Cuba vote dimanche sa nouvelle Constitution

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(Crédits : TOMAS BRAVO)
S'ouvrir à l'activité privée sans renoncer au socialisme: c'est l'un des principaux changements dans la nouvelle Constitution cubaine, soumise à référendum dimanche, qui limite aussi le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une fois.

Le texte reconnaît le marché, la propriété privée et l'investissement étranger comme faisant partie de l'économie de ce pays, soumis à l'embargo américain depuis 1962. Il apporte une base légale à l'actualisation du modèle économique cubain initiée en 2008 par le président de l'époque, Raul Castro, qui a permis à des particuliers de lancer leur activité privée: ils représentent aujourd'hui 591.000 personnes, 13% de la force de travail.

Le nouveau texte réaffirme "le caractère socialiste" du système politique et le rôle dirigeant du Parti communiste de Cuba (PCC, parti unique), dont le premier secrétaire est Raul Castro, "dans la construction du socialisme et l'avancée vers la société communiste".

 Un président, un Premier ministre

Actuellement, Miguel Diaz-Canel est président des Conseils d'Etat et des ministres. Dans la nouvelle Constitution, il sera président de la République et aura à ses côtés un Premier ministre.

"La création d'un poste de Premier ministre à Cuba obéit plus à une logique de répartition des fonctions qu'à une perspective de division des pouvoirs", explique à l'AFP l'analyste politique Arturo Lopez-Levy, professeur à l'université Gustavus Adolphus College, dans le Minnesota (États-Unis).

Il cite d'autres "expériences de monopole du Parti communiste": "Les Premiers ministres de Chine et du Vietnam administrent de façon autonome la sphère du gouvernement, mais leur position est subordonnée à celles du président et du premier secrétaire ou secrétaire général du Parti communiste".

 Deux mandats de cinq ans

Après 60 ans de pouvoir des frères Fidel puis Raul Castro, cette fois le mandat présidentiel sera de cinq ans et renouvelable une fois. L'âge minimum pour se présenter est de 35 ans, le maximum 60 ans pour une première candidature.

"La limitation du mandat présidentiel est un changement très important pour le renouvellement des élites cubaines", souligne Arturo Lopez-Levy.

Le scrutin indirect est toutefois maintenu: le président est choisi par les députés, eux-mêmes désignés lors d'une élection populaire où il y a toujours le même nombre de candidats que de sièges.

Un possible mariage pour tous

Après le triomphe de la révolution en 1959, les homosexuels avaient souffert de discriminations, mais la Constitution voulait leur tendre la main en définissant le mariage comme une union "entre deux personnes", sans en spécifier le sexe.

Devant le rejet d'une partie de la population et des Eglises catholique et évangéliques, le gouvernement a fait marche arrière et défini le mariage comme "une institution sociale et juridique", laissant le soin au Code de la famille d'inclure ou non d'ici deux ans le mariage homosexuel, qui sera soumis à référendum. La formulation protège "les unions de fait, sans les lier à un genre en particulier", estime la députée Mariela Castro, fille de Raul Castro et militante de longue date de la cause LGBT.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2019 à 2:45 :
Cuba, une ile paradisiaque transformee en enfer.
a écrit le 22/02/2019 à 11:58 :
Bah vu qu'il y a une affaire de gros sous derrière on sait comment ça va se passer, les cubains vont refuser mais les dirigeants politiques et économiques vont créer un nouveau texte qui pourra se passer du vote du peuple qui est franchement trop embêtant.

Ben oui nous aussi on est en dictature en UERSS hein, on sait comment ça se passe du coup c'est l'avantage.

"Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens !" Juncker

Courage amis cubains ! Vous avez pas fini de tomber de haut...

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