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Gaza : l'aide humanitaire commence à passer depuis l’Egypte

latribune.fr

Publié le 21 octobre 2023 à 08:08 - Mis à jour le 21 octobre 2023 à 14:07

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IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Des camions avec de l'aide humanitaire sont entrés à Gaza par le point de passage de Rafah depuis l'Egypte voisine de l’enclave, selon des images en direct diffusées samedi par la télévision égyptienne. Ces ressources sont désespérément attendues par ses habitants qui manquent de tout. Par ailleurs, les efforts diplomatiques s'intensifient pour tenter d'éviter un embrasement régional. L'Egypte, grande puissance régionale et premier pays arabe à avoir reconnu l'Etat d'Israël, accueille samedi au Caire un « sommet pour la paix ».

[Article mis à jour le 21/10/2023 à 16:05]

Alors que le conflit entre dans sa troisième semaine, c'est une aide désespérément attendue par les Gazaouis, dont le territoire reste pilonné sans relâche par Israël, qui s'est juré d' « anéantir » le mouvement islamiste palestinien Hamas. Samedi, des camions d'aide humanitaire ont commencé à traverser le terminal de Rafah côté égyptien, vers l'enclave palestinienne de Gaza, ont rapporté une source de sécurité et un responsable du Croissant-Rouge égyptien à l'Agence France-Presse (AFP), mais aussi des images diffusées en direct par la télévision égyptienne.

En effet, cette dernière a montré plusieurs camions traverser l'immense porte du poste-frontière au 15e jour de guerre entre Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza, alors que des tonnes d'aide s'entassent depuis des jours dans l'attente d'un passage. Et pour cause, l'eau et la nourriture manquent pour les 2,4 millions d'habitants de Gaza, privés aussi d'électricité, après le siège imposé par Israël depuis le 9 octobre à l'enclave, déjà soumise à un blocus terrestre, maritime et aérien depuis que le Hamas y a pris le pouvoir en 2007. Cette aide doit faire la différence « entre la vie et la mort », a souligné vendredi à Rafah le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.

20 camions transitant via le terminal de Rafah

L'aide est sortie d'Egypte à bord de 20 camions via le terminal de Rafah, la seule porte de Gaza qui ne soit pas aux mains d'Israël. Cinq premiers semi-remorques ont pénétré en fin de matinée en territoire palestinien, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Selon les médias égyptiens, l'aide alimentaire et médicale livrée n'inclut cependant pas de carburant, pourtant vital pour le territoire palestinien où s'entassent quelque 2,4 millions d'habitants. En outre, c

e « premier convoi ne doit pas être le dernier », a immédiatement réagi l'ONU, appelant à un « effort durable pour fournir des biens essentiels », et notamment « du carburant » aux Gazaouis, « de façon sécurisée, inconditionnelle et sans obstacle ». Celui-ci constitue néanmoins « un premier pas important pour alléger la souffrance d'innocents », a salué samedi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Mais l'entrée de 20 camions convenue entre Le Caire et Washington n'est qu'une « goutte d'eau dans l'océan des besoins », avait mis en garde à Genève Michael Ryan, le directeur des urgences de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Pour l'ONU, il faudrait au moins 100 camions par jour.

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Dans la journée, les Etats-Unis ont exhorté toutes les parties prenantes au conflit israélo-palestinien et à la guerre entre l'Etat hébreu et le Hamas à laisser ouvert le poste-frontière de Rafah, après l'entrée du premier convoi humanitaire dans la bande de Gaza en provenance d'Egypte.

« Nous pressons toutes les parties de laisser le point de passage de Rafah ouvert pour que soit acheminée de manière continue une aide indispensable au bien-être de la population de Gaza », a déclaré dans un communiqué le secrétaire d'Etat Antony Blinken qui est revenu d'une tournée régionale au Proche-Orient et alors que le président Joe Biden était à Tel-Aviv mercredi.

Cette aide ne pouvait pas arriver avant en raison de travaux à faire sur la route, détruite par les bombardements israéliens. 

Plus d'une centaine de camions chargés de tonnes d'aide internationale sont ainsi massés depuis des jours entre l'Egypte et Gaza. 

Par ailleurs, l'ambassade a mis en garde contre « l'environnement potentiellement chaotique » que pourrait créer cette ouverture, avec une ruée vers l'Egypte des binationaux fuyant Gaza et les premières livraisons d'aide.

Feu vert d'Israël pour aider les civils, mais sans transiter par son territoire

Plus tôt, le président américain Joe Biden avait dit avoir obtenu l'accord du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. En effet, le locataire de la Maison Blanche n'avait pas fait qu'apporter son soutien à Israël lors de sa visite éclair à Tel-Aviv. Il a aussi affirmé avoir obtenu du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de « laisser jusqu'à 20 camions traverser » au passage de Rafah, le seul qui ne soit pas contrôlé par Israël.

Comme nous l'écrivions jeudi, le porte-parole de la présidence égyptienne avait confirmé qu'Abdel Fattah al-Sissi et Joe Biden s'étaient mis d'accord « sur l'acheminement de l'aide humanitaire vers la bande de Gaza via le terminal de Rafah, de manière durable ». Auparavant, le président américain avait assuré qu'Israël avait donné son feu vert, autorisant l'entrée d'aide via Rafah à condition qu'elle n'arrive qu'aux « civils ».

«Israël n'empêchera pas l'aide humanitaire depuis l'Egypte tant qu'il s'agit de nourriture, d'eau et de médicaments pour la population civile dans le sud de la bande de Gaza», avait confirmé le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.

Le président américain a aussi averti Israël de ne pas faire les « erreurs » américaines d'après le 11-Septembre. « Ce qui nous distingue des terroristes est que nous croyons en la dignité fondamentale de chaque vie humaine », a déclaré Joe Biden. Si cela n'est pas respecté, « alors les terroristes gagnent ».

Cependant, Israël a posé une condition : cette aide ne transitera pas par son territoire tant que les otages détenus par le Hamas ne seront pas libérés. Le mouvement palestinien affirme détenir entre 200 et 250 otages, au moins 199, selon Israël. Par ailleurs, les Etats-Unis ont mis leur veto mercredi à une résolution du Conseil de sécurité qui appelait à une « pause humanitaire », Washington reprochant au texte de ne pas mentionner le « droit d'Israël à se défendre ». A Pékin, le président chinois Xi Jinping a déclaré de son côté au Premier ministre égyptien que son pays souhaitait « travailler avec l'Egypte afin d'apporter plus de certitude et de stabilité à la région et au monde ».

Des premiers otages relâchés

Plus de 1.400 personnes ont été tuées sur le territoire israélien par les hommes du Hamas depuis le 7 octobre, en majorité des civils fauchés par balles, brûlés vifs ou morts de mutilations au premier jour de l'attaque des combattants menée à partir de Gaza, selon les autorités israéliennes. Environ 1.500 combattants du Hamas ont été tués dans la contre-offensive ayant permis à Israël de reprendre le contrôle des zones attaquées, a affirmé l'armée israélienne.

Par ailleurs, dans la bande de Gaza, 4.137 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans les bombardements incessants menés en représailles par l'armée israélienne, selon le ministère de la Santé du Hamas à Gaza.

Le Croissant Rouge palestinien a fait état d'une menace de bombardement israélien contre l'hôpital Al-Quds, dans le nord de la bande de Gaza, mais s'est déclaré « incapable » d'évacuer l'établissement qui héberge quelque 500 patients dans la zone de l'enclave la plus durement frappée par l'armée israélienne. Une personne a par ailleurs été tuée dans la nuit dans des heurts avec l'armée israélienne près de Jéricho, portant à 84 le nombre de morts palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé.

Vendredi, deux premiers otages, une mère et sa fille américaines, Judith et Natalie Raanan, ont été relâchées après une médiation du Qatar, réputé proche du Hamas. le Hamas détient encore plus de 200 otages.

« Sommet pour la paix »

Les efforts diplomatiques s'intensifient aussi pour tenter d'éviter un embrasement régional. L'Egypte, grande puissance régionale et premier pays arabe à avoir reconnu l'Etat d'Israël, accueille samedi au Caire un « sommet pour la paix ». Dans ce contexte, des dirigeants du monde ont réclamé samedi un « cessez-le-feu » entre Israël et le Hamas, plaidant pour une aide « massive »à Gaza et une « solution »définitive à 75 ans de conflit israélo-palestinien.

Le patron de l'ONU participera au sommet, ainsi que les dirigeants européens Charles Michel et Josep Borrell au côté notamment du roi de Jordanie Abdallah II, du président de l'Autorité palestinien Mahmoud Abbas et de nombreux chefs de diplomatie, mais sans dirigeant américain.

Le président américain, Joe Biden, a estimé vendredi que le Hamas avait déclenché la guerre pour torpiller le rapprochement entre Israël et l'Arabie saoudite, poids lourd du Moyen-Orient. Ryad a annoncé le 14 octobre qu'il suspendait les négociations sur cette possible normalisation.

La colère gronde dans les pays arabes et musulmans, où des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi en solidarité avec les Palestiniens. En réaction, Israël a appelé samedi ses citoyens se trouvant en Egypte et en Jordanie à les quitter « le plus rapidement possible » en raison d'une « aggravation des manifestations contre Israël ».

« Deuxième Nakba (catastrophe) »

La tension en Cisjordanie occupée a aussi fait une nouvelle victime, tuée dans la nuit dans des heurts avec l'armée israélienne près de Jéricho, portant à 84 le nombre de morts palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre, selon le ministère palestinien de la Santé.

Alors qu'Israël a massé des troupes autour de Gaza en vue d'une offensive terrestre, son ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déroulé vendredi le scénario des opérations. Après la « campagne militaire » de frappes aériennes et « plus tard des manœuvres ayant pour objectif de neutraliser les terroristes et infrastructures du Hamas », il y aura des « opérations à basse intensité pour éliminer les dernières poches de résistance », a-t-il affirmé.

A terme, Israël envisage parmi les scénarios possibles de « remettre les clés » de la bande de Gaza à une partie tierce qui pourrait être l'Egypte, sans aucune garantie que Le Caire accepte ce scénario repoussé depuis des décennies, a affirmé une source au ministère des Affaires étrangères israélien à l'AFP.

« J'ai peur que les destructions actuelles suivent un plan clair, que les gens ne trouvent pas d'endroit où vivre et que cela provoque une deuxième Nakba (catastrophe en arabe) », s'inquiète à Gaza Omar Ashour, un général à la retraite, en référence à l'expulsion d'environ 760.000 Palestiniens à la création d'Israël.

Au moins un million de Gazaouis ont été déplacés, d'après l'ONU.

« Pourquoi nous bombarder, nous, civils? Où irons-nous? Tout est parti », s'interroge Rami Abou Wazna, dans les décombres de la ville d'Al-Zahra à Gaza. « Mais nous ne quitterons pas notre terre », ajoute-t-il.

Frappes au Liban

Les Etats-Unis ont déployé deux porte-avions en Méditerranée orientale pour dissuader l'Iran ou le Hezbollah libanais, deux alliés du Hamas, de s'impliquer dans le conflit.

Samedi à l'aube, l'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes aériennes contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban, en riposte à des tirs de roquettes et de missiles antichar en direction d'Israël. Selon la radio militaire, un soldat israélien a par ailleurs été tué vendredi dans un échange de tirs à la frontière libanaise.

Dans cette région du nord d'Israël, les soldats sont déployés en masse. Interrogé par l'AFP à la gare routière, un appelé réserviste, qui a requis l'anonymat, se dit « prêt à en découdre » car « les Juifs n'ont pas d'autre pays ».

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Une soirée prévue à l'Assemblée pour appeler à la libération des otages

En France, une soirée, en présence notamment de plusieurs ministres et personnalités politiques de tous bords, se tiendra mardi à l'Assemblée afin d'appeler à la « libération des otages » détenus par le Hamas depuis les attaques contre Israël, a annoncé samedi Radio J, organisateur de l'événement.

Cette soirée de « mobilisation contre le terrorisme, pour la libération des otages du Hamas et pour la paix » doit se dérouler en salle Colbert à l'Assemblée nationale.

Sont attendus, selon la radio communautaire juive, l'ancien président François Hollande, les ministres actuels Éric Dupond-Moretti, Olivier Véran, Sabrina Agresti-Roubache, Gabriel Attal, mais également l'ex Premier ministre Bernard Cazeneuve, les patrons de LR et du PS Eric Ciotti et Olivier Faure, ainsi que plusieurs présidents de groupe à l'Assemblée, comme l'écologiste Cyrielle Chatelain.

Des membres de la communauté juive, ou de familles d'otages et de victimes des attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, sont également annoncés.

Au total, sept ressortissants français sont portés disparus. Un seul, la jeune Mia Shem, a le statut d'otage. « Pour les six autres il y a une présomption de prise en otage mais sans certitude », a précisé vendredi soir Emmanuel Macron, se disant "confiant" dans les canaux activés pour obtenir leur libération.

Le chef de l'Etat s'est dit néanmoins « inquiet pour plusieurs d'entre eux » car des Français portés disparus continuent à être identifiés parmi les restes humains des 1.400 victimes tuées.

A ce stade, 30 Français sont morts  lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre.

Dans ce cadre, le journaliste de Radio J Frédéric Haziza souligne qu'un appel en faveur de leur libération immédiate et sans condition soit lancé depuis l'Assemblée est un symbole fort. Une initiative qui pourrait d'ailleurs être reprise par les autres pays dont des ressortissants sont aux mains du Hamas, soit environ 200 otages.

(Avec l'AFP et Reuters)

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