États-Unis : la Fed met en garde sur une éventuelle nouvelle hausse de ses taux

Une gouverneure de la banque centrale américaine (Fed) a estimé qu'une nouvelle hausse des taux pourrait être nécessaire pour juguler l'inflation, si celle-ci ne ralentit pas assez au cours des prochains mois. Une mise en garde nécessaire puisque les marchés considèrent probable à 90% que l’institution monétaire ne remontera plus ses taux dans l'actuel cycle de resserrement.
L'inflation s'est établie à 3,4% en rythme annualisé en septembre, selon l'indice PCE, privilégié par la Fed.
L'inflation s'est établie à 3,4% en rythme annualisé en septembre, selon l'indice PCE, privilégié par la Fed. (Crédits : Jason Reed)

Malgré la décision la semaine dernière de la Banque centrale américaine (Fed) de maintenir ses taux à leur niveau actuel - entre 5,25 à 5,50% et ce depuis juillet - un prochain tour de vis n'est pas à exclure.

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« Je m'attends toujours à ce que nous devions relever encore les taux pour ramener l'inflation à notre objectif de 2% », a prévenu ce mardi 7 novembre Michelle Bowman, membre du conseil des gouverneurs de la Fed, lors d'une conférence devant des banquiers à Columbus (Ohio).

Elle s'est ainsi dite « prête à soutenir » cette option « lors d'une prochaine réunion si les données disponibles indiquent que les progrès en matière d'inflation sont au point mort ou sont insuffisants pour ramener l'inflation à 2% ».

Prudence de mise

L'inflation s'est établie à 3,4% en rythme annualisé en septembre, selon l'indice PCE, privilégié par la Fed. Si elle s'est stabilisée par rapport au mois précédent, elle a nettement diminué par rapport au pic de 9,1% sur un an qui avait été enregistré en juin 2022. Mais pas de quoi crier victoire trop vite.

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« Nous avons constaté des progrès considérables dans la réduction de l'inflation, mais celle-ci reste élevée et les chiffres récents sont inégaux », a souligné la gouverneure de la Fed. D'où la décision d'une pause dans la hausse des taux, et non pas d'une baisse. Michelle Bowman a d'ailleurs indiqué avoir « soutenu » cette décision et juge que le taux « semble restrictif », c'est-à-dire qu'il ralentit l'activité économique.

Elle a également mis en garde contre « un risque persistant que l'inflation des services reste persistante », et que « la hausse des prix de l'énergie annule certains progrès réalisés dans la réduction de l'inflation ». D'autant plus, a-t-elle précisé, que « les conditions financières se sont durcies depuis septembre », soulignant qu' « une partie de ce resserrement s'est produite grâce aux rendements obligataires à long terme », qui ont fortement monté.

« Nous ne connaissons pas encore les effets du resserrement des conditions financières sur l'activité économique et l'inflation », a encore indiqué Michelle Bowman, faisant également état d' « un niveau d'incertitude inhabituellement élevé ».

Les responsables de la Fed multiplient les mises en garde

Cette mise en garde de la gouverneure de la Fed apparaît nécessaire. En effet, les marchés estiment à 90% la probabilité que la Fed ne remontera plus ses taux dans l'actuel cycle de resserrement, selon le site spécialisé CME FedWatch Tool.

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Michelle Bowman n'est d'ailleurs pas la seule à porter ce message. Une autre responsable de la Fed, Lorie Logan, présidente de l'antenne de Dallas, a estimé ce mardi également qu'en raison de la résilience de l'économie, « nous allons continuer à avoir besoin de conditions financières strictes pour ramener l'inflation à 2% ». Son homologue de Chicago, Austan Goolsbee, a lui estimé sur la chaîne CNBC que « la priorité ne doit pas être accordée à la croissance du PIB ou à la croissance de l'emploi », mais au « taux d'inflation ». Néanmoins, « il existe la possibilité de suivre ce que j'appelle la voie dorée, selon laquelle nous pourrions faire baisser l'inflation sans récession », a-t-il estimé.

La Fed n'est d'ailleurs pas la seule à avoir opté pour le statu quo. La BCE a aussi maintenu ses taux quelques jours avant la décision de son homologue américaine, de même pour la Banque d'Angleterre quelques jours plus tard. Et la prudence est aussi actuellement de mise du côté de l'institution européenne. « Nous ne pouvons pas fermer la porte à de nouvelles hausses de taux », a ainsi averti Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, la semaine dernière.

L'économie américaine étonnamment vigoureuse

La prochaine réunion de la Fed est prévue les 12 et 13 décembre. Elle sera assortie d'une actualisation des prévisions économiques.

Reste qu'aux États-Unis, les données économiques montrent une économie bien plus vigoureuse qu'attendu. La croissance s'est envolée au troisième trimestre, multipliée par deux, pour atteindre 4,9% en rythme annuel. En parallèle, le chômage reste bas, à 3,8% en septembre. Surtout, le manque de main d'œuvre dans divers secteurs clés est un véritable problème qui soutient l'inflation. Cette pénurie importante dure depuis plus de deux ans, ce qui a fait flamber les salaires, contribuant de fait à l'inflation.

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Néanmoins, « l'offre et la demande sur le marché du travail pourraient être en train de mieux s'équilibrer », selon Michelle Bowman. Le marché du travail a vu récemment un afflux de nouveaux travailleurs, « à la fois du fait de la (hausse de la) participation au marché du travail et de l'immigration », a détaillé la semaine dernière le président de la Fed, Jerome Powell. Cet apport de main d'œuvre représente « un gain important », et « aide réellement l'économie. Cela explique en partie pourquoi le PIB est si élevé », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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Commentaires 2
à écrit le 08/11/2023 à 11:32
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Ce n'est pas une question qui porte uniquement sur le fait à vouloir juguler l'inflation galopante, mais également une autre qui consiste à tordre le cou à l'exubérance irrationnelle ambiante. Ça finira mal, même si la Fed cherche à gagner du temps à...

à écrit le 08/11/2023 à 10:18
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LOL !

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