L'Argentine se rend aux urnes dimanche

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La présidente Cristina Fernandez de Kirchner quittera la maison rose
La présidente Cristina Fernandez de Kirchner quittera la maison rose (Crédits : © Enrique Marcarian / Reuters)
Le candidat de la présidente Kirchner, Daniel Scioli, espère pouvoir être élu au premier tour. En cas de ballotage, le retour du centre-droit au pouvoir n'est pas exclu.

Ce dimanche 25 octobre sera une journée importante pour l'Argentine. A 17 heures, les Pumas, l'équipe nationale de rugby, joue une demi-finale de Coupe du Monde historique à Londres contre l'Australie. Mais les Argentins devront également se rendre aux urnes pour élire, après huit ans de règne de la « reine Cristina », un successeur à Cristina Kirchner à la « Casa Rosada », la maison rose, le siège de la présidence du pays. Avec à la clé une seule question : le candidat adoubé par la présidente sortante, Daniel Scioli, sera-t-il en mesure d'être élu dès le premier tour ? Car s'il faut en passer par un ballotage, le pays pourrait en effet connaître sa première alternance depuis l'élection de Nestor Kirchner, feu l'époux de Cristina, en mai 2003.

Victoire au premier tour ou ballotage ?

Selon la Constitution argentine, en effet, on peut être élu au premier tour dans deux cas : obtenir plus de 45 % des suffrages exprimés ou obtenir 40 % des suffrages exprimés avec une avance de dix points sur son principal concurrent. Daniel Scioli ne semble pas en mesure de remplir, comme Cristina Kirchner en 2011, la première condition. Mais il existe un doute quant à la seconde. Les sondages, en effet, attribuent entre 38 % et 42 % au candidat du « Front pour la Victoire » (FpV), le parti kirchnériste. Son adversaire principal, Mauricio Macri, candidat de la coalition de centre-droit « Cambiemos » (Changeons) est, lui, donné entre 28 et 29 %. Le troisième larron, le dissident péroniste Sergio Massa, ancien proche de Cristina Kirchner devenu opposant, est donné entre 21 % et 23 %.

La barre des 40 % : rêve de Daniel Scioli

L'enjeu d'une victoire au premier tour est donc essentiel pour Daniel Scioli, car en cas de second tour, il pourrait avoir à faire face à une alliance de ses deux adversaires qui, potentiellement, cumuleraient plus de dix points de plus que lui. C'est dire si ces 40 % représentent une obsession pour les Péronistes au pouvoir. Lors des primaires ouvertes et obligatoires (paso) d'août dernier, qui permettent de déterminer les candidats de chaque parti et d'éliminer les petites formations, Daniel Scioli avait obtenu 38,67 % des voix, mais il était le seul candidat du FPV, ce qui limitait naturellement l'intérêt de voter pour lui. Mauricio Macri avait glané, quant à lui, 24,5 % des voix, mais Cambiemos avait mobilisé en tout 30,12 % des suffrages exprimés. Sergio Massa avait, quant à lui, obtenu 14,4 %, son parti mobilisant en tout 20,57 % des suffrages.

La situation économique

Après la crise de 2001-2002, l'Argentine a connu une forte croissance, une des plus importantes d'Amérique latine, dans les années 2000. Mais depuis deux ans, le pays est frappé de plein fouet par la baisse du prix des matières premières, notamment celui du soja, son premier produit exporté. Depuis quelques mois, c'est la récession qui frappe son principal client, le Brésil, qui pèse sur la conjoncture. Le gouvernement de Buenos Aires a cependant réduit l'impact de cette crise en soutenant la demande intérieure par l'usage du déficit public financé par la banque centrale. Un contrôle des capitaux  et un cours officiel du peso ont été mis en place. Après une fin d'année 2014 difficile, la situation tend à se stabiliser : l'inflation sur un an est passée de 24 % en décembre à 14 % en septembre. La croissance reste cependant trop faible pour un pays émergent, mais elle a été meilleure qu'attendu : 0,7 % au premier trimestre et 0,5 % au deuxième.

Le conflit avec les fonds internationaux

Le pays souffre cependant d'un manque d'investissements privés qui s'expliquent par le contrôle des capitaux et le conflit sur la dette. La décision d'un tribunal new-yorkais à l'automne 2013 de donner raison aux 7 % de créanciers qui, en 2001, avait refusé la restructuration de la dette argentine a contraint Buenos Aires  à ne pas pouvoir honorer ses engagements auprès des autres créanciers en juillet 2014. Le prochain président devra sans doute chercher un compromis pour permettre à l'Argentine de retrouver une place sur les marchés internationaux et attirer à nouveau les investisseurs.

Soutien populaire à la présidente sortante

Si les classes moyennes sont touchées par le contrôle des capitaux et les grands fermiers par la crise, une grande partie de la population demeure attachée à la politique kirchnériste et Cristina Kirchner reste très populaire, malgré l'inflation encore forte. La politique de la présidente sortante est perçue à la fois comme une « protection » pour les classes les plus fragiles de la population, qui conservent un souvenir horrifié des « réformes » libérales des années 1990 et de la crise de 2001. Quant à la position dure contre les fonds, elle est soutenue par une grande partie de la population.

Changements en vue

Reste que le prochain président devrait faire évoluer la politique économique argentine. Même Daniel Scioli promet des changements « dans la continuité. » Il pourrait ainsi faire évaoluer le taux officiel du peso, très éloigné du taux réel. Certains observateurs estiment même qu'il pourrait ouvrir le dialogue avec les fonds. En cas de victoire de Mauricio Macri, le changement devrait être plus tranché : il promet de lever les protections sur les importations agricoles et est le champion des marchés internationaux.

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Commentaires
a écrit le 24/10/2015 à 23:41 :
Comment le peuple argentin peux t il voter pour un pantin des Kirchner.Le péronisme à conduit l' Argentine à une situation économique catastrophique alors que ce pays devait être un des plus riche au monde .Je m'interroge sur l' intérêt du vote soit disant démocratique quand on voit la situation politique de la Bolivie,l'Equateur ,le Venezuela .
a écrit le 24/10/2015 à 14:15 :
J'adore l'Argentine mais je crois que la corruption y atteint des records ... La clique Kirchner et compagnie a tout ficelé ... Gérer un pays sur des idéaux marxistes n'a apporté que des déficits structuraux : routes, hôpitaux , trains , voies ferrés , système judiciaire .. Tout est en vrille
a écrit le 24/10/2015 à 13:24 :
Espérons que le pays trouvera en Macri une nouvelle stabilité pour échapper au gang de la présidente actuelle qui l'a dégradé à un point que l'on n'imaginait même pas.
Réponse de le 25/10/2015 à 8:48 :
Macri est malheureusement aussi corrompu que les autres. Ce n'est pas parce qu'il se présente sous une étiquette droite qu'il ne sort pas du même moule péroniste qui est une catastrophe pour le pays.
C'est bien triste, car j'adore ce pays où j'ai travaillé et où je conserve plein d'amis.
Scioli serait d'après mes amis un peu moins pire que la présidente actuelle qui maintenant après son passage au pouvoir a assuré ses arrières dans la province de Santa Cruz avec des tas d'intérêts économiques notamment à El Calafate.
a écrit le 24/10/2015 à 11:44 :
tout le monde connait le resultat des urnes, l'election est inutile, sauf pour la mascarade!!!!
pour le reste l'inflation est passee de 24 a 14%?
ca c'est les chiffres officiels
les chiffres officieux c'etait 40% plutot que 24... quant a la baisse, ca me rappelle celui qui explique depuis 2012 que ' la croissance est de nouveau la et l'emploi repart'
d'autant qu'avec un deficit ' finance par la banque centrale', tout le monde a compris ce que ca voulait dire, ce qui n'empechera personne de publier une inflation officielle a 2% l'an prochain....

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