L'inflation, un phénomène "transitoire" qui dure
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Clients dans un supermarché Whole Foods à New York, début janvier. Les prix élevés des produits entament les budgets des consommateurs.
Reuters
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Clients dans un supermarché Whole Foods à New York, début janvier. Les prix élevés des produits entament les budgets des consommateurs.
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Ces derniers jours, la publication des indices de prix (CPI), qui atteignent des records, tourne à la litanie. Hier, celui de la zone euro s'affichait à 5%, au plus haut depuis la création de la monnaie unique en 1999 (mais avec des écarts, + 5,3% pour l'Allemagne et +2,8% pour la France). Auparavant, celui de la Norvège (+5,3%) était au plus haut depuis plus de 13 ans, ceux du Royaume-Uni (+5,4%) et du Canada (+4,8%) au plus haut depuis 30 ans, et aux Etats-Unis, il a bondi de 7%, du jamais-vu depuis 40 ans.
Joe Biden, qui faisait mercredi son bilan après un an de présidence, a averti que le retour de l'inflation à un niveau raisonnable "sera difficile", et exigera "un effort de longue haleine". Il n'a même pas évoqué les 2% qui est l'objectif cible théoriquement visé par la Réserve Fédérale.
Cette sombre perspective annoncée par le président des Etats-Unis tranche avec le ton adopté tout au long de 2021 par les responsables des banques centrales des deux côtés de l'Atlantique. Ils martelaient que la hausse des prix serait "transitoire", argument qu'ils justifiaient par la situation inédite engendrée par la pandémie du Covid-19. En 2020, la plupart des pays ayant confiné leurs populations, la majorité des usines, des entreprises, des infrastructures de transports ont cessé leurs activités. Les Etats ont financé l'arrêt de l'activité en recourant à l'endettement public à des taux zéro. Cet argent (presque) gratuit a évité de plonger l'économie mondiale dans une grave crise économique en maintenant quasi en l'état l'appareil productif et empêchant la formation d'une armée de chômeurs.
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Mais, avec la sortie progressive de la crise en 2021, l'offre qui doit rattraper une année de quasi-absence de production n'a pu répondre à une reprise économique d'autant plus vigoureuse que la demande potentielle était restée intacte. Ce déséquilibre s'est manifesté par des goulets d'étranglement dans la fourniture de matières premières, de produits intermédiaires (par exemple les semi-conducteurs) en raison de la perturbation des chaînes d'approvisionnement. Et même si les stocks existaient, l'acheminement était difficile. Les prix des cargos porte-containers ont été multipliés par 7 entre 2020 et 2021. La raréfaction de l'offre générale s'est donc logiquement traduite par une hausse des prix.
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