L'OMC prévoit un effondrement des échanges mondiaux pour 2019

 |   |  644  mots
(Crédits : Reuters)
L'organisation mondiale du commerce (OMC) a révisé à la baisse ses prévisions de croissance des échanges de marchandises à 1,2% pour 2019 contre 2,6% au printemps dernier.

Les perspectives du commerce international s'assombrissent. Selon les dernières prévisions des économistes de l'OMC publiées ce mardi premier octobre, le volume des échanges à l'échelle de la planète va augmenter de 1,2% en 2019. Les experts ont ainsi divisé par deux leurs projections par rapport à celles du printemps dernier (2,6%). Dans un communiqué, le directeur général de l'institution internationale, Roberto Azevêdo, explique que "les conflits commerciaux renforcent l'incertitude, ce qui conduit certaines entreprises à reporter des investissements favorables à la productivité qui sont essentiels pour élever les niveaux de vie".

Sur ce point, de nombreux chefs d'entreprise et investisseurs ont déjà exprimé des craintes sur la perspective d'un Brexit sans accord à la fin du mois d'octobre. La situation politique outre-Manche a plongé beaucoup d'entreprises dans le flou le plus total. De son côté, le président américain Donald Trump, dans un récent discours aux Nations-Unies, a dit espérer la conclusion d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine profitable aux deux pays tout en appelant de ses voeux une réforme drastique de l'Organisation mondiale du commerce face au comportement "agressif" de Pékin. Il a notamment fustigé les pratiques commerciales "inéquitables" de la Chine.

Chute des exportations de l'Amérique du Nord

Depuis 2017, le rythme des échanges internationaux de marchandises a sérieusement marqué le pas passant de 4,6% en 2017 à 3% en 2018 et 1,2% en 2019. Il pourrait  accélérer en 2020 (2,7%). Dans le détail, le coup de frein des exportations est particulièrement marqué en Amérique du Nord (-2,8 points entre 2018 et 2019, passant de 4,3% à 1,5%).

En Asie, le ralentissement est aussi très visible sur la même période avec deux points en moins (3,8% en 2018 contre 1,8% en 2019). Du côté de l'Europe, les chiffres sont moins décevants puisque les ventes de biens devraient passer de 1,6% à 0,6%. L'Amérique du sud et l'Amérique centrale sont les deux seules régions à connaître une progression entre 2018 et 2019.

Baisse des carnets de commandes

Outre les difficultés de l'économie mondiale et l'affrontement commercial et technologique entre les Etats-Unis et la Chine, les économistes de l'OMC redoutent encore une chute des carnets de commande dans les mois à venir.

"Les indicateurs économiques mensuels fournissent des indices préoccupants au sujet de la trajectoire actuelle et future du commerce mondial. Un indice des nouvelles commandes à l'exportation dérivé des indices des directeurs d'achat est tombé de 54,0 en janvier 2018 à 47,5 en août 2019, son niveau le plus bas depuis octobre 2012", au moment de la crise des dettes souveraines.

Toutes les valeurs inférieures à 50 illustrent une contraction des échanges. A cette dégringolade des carnets de commandes s'ajoutent les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les récentes attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie Saoudite ont fait flamber les prix du pétrole d'environ 20% avant un retour rapide à la normale. Lundi dernier, un responsable de la compagnie Aramco, Ibrahim al Bouaïnaïn a affirmé que l'Arabie saoudite a retrouvé ses niveaux de production antérieurs au bombardement de deux de ses sites pétroliers le 14 septembre.

Risque d'escalade entre les Etats-Unis et l'Europe

En parallèle du conflit entre la Chine et les Etats-Unis, les relations entre la France et le pays de l'oncle Sam pourraient s'envenimer. L'Organisation mondiale du commerce a autorisé ce mercredi les Etats-Unis  à mettre en place des droits de douane contre l'avionneur européen Airbus, accusé par Washington de bénéficier de subventions illégales.

Dans ce conflit qui remonte à 2004, l'UE a de son côté affirmé que Boeing avait reçu 19,1 milliards de dollars de subventions interdites entre 1989 et 2006 de la part de diverses branches du gouvernement américain. L'application de droits de douane par les Etats-Unis aurait aussi un "impact négatif" sur les compagnies aériennes et les emplois américains, a mis en garde mercredi le PDG d'Airbus Guillaume Faury,

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/10/2019 à 0:19 :
... en français le mot « drastique » n'a pas la même signification qu'en anglais. À moins que la Chine « appelle de ses voeux » un effet de jus de pruneaux sur l'Organisation mondiale du commerce !!! ( c'est « draconien » en français pour une telle phrase )
a écrit le 03/10/2019 à 13:49 :
Une minorité fait sa "richesse" sur "les échanges" des productions faites par une majorité! Il n'y a pas d’inquiétude a avoir si l'on consomme local!
a écrit le 03/10/2019 à 11:34 :
c'est encore trop de croissance, il faudrait une décroissance pour sauver la planète. Les médias sont-ils schizophrènes ? D'un côté de (bons) articles alarmants sur le réchauffement et d'un autre des articles présentant le ralentissement du commerce comme une catastrophe ! Trump n'en fait pas assez, et Macron ne fait rien.
a écrit le 03/10/2019 à 9:27 :
l'OMC ? ....qui vient d' "autoriser" le racket américain sur Airbus ?....quelle crédibilité ?
a écrit le 03/10/2019 à 9:07 :
Le marché de consommateurs américaisn est de loin le plus important au monde car rempli de gens paramétrés à consommer beaucoup, il vaut mieux négocier que d'entamer un bras de fer perdu d'avance puisque seule l'oligarchie financière européenne a cru que l'argent n'avait plus de frontières or la puissance politique américaine va lui permettre de se réserver son marché intérieur tandis que Mike le poulet sans tête lui n'a plus aucun poulailler où se poser...
Réponse de le 03/10/2019 à 11:12 :
Brillant résultat du trumpisme, l'industrie US est nettement en contraction depuis juin, je ne suis pas sûr que c'était l'effet espéré des rodomontades protectionnistes de Donald. Et avec un déficit budgétaire déjà à 6% du PIB, on voit mal comment il pourrait utiliser davantage l'arme budgétaire pour tenter de stimuler l'économie US et maintenir le pouvoir d'achat des étatsuniens. D'autant plus que les taxes à l'importation n'entraineront évidemment pas de relocalisations mais rogneront ce pouvoir d'achat. Aujourd'hui il vaut probablement mieux miser sur Huawei que sur Apple...
Réponse de le 03/10/2019 à 13:53 :
@ moulin à vent

"Aujourd'hui il vaut probablement mieux miser sur Huawei que sur Apple.."

Fais comme tu veux moi je mise sur Samsung.

Voilà, voilà, et le temps qui vire au froid...
a écrit le 03/10/2019 à 9:06 :
Grégoire Normand : crédibilité 0, à retenir pour ses futurs "articles".
a écrit le 02/10/2019 à 19:09 :
Bigre, voilà un inquiétant titre : "effondrement " ! Kesako, que se passe-t-il ? Mais ouf, la lecture de l'article nous montre que ce titre n'était qu'une farce ...
a écrit le 02/10/2019 à 18:36 :
Et si les échanges se contractaient vraiment et baissaient, en lieu et place d'un ralentissement de la croissance des échanges : quel mot emploieriez-vous pour décrire cette évolution ?
Merci de titrer de manière moins alarmante...
a écrit le 02/10/2019 à 18:23 :
"un effondrement des échanges mondiaux" : Une croissance de 1,2 %, c'est un effondrement ?
a écrit le 02/10/2019 à 18:10 :
Effondrement?
Tout est relatif....ça croit encore!
a écrit le 02/10/2019 à 17:57 :
Un effondrement de +1.2%!

Mais c'est une augmentation de -10 ou -20% qu'il nous faudrait pour re-locavoriser les economies.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :