Entrée en Bourse d'Aramco : le royaume saoudien vise surtout l'épargne nationale

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(Crédits : Maxim Shemetov)
L'Arabie saoudite lancera le 17 novembre l'introduction en bourse d'Aramco le géant pétrolier valorisé 1200 à 1500 milliards de dollars. L'opération qui devrait s'achever le 5 décembre ne concerne que peu les investisseurs étrangers mais principalement l'épargne saoudienne.

Le géant pétrolier saoudien Aramco a fixé au 17 novembre le début des inscriptions à son offre publique d'achat (OPA) sur le marché financier de Ryad sans révéler le pourcentage du capital proposé à la vente, ni la fourchette des prix de l'action. Les investisseurs auront jusqu'au 4 décembre pour faire leurs propositions d'achat du titre de l'entreprise publique dans ce qui est considéré comme la plus grosse introduction en Bourse au monde. Ces dates ont été précisées dans un document épais de 658 pages publié tard samedi par la compagnie sur les conditions de son entrée, tant attendue et reportée, sur les marchés privés. Aramco, qui produit environ 10% du pétrole mondial, est considérée comme le joyau économique du royaume saoudien, premier exportateur mondial de brut, et le pilier de sa stabilité économique et sociale.

Dans le document, la firme indique qu'elle réservera une partie de ses actions aux investisseurs institutionnels, parmi lesquels des compagnies étrangères, et à des investisseurs individuels, ressortissants saoudiens et des pays du Golfe. Aramco précise qu'un maximum de 0,5% de ses parts ira à des investisseurs individuels et que le pourcentage réservé aux plus grands investisseurs sera déterminé plus tard après consultations avec ses conseillers financiers et ses principales banques internationales. La firme n'a pas dévoilé combien de parts seront vendues pour cette introduction en Bourse. L'opération devrait reposer sur une valorisation de l'entreprise estimée par des investisseurs entre 1.200 et 1.500 milliards de dollars.

Les offres s'étaleront du 17 novembre au 28 novembre pour les investisseurs individuels et jusqu'au 4 décembre pour les investisseurs institutionnels. Aramco déterminera une échelle de prix pour les actions le 17 novembre mais le prix final sera arrêté le 5 décembre, une journée après la fin des inscriptions. Le président d'Aramco, Yasir al-Rumayyan, a indiqué le 3 novembre que sa compagnie n'avait pas pour le moment aucun projet d'introduction boursière à l'étranger, écartant ainsi le scénario longtemps évoqué d'une opération en deux temps. "Pour la partie (internationale), nous vous le ferons savoir en temps utile. Jusqu'ici, ce n'est que sur Tadawul", le marché financier saoudien, a-t-il précisé à Dhahran, siège de la compagnie dans l'est saoudien.

L'introduction en Bourse d'Aramco constitue la pierre angulaire du plan de réformes du prince héritier Mohammed ben Salmane visant à générer des liquidités pour financer des projets d'envergure et développer les secteurs non pétroliers de l'économie.
Le gouvernement aurait fait pression sur de riches familles et des acteurs institutionnels pour participer à l'introduction en Bourse, une action présentée par certains comme un devoir patriotique.

Selon certains rapports, Aramco a également du mal à obtenir l'adhésion des investisseurs institutionnels dans un contexte de perspectives à la baisse pour le secteur de l'énergie et de doutes sur la transparence et la gouvernance de l'entreprise.
Risques géopolitiques Le fonds souverain norvégien, le plus gros au monde, n'a pas l'intention d'investir dans Aramco, a déclaré un responsable norvégien à l'AFP. Les investisseurs s'inquiètent aussi des risques géopolitiques qui pèsent sur le titre. L'annonce de l'introduction intervient quelques semaines après des attaques contre des installations majeures d'Aramco, sur fond de tensions avec l'Iran, rival régional du royaume et également pays membre de l'Opep. Ces attaques ont entraîné une réduction temporaire de la moitié de la production saoudienne.

Mais la Chine, premier importateur mondial de pétrole, pourrait placer dans l'opération jusqu'à 10 milliards de dollars par l'intermédiaire de fonds souverains et d'autres entreprises d'Etat, selon l'agence Bloomberg. De nombreux Saoudiens se disent également enthousiastes à l'idée d'acheter des actions du fleuron national, qui a fait de leur pays la première économie du monde arabe. En 2018, Aramco a réalisé un bénéfice net de 111,1 milliards de dollars. Au cours des neuf premiers mois de 2019, son bénéfice net a chuté de 18% pour s'établir à 68,2 milliards de dollars.

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Pétrole: l'Iran annonce avoir découvert un gisement majeur

Le président iranien Hassan Rohani a annoncé dimanche la découverte d'un immense gisement de pétrole susceptible d'augmenter d'un tiers les réserves prouvées de son pays. "Nous avons trouvé un gisement de pétrole avec (des réserves estimées à) 53 milliards de barils", a déclaré M. Rohani lors d'un discours à Yazd (centre) retransmis par la télévision d'Etat. "Le gisement s'étend de Bostan à Omidiyeh", deux villes de la province du Khouzestan, dans le sud-ouest de l'Iran, a ajouté M. Rohani, selon qui "sa surface est de 2.400 km2 et sa profondeur de 80 mètres." "C'est un petit cadeau du gouvernement au peuple d'Iran", a ajouté M. Rohani alors que l'économie du pays souffre de l'effet des sanctions économiques rétablies contre la République islamique par les Etats-Unis depuis août 2018. Selon la dernière édition du "Bilan statistique de l'énergie mondiale" publié chaque année par le groupe pétrolier britannique BP, l'Iran dispose des quatrièmes réserves prouvées de pétrole au monde, derrière le Venezuela, l'Arabie saoudite et le Canada, avec 155,6 milliards de barils.

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Commentaires
a écrit le 11/11/2019 à 18:32 :
Vendre aux saoudiens une entreprise qui leur appartient déjà...

Ne serait-il pas plus simple et direct de faire investir les particuliers riches dans les secteurs diversifiés et d'avenir, plutôt que de brader une entreprise hyper-stratégique à dieu sait qui?

N'oublions pas néanmoins que 20% de la population locale vit sous le seuil de pauvreté et n'investira dans rien, sauf peut être le wahabisme et le jihad.
a écrit le 11/11/2019 à 8:54 :
Normal il vaut mieux que ce soit les citoyens d'un pays qui possède cette multinationale afin de ne pas en perdre le contrôle les citoyens ayant des priorités que les actionnaires n'ont pas.

Fais ce que je dis mais pas ce que je fais !

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