L'armée israélienne est entrée sur le sol du Liban
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Pour rappel, le bilan des frappes israéliennes de lundi au Liban est de 95 morts, selon le ministère de la Santé du pays.
Assaker Paul/TNS/ABACA via Reuters Connect
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Pour rappel, le bilan des frappes israéliennes de lundi au Liban est de 95 morts, selon le ministère de la Santé du pays.
Assaker Paul/TNS/ABACA via Reuters Connect
[Article publié mardi 1er octobre 2024 à 8h06, mis à jour à 14h20] Nouvelle étape dans le conflit. Israël a indiqué avoir lancé des opérations terrestres « limitées » dans le sud du Liban. Des troupes au sol de l'armée israélienne auraient en effet traversé la frontière pour combattre le Hezbollah dans des villages de la zone, et ce, malgré les appels internationaux à la désescalade.
L'armée israélienne a précisé dans un communiqué que ces opérations terrestres qui ont débuté lundi soir étaient « limitées, localisées et ciblées » contre des « cibles et des infrastructures terroristes » du Hezbollah. L'armée n'a toutefois pas précisé le nombre de soldats impliqués dans cette incursion.
Pourtant, l'armée libanaise a indiqué ce mardi ne pas avoir constaté d'incursion terrestre israélienne en territoire libanais, a indiqué une source militaire à l'AFP. « Nous n'avons observé aucune incursion des forces ennemies sur le territoire libanais », a déclaré la source, après un constat similaire de la Force Intérimaire des Nations unies (Finul) déployée le long de la Ligne bleue qui marque la frontière entre Israël et le Liban.
Après le coup dévastateur infligé au groupe armé chiite avec l'assassinat de son chef Hassan Nasrallah vendredi dernier, dans une frappe israélienne près de Beyrouth, les dirigeants israéliens avaient averti que la guerre n'était pas finie contre le mouvement pro-iranien, ennemi d'Israël. L'armée israélienne mène ainsi depuis plusieurs jours des bombardements intenses et meurtriers sur le Liban.
Selon un responsable libanais de la sécurité, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, Israël a lancé au moins six nouvelles frappes sur le sud de Beyrouth au cours de la nuit, après que l'armée israélienne eut ordonné aux habitants d'évacuer les lieux. Pour rappel, le bilan des frappes israéliennes de lundi au Liban a fait état de 95 morts, selon le ministère de la Santé.
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Les forces armées israéliennes « opèrent selon un plan méthodique (...) pour lequel les soldats de la Défense civile se sont entraînés et préparés ces derniers mois », a expliqué l'armée, en précisant que l'aviation et l'artillerie appuyaient les forces terrestres par des frappes précises.
L'armée israélienne, dans son communiqué annonçant les opérations terrestres, souligne faire « tout ce qui est nécessaire » pour « ramener les citoyens du nord d'Israël dans leurs foyers ». Le site américain Axios a indiqué que, selon des responsables israéliens s'exprimant sous couvert de l'anonymat, l'opération n'avait « pas pour but d'occuper le sud du Liban ».
Dans un communiqué publié sur le réseau social X, le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a dit être convaincu, comme Israël, de la « nécessité de démanteler les infrastructures d'attaque » du Hezbollah afin de garantir qu'il « ne puisse pas mener des attaques du type de celles du 7 octobre contre les communautés du nord d'Israël ».
Une « résolution diplomatique est nécessaire » pour assurer la sécurité des civils « des deux côtés de la frontière », a par ailleurs réaffirmé le chef du Pentagone. Lundi, le président Joe Biden avait laissé entendre qu'il était opposé à des opérations terrestres israéliennes, appelant à un cessez-le-feu.
En réponse à cette incursion de l'armée israélienne, le Hezbollah a affirmé ce mardi matin avoir visé à deux reprises des soldats israéliens à Metula, dans le nord d'Israël. Le mouvement pro-iranien a déclaré avoir tiré à l'artillerie puis avec des roquettes sur « des troupes de l'ennemi » à Metula, situé à la frontière avec le Liban.
Dans un communiqué diffusé dans la nuit, le Hezbollah a déclaré avoir « pris pour cible » des troupes israéliennes en « mouvement » dans des vergers près de la frontière, une source proche du groupe affirmant que les soldats se trouvaient « juste à la frontière ». Quant à l'armée libanaise, dépassée par la puissance militaire du Hezbollah, elle est en train de « repositionner » ses troupes plus loin de la frontière, a déclaré un responsable militaire à l'AFP.
Les combattants du Hezbollah ont déclaré être « prêts si Israël décide d'entrer au sol », avait affirmé lundi le chef adjoint du groupe, Naim Qassem, dans une première allocution télévisée depuis la mort de Hassan Nasrallah. « Israël n'a pas été en mesure d'entamer nos capacités militaires », avait-il encore affirmé.
Très scrutée quand à sa réaction, les autorités iraniennes ont affirmé qu'elles ne « déploieraient » pas de combattants au Liban et à Gaza pour affronter Israël, estimant que « les gouvernements du Liban et de Palestine ont la capacité et la puissance nécessaires pour faire face à l'agression du régime sioniste ». Le chef du Pentagone a de nouveau mis en garde Téhéran, dans la nuit, contre une éventuelle « attaque militaire directe visant Israël », en soulignant les « graves conséquences » que celle-ci entraînerait pour l'Iran.
Les dirigeants mondiaux avaient appelé lundi à la désescalade face au risque de « guerre totale » dans la région. Le patron de l'ONU Antonio Guterres avait ainsi dit son opposition à toute « invasion terrestre » israélienne du Liban, tandis que le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, en déplacement à Beyrouth, avait appelé Israël à « s'abstenir de toute incursion terrestre » ainsi qu'à un cessez-le-feu.
Plusieurs pays, dont le Canada et le Royaume-Uni, ont annoncé avoir affrété des vols pour évacuer leurs ressortissants du Liban. La France a déployé un navire militaire par « précaution », en cas de besoin d'évacuation de ses ressortissants.
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Des frappes aussi en Syrie cette nuit
Selon des médias d'Etat syriens, des frappes israéliennes ont visé la région de Damas dans la nuit. L'agence de presse officielle Sana a fait état de trois civils tués et de neuf autres blessés dans ces raids. Selon la télévision syrienne d'Etat, une journaliste, Safaa Ahmad, figure parmi les morts. Dans la bande de Gaza, territoire palestinien dévasté et assiégé depuis près d'un an, l'armée israélienne continue son offensive, même si les frappes ont baissé en intensité ces derniers jours.
(Avec AFP)
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