Israël : l'envol des alyas
Nathalie Hamou, correspondante à Tel-Aviv
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Des Français à leur arrivée à Tel-Aviv, le 25 octobre 2023.
© LTD / MINISTÈRE DE L’ALYA ET DE L’INTÉGRATION
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Des Français à leur arrivée à Tel-Aviv, le 25 octobre 2023.
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Songer à partir, malgré le risque de rejoindre un pays en guerre. Paradoxalement, un tel projet de vie redevient davantage d'actualité depuis le 7 octobre et la résurgence des actes antisémites. Pour les Français juifs, mais aussi, et de façon sans doute plus inédite, pour leurs coreligionnaires américains. Citant les chiffres de l'Agence juive, le ministère de l'Alya (« la montée » vers Israël) et de l'Intégration a annoncé le mois dernier une augmentation de 100 % des ouvertures de dossier d'émigration en provenance des États-Unis et de 150 % émanant du Canada au dernier trimestre 2023. Une progression qui s'élève à 300 % pour l'Hexagone.
Certes, ces dossiers ne sont pas encore synonymes de déménagements. Pour l'heure, seuls 7 000 nouveaux immigrants (tous pays confondus, mais des Russes en majorité) ont franchi le pas, dans la foulée des attaques du Hamas. Parmi eux, certains cherchent à s'enrôler dans l'armée israélienne, d'autres veulent rejoindre des proches de soldats tombés au combat. Mais pour Arié Abitbol, directeur de l'Ofek, une société gouvernementale chargée de la promotion de l'alya à travers le monde, qui dépend du ministère de l'Alya et de l'Intégration, certains signes ne trompent pas.
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Livrant sa lecture des chiffres, cet ancien directeur régional pour la France, la Belgique et la Suisse de l'Agence juive, estime que la vraie « révolution » concerne les États-Unis. « L'antisémitisme sociétal commence à arriver outre-Atlantique, confie-t-il. Le 7 octobre a éveillé une haine, qui a atteint un point de non-retour. Cela rebat les cartes, à l'instar de ce qui s'est produit pour la France lors de la seconde Intifada [2000-2005]. Les parents américains ont peur d'envoyer leurs enfants à l'université. » Une allusion à la multiplication des incidents antisémites ces derniers mois sur les campus américains, tels Columbia et Berkeley.
Nathalie Hamou, correspondante à Tel-Aviv