La Bourse de Mexico accueille fraîchement l’élection de Lopez Obrador

 |   |  494  mots
Andres Manuel Lopez Obrador a remporté l'élection présidentielle mexicaine avec 53,5% des suffrages ce dimanche 1er juillet 2018.
Andres Manuel Lopez Obrador a remporté l'élection présidentielle mexicaine avec 53,5% des suffrages ce dimanche 1er juillet 2018. (Crédits : CARLOS JASSO)
L’élection du premier président de gauche depuis les années 1980 Andres Manuel Lopez Obrador a déclenché une grande liesse populaire, mais l’accueil a été moins chaleureux du côté des investisseurs. La Bourse de Mexico a perdu plus d'1% au lendemain des résultats.

Une élection historique. Dimanche, Andres Manuel Lopez Obrador a été élu président de la République du Mexique : celui que l'on surnomme AMLO est le premier président de gauche depuis les années 1980. Une élection qui suscite des craintes dans les milieux économiques, perceptibles dans la réaction des investisseurs : l'indice phare de la Bourse mexicaine, l'IPC, qui regroupe les 35 plus grandes valeurs de Mexico, a perdu 1,3% dès l'ouverture.

S'il est resté vague dans beaucoup de propositions de son programme, AMLO a promis de défendre les classes populaires, cherchant à rallier à la fois la gauche libérale, les conservateurs sociaux et les partisans du nationalisme économique. Il veut prendre des mesures drastiques pour améliorer les conditions de vie et combattre les inégalités, en premier lieu le doublement progressif du salaire minimum et des retraites, l'allocation de bourses mensuelles pour plusieurs millions de jeunes mais aussi le lancement d'un programme d'infrastructures très ambitieux. Pour autant, il souhaite également réduire les dépenses budgétaires, dans la lignée de ses prédécesseurs, afin de ne pas augmenter la dette.

Un exercice d'équilibriste mais risqué selon les investisseurs. Du côté des changes, le peso a reculé de plus de 1% par rapport au dollar, à 20,125 pesos pour un dollar.

Tensions protectionnistes

Dans un climat de relations tendues avec les Etats-Unis autour de l'Accord de libre échange nord-américain (Alena) et de guerre commerciale en général, les investisseurs se montrent prudents face à cette élection aux apparences de recomposition politique majeure et de potentielle dérive populiste. Le futur président Obrador, qui prendra ses fonctions en décembre, a cependant insisté sur la nécessité de la stabilité dans le pays. Pour Paul Greer, gérant de portefeuille dette émergente et taux chez Fidelity International, le Mexique s'inscrit dans la même tendance des pays émergents exposés à des « vents contraires notamment un dollar qui se renforce, un resserrement généralisé de la liquidité, des coûts de financement américains croissants, des pressions inflationnistes, un rythme de croissance qui s'affaiblit et des tensions protectionnistes », qui ne rassurent pas les investisseurs.

Cependant, les spécialistes souhaitent conserver un optimisme relatif face à la situation nouvelle.

« De notre point de vue, l'agenda d'AMLO en faveur de la croissance sera plus modeste et plus favorable aux investisseurs que ce que redoutent les marchés », poursuit Paul Greer. « Ses premières déclarations conciliantes suggèrent un pragmatisme politique, de la responsabilité sur le plan de la politique budgétaire et de l'unité nationale, ainsi que le respect de l'indépendance de la banque centrale et de l'accord de libre-échange nord-américain ».

Il a d'ailleurs confirmé dès ce lundi qu'il s'engageait à maintenir le Mexique dans l'Alena, tout en cherchant à rendre le pays moins dépendant économiquement des Etats-Unis, dans un contexte de relations tendues avec son homologue américain Donald Trump autour du commerce et de l'immigration.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 03/07/2018 à 8:31 :
"Tout est bruit pour elui qui a peur." Sophocle

L'oligarchie mexicain ne devrait pas s'inquiéter qu'un social démocrate accède au pouvoir ils sont encore plus néolibéraux que la droite. Par ailleurs s'il est parvenu vivant jusqu'ici c'est bien qu'il ne dérange pas trop la mafia non plus, principale détentrice du pouvoir dans ce pays maudit.

"Mexique: 30 meurtres en 48 heures liés au trafic de drogue" https://www.latribune.ca/actualites/monde/mexique-30-meurtres-en-48-heures-lies-au-trafic-de-drogue-7046f29c7522a06344967f18ec433c12

C'est plus un pays c'est un fait divers.

"Dire la violence extrême au Mexique: « Deux individus armés se sont approchés..."https://www.monde-diplomatique.fr/2015/08/GONZALEZ_RODRIGUEZ/53512 »

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :