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Hausse des cadences du moteur LEAP : Safran se muscle au Mexique

Photo de Michel Cabirol

Michel CABIROL, à Querétaro (Mexique)

Publié le 22 février 2018 à 05:56 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 01:17

Safran Mexique LEAP Querétaro

Safran Moteur LEAP Mexique Querétaro

Safran

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Photo d'illustration de l'article
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Safran se met en ordre de bataille pour soutenir la hausse des cadences de production du LEAP (2.000 moteurs en 2020) en ouvrant une nouvelle usine au Mexique. Au-delà de 2020, il s'interroge encore sur la pertinence industrielle d'une nouvelle augmentation des cadences.

En ordre de marche. Safran s'est désormais mis en ordre de marche pour accompagner la formidable montée en cadence des livraisons des nouveaux appareils de la famille Airbus A320neo et de celle du Boeing B737MAX. Le motoriste sera capable d'atteindre un pic de production de plus de 2.000 moteurs LEAP (1.300 pour Boeing et 700 pour Airbus) par an dès 2020 grâce à la nouvelle usine de Querétaro au Mexique, inaugurée mercredi et dédiée à la production des aubes de soufflante du LEAP. Un site arrivé en avance et dans lequel Safran et son partenaire américain Albany, spécialisé dans le tissage industriel (composite), ont investi au total 100 millions de dollars.

L'usine de Querétaro sera amenée à croître

Cette nouvelle usine, Safran Aéro Composites Mexico, a une place très importante dans le dispositif industriel de Safran pour répondre au défi de la montée en cadence du LEAP. Pourquoi ? Parce qu'en 2021, Querétaro produira plus de 50% de la production des aubes des moteurs LEAP (plus de 20.000 aubes, soit environ 1.111 LEAP par an) destinés à Boeing (LEAP 1-B). Les usines de Rochester aux Etats-Unis et de Commercy dans la Meuse, toutes les deux inaugurées en 2014, se partagent le reste de la production (10.000 aubes chacune). Safran Aéro Composites Mexico a d'ailleurs été construite sur le modèle des deux précédentes pour assurer la fabrication des aubes en composite tissé 3D RTM du LEAP.

Les premières livraisons de pièces issues de l'usine de Querétaro ont déjà commencé en octobre 2017 (230 emplois créés). D'ici à 2021, l'effectif global atteindra près de 600 personnes pour réaliser une production annuelle de plus de 20.000 aubes de soufflante en composites et de 31.000 aubages de redresseurs. En outre, Safran et Albany ont la possibilité d'augmenter de 20% à 30% la production de l'usine de Querétaro si la cadence de production augmente encore après 2020.

Augmentation de cadences après 2020?

Airbus a demandé à Safran s'il était capable d'augmenter ses cadences de production après 2020. "On nous questionne sur des scénarios de montée en cadence", confirme le président de Safran Aircraft Engines, Olivier Andriès. L'avionneur européen planche sur une cadence de production de 70 A320 par mois au cours de la prochaine décennie, contre 50 aujourd'hui et 60 déjà prévus au deuxième semestre 2019. Airbus se montre le plus insistant mais Boeing devrait lui aussi bouger si son rival obtient une hausse de ses cadences.

Dans ce contexte, le motoriste étudie la faisabilité industrielle d'une nouvelle hausse de ses cadences de production du LEAP. "Nous avons lancé des études, nous n'avons pas encore répondu à cette question", précise Olivier Andriès. Une décision sera prise début 2019, assure pour sa part le directeur général de Safran, Philippe Petitcolin, même si Airbus souhaite une réponse le plus vite possible. "On ne veut pas s'engager tout de suite", martèle-t-il. Car Safran va savoir fin 2018 s'il a parfaitement maîtrisé sur le plan industriel la hausse vertigineuse de ses cadences de production. Il doit d'ailleurs passer d'une cadence de livraison de 459 moteurs LEAP en 2017 à 1.100/1.200 en 2018. "On aura passé un sacré cap", estime Philippe Petitcolin.

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De nouveaux investissements significatifs

D'ores et déjà une cadence de 70 A320neo par mois exige des investissements significatifs pour le motoriste. "Plusieurs centaines de millions d'euros", précise Philippe Petitcolin. Et ce dès 2018 et 2019 pour supporter cette nouvelle hausse des cadences en 2021. Pour Safran, le bât blesse surtout du côté des fondeurs et des forgerons, qui ne peuvent accompagner cette hausse sans augmenter leur capacité de production. "Leurs capacités ne sont extensible à l'infini", fait valoir le directeur général de Safran. En outre, le délai de construction d'une forge ou d'une fonderie s'étend sur environ trois ans. Enfin, une nouvelle forge coûte entre 50 et 100 millions d'euros.

"C'est effectivement sur ce secteur amont de la supply chain que c'est le plus tendu, explique Olivier Andriès.Est-ce que les fondeurs et les forgerons auront la capacité de suivre et la volonté?"

Safran se pose également la question sur la pertinence économique d'augmenter ses cadences de production du LEAP au regard des investissements économiques qui doivent être consentis. En clair, le motoriste, qui dispose déjà de sept ans d'année de production (14.270 LEAP dans le carnet de commandes), ne veut pas investir pour soutenir une augmentation des cadences de production des avionneurs sur une durée de deux à trois ans seulement. Tout comme la supply chain, il souhaite avoir une visibilité sur le long terme pour pouvoir amortir ses investissements.

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Mais peut-il échapper à une hausse de ses cadences? La pression des avionneurs va être forte, très forte sur Safran. D'autant que sa part de marché sur la famille A320neo a atteint 75% en 2017 en raison des déboires de son rival Pratt & Whitney, et 60 % en cumulé.

Michel CABIROL, à Querétaro (Mexique)

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