées Trump » devrait commencer dans deux semaines d'après le président américain (photo d'archive).
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5 millions de dollars : c'est ce que devront payer à l'avenir les étrangers souhaitant s'installer durablement aux États-Unis. Ils recevront en échange une « carte dorée Trump », comme l'a annoncé à la presse, mardi, le président américain depuis la Maison-Blanche. « C'est en quelque sorte comme une carte verte », de résident permanent aux États-Unis, « mais à un niveau plus élevé de sophistication », a-t-il déclaré. Donald Trump a aussi précisé que cette « carte dorée » permettrait à ses titulaires d'accéder au « chemin vers la citoyenneté » plus facilement que dans les conditions actuelles.
« Les gens riches arriveront dans ce pays en achetant cette carte. Ils seront riches, ils auront du succès et ils dépenseront beaucoup d'argent et paieront beaucoup d'impôts et emploieront beaucoup de monde », a résumé le dirigeant américain.
La vente devrait commencer dans deux semaines. Selon le président, cette « carte dorée » permettra de « faire venir des gens dans l'informatique qui créent des emplois, des gens de très haut niveau ». « Je pense que les entreprises paieront pour amener des gens », a-t-il déclaré. « Donc Apple et toutes ces entreprises qui veulent que des gens viennent travailler pour eux pourront acheter une carte », a ajouté Donald Trump.
Ce type de programme n'est toutefois pas nouveau outre-Atlantique. Un dispositif du même type, l'EB-5, existe en effet déjà. Il a été créé en 1990 par l'administration américaine pour stimuler l'économie du pays, alors en crise, à travers la création d'emplois et l'investissement de capitaux étrangers. Ainsi, il permet d'obtenir une carte verte de résident permanent en effectuant des investissements d'un certain montant sur le sol américain. Le seuil minimal est actuellement fixé, depuis mars 2022, à 1,05 million de dollars d'investissements dans une entreprise (ou 800 000 dollars si elle se situe dans une zone rurale ou sinistrée économiquement). Avec, dans tous les cas, l'obligation de créer au moins dix emplois à temps plein.
Le ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, a toutefois annoncé mardi que les États-Unis allaient mettre fin à l'EB-5. Car, selon lui, ce programme est sujet à trop de fraudes et représente « un moyen d'obtenir une carte verte à bas coût ». « Nous allons le remplacer avec la "carte dorée Trump" », a-t-il précisé dans le Bureau ovale aux côtés du président.
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Pour Donald Trump, les États-Unis pourraient bénéficier de « la vente, peut-être, d'un million de ces cartes, peut-être plus que cela ». Un joli pactole dans les caisses de l'État pour celui qui a fait de la réduction des dépenses publiques l'une de ses priorités.
Le président américain n'a par ailleurs pas fermé la porte aux oligarques russes. Pour rappel, ils sont pour la plupart sanctionnés par les États-Unis depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. « Je connais certains oligarques russes qui sont des gens très bien », a indiqué Donald Trump. Et d'ajouter : « Il est possible » qu'ils soient éligibles.
Depuis la campagne pour la dernière élection présidentielle américaine à l'automne 2024, Donald Trump a fait de l'immigration l'un de ses sujets phares. Dès le jour de sa prise de fonction, le 20 janvier dernier, il a ainsi signé plusieurs décrets sur ce thème. Le plus frappant d'entre eux ordonne de revenir sur le droit du sol, un principe consacré par le 14e amendement de la Constitution américaine.
Ce texte, ratifié en 1868, stipule que « toutes les personnes nées ou naturalisées aux États-Unis, et soumises à leur juridiction, sont citoyens des États-Unis et de l'État dans lequel elles résident ». Un principe sur lequel veut revenir le président puisque son décret interdirait au gouvernement fédéral de délivrer des passeports, des certificats de citoyenneté ou d'autres documents aux enfants dont la mère séjourne illégalement ou temporairement aux États-Unis, et dont le père n'est pas citoyen américain ou résident permanent — titulaire de la fameuse carte verte.
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Le décret n'est toutefois pas entré en vigueur car, dans la foulée de sa ratification par Donald Trump, il a été bloqué par plusieurs juges de première instance. Une décision confirmée par une cour d'appel la semaine dernière, qui avait été saisie par le ministère de la Justice. « Le gouvernement n'a pas démontré avoir un droit légitime » pour une décision immédiate, a estimé la juge Danielle Forrest, selon le texte de la décision vu par l'AFP. « Décider de questions importantes et substantielles dans un délai d'une semaine ne s'inscrit pas dans notre processus de décision habituel », et les circonstances « n'imposent pas de le faire », a-t-elle ajouté. Une affaire à suivre, donc.
(Avec AFP)
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