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L'Argentine en passe de créer un impôt pour s'acquitter d'une condamnation en justice

latribune.fr

Publié le 27 décembre 2023 à 09:18 - Mis à jour le 27 décembre 2023 à 09:18

« Il y a un problème, parce que l'argent, nous ne l'avons pas », a déclaré Javier Milei, ce mercredi.

« Il y a un problème, parce que l'argent, nous ne l'avons pas », a déclaré Javier Milei, ce mercredi.

© Raël Ferrari via Ulan/Pool/Lat via Reuters

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Le nouveau président Javier Milei pourrait créer une nouvelle taxe afin de payer les 16,1 milliards d'euros de dommages-intérêts que le pays doit à des actionnaires du pétrolier YPF nationalisé en 2012 suite à une condamnation par un tribunal de New-York en septembre. L'Argentine, en pleine crise, ne dispose pas d'une telle somme selon le gouvernement.

Lever un impôt pour s'acquitter d'une condamnation par la justice. Voilà une action peu commune qui pourrait pourtant bien être mise en place par le gouvernement argentin.

Le pays est en effet dans une situation compliquée suite à sa condamnation en septembre par une juge de New York à verser 16,1 milliards de dollars de dommages-intérêts à Petersen Energia et Eton Park Capital, qui détenaient à eux deux un quart du capital d'YPF et s'estiment lésés par la nationalisation du géant pétrolier en 2012. Si l'Argentine a fait appel, la juge, Loretta Preska, a tout de même ordonné au pays de verser cette très importante somme en tant que consignation d'ici le 10 janvier.

Cette décision met le gouvernement argentin au pied du mur. Et pour cause, si la justice a autorisé l'Etat argentin à utiliser ses participations dans YPF pour payer cette caution, le pays ne dispose toujours pas des liquidités suffisantes.

«Il y a un problème, parce que l'argent, nous ne l'avons pas», a déclaré le nouveau président ultralibéral argentin Javier Milei, ce mercredi, lors d'un entretien avec la chaîne La Nacion+. «Mais oui nous avons la volonté de payer», a-t-il ajouté.

Un ancien ministre de l'Économie pointé du doigt

Face à une échéance qui se rapproche,

après le rejet de la prolongation de 30 jours demandée par l'Argentine,

 le gouvernement étudie donc la création d'une nouvelle taxe que Javier Milei envisage d'appeler « taxe Kicillof », du nom du ministre de l'

É

conomie de la présidente Cristina Kirchner, Axel Kicillof, responsable de la privatisation d'YPF en 2012.

Lire aussiInflation, déficit, récession : les défis de Javier Milei, nouveau président ultralibéral de l'Argentine

Ce nom a été choisi pour que «les Argentins se rappellent chaque jour l'horreur commise par Kicillof et que, chaque jour, nous devons verser une certaine somme d'argent pour payer l'erreur d'un garçon dont la perspective idéologique a nui aux 46 millions d'Argentins», a expliqué le président en interview.

Pour rappel, YPF, ex-filiale du groupe espagnol Repsol, a été nationalisée en grande partie en mai 2012 sous la présidence de Cristina Kirchner (2007-2015), soulevant la question à l'époque de la sécurité des investissements financiers dans la troisième économie d'Amérique du Sud. En 2014, Repsol avait conclu avec Buenos Aires un accord lui « garantissant » une compensation financière d'environ cinq milliards de dollars.

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L'affaire a cependant été portée en 2015 devant la justice fédérale américaine par le cabinet spécialisé dans les rachats de litiges Burford Capital, représentant les actionnaires d'YPF Petersen Energia Inversora et Eton Park Capital Management. Et pour cause, ces actionnaires minoritaires n'ont pas reçu de dédommagement, contrairement à Repsol, et ont donc porté plainte en alléguant que le pays n'avait pas déposé d'offre publique d'acquisition comme le prévoit la loi.

Une condamnation qui implique directement l'ex-ministre de l'

É

conomie, ce que n'a pas manqué de rappeler Javier Milei. Cette taxe va servir « à payer les méfaits d'un amateur, car même s'il est médecin de l'UBA, il semble qu'il n'ait pas étudié ces matières. C'est quelqu'un qui n'est pas très clair sur le fonctionnement des finances, et encore moins sur les marchés », a taclé le président nouvellement élu.

Un programme économique ultralibéral

Cette condamnation tombe à un très mauvais moment pour l'Argentine. Le pays fait en effet face à une inflation de 160% (et même attendue à 185% en décembre) tandis que sa monnaie locale ne vaut plus rien (800 pesos pour 1 dollar), et que 40% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Pour améliorer la situation, le président qui se déclare « libertarien » a promis une « thérapie de choc ». Le 21 décembre, ce dernier a notamment signé un décret d'urgence destiné à modifier ou abroger plus de 300 normes dont celles sur les loyers, les privatisations et le droit du travail.

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Parmi les mesures annoncées figure l'abrogation de la loi encadrant les loyers « pour que le marché immobilier recommence à fonctionner sans problème », a expliqué le président, élu en novembre et qui a pris ses fonctions le 10 décembre. Doivent également être abrogées les lois empêchant la privatisation d'entreprises publiques comme la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas ou le groupe pétrolier YPF. Les sociétés publiques seront toutes transformées en sociétés anonymes en vue de leur privatisation. Le chef de l'Etat a aussi annoncé une « modernisation du droit du travail » pour créer plus d'emplois, la modification de la loi sur les sociétés pour que les clubs de football puissent se transformer en sociétés anonymes, et une longue série d'autres mesures de dérégulation dans les secteurs du tourisme, de la santé, d'internet, du transport aérien, de la pharmacie, de la viticulture ou encore du commerce.

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Le Parlement convoqué en session extraordinaire le 23 décembre dispose de dix jours après la publication au Journal officiel pour approuver ou rejeter le décret dans sa totalité sans pouvoir ouvrir la discussion sur les détails de son contenu, selon la réglementation relative au traitement des décrets d'urgence.

(Avec AFP)

latribune.fr

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