La croissance de la Chine durablement aggravée par la guerre commerciale, dixit le FMI

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Dans une manufacture d'articles de sport à Hangzhou (province du Zhejiang, en Chine), un ouvrier travaille sur une jante de bicyclette en acier, le 2 septembre 2019. (Photo fournie par le China Daily via Reuters)
Dans une manufacture d'articles de sport à Hangzhou (province du Zhejiang, en Chine), un ouvrier travaille sur une jante de bicyclette en acier, le 2 septembre 2019. (Photo fournie par le "China Daily" via Reuters) (Crédits : Reuters)
Le bras de fer engagé entre Pékin et Washington à coups de taxes douanières réciproques a créé une "incertitude qui dure" et "nuit à l'investissement et à la croissance", relève l'institution basée à Washington, notant que "la demande de biens d'équipement", qui représente une part importante des échanges commerciaux, s'en trouve affectée. Mais il y a des raisons de croire que le phénomène de ralentissement soit plus structurel que conjoncturel...

Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse mardi ses prévisions de croissance pour la Chine, avertissant des conséquences néfastes de la guerre commerciale sino-américaine sur l'économie.

La seconde économie mondiale devrait voir son PIB progresser de 6,1% cette année et de 5,8% l'an prochain, indique le FMI dans ses prévisions mondiales semestrielles. Les précédentes prévisions étaient respectivement sur 6,2% et 6%.

Le ralentissement est davantage prononcé pour Hong Kong, territoire autonome du sud de la Chine. Le PIB de la place financière ne devrait croître que de 0,3% cette année (contre 3% en 2018), après quatre mois de manifestations, parfois violentes, pour dénoncer la mainmise jugée grandissante de Pékin dans cette ex-colonie britannique.

La guerre commerciale a créé une "incertitude qui dure"

En ce qui concerne la Chine continentale, la guerre commerciale qui empoisonne les relations entre Pékin et Washington se traduit depuis l'an dernier par des surtaxes douanières réciproques portant sur des centaines de milliards de dollars d'échanges annuels.

Ce bras de fer a créé une "incertitude qui dure" et "nuit à l'investissement et à la croissance", relève l'institution basée à Washington, notant que "la demande de biens d'équipement", qui représente une part importante des échanges commerciaux, s'en trouve affectée.

Le FMI relève toutefois que les mesures de soutien de Pékin à son économie ont permis de "contrer l'impact négatif" des surtaxes douanières américaines.

Des mesures pour relancer la locomotive

Le mois dernier, pour faciliter l'accès au crédit des micro, petites et moyennes entreprises - les plus dynamiques en termes d'emploi - la banque centrale chinoise a annoncé une baisse des dépôts que les banques sont obligées de garder dans leurs coffres. La mesure doit permettre d'injecter plus de liquidités dans l'économie.

Des baisses de charges fiscales et sociales pour les particuliers et les entreprises sont également entrées en vigueur ces derniers mois.

"Toute autre mesure de relance doit mettre l'accent sur les ménages à faible revenu, au détriment des grands projets d'infrastructure", préconise le Fonds monétaire international.

Les grands travaux avaient permis à Pékin de stimuler son économie au moment de la crise financière de 2008-2009, mais au prix d'un fort endettement.

Des vulnérabilités financières depuis le plan de relance de 2008

Au creux de la crise financière, Pékin avait lancé en 2008 un gigantesque plan de relance de 4.000 milliards de yuans (490 milliards d'euros) pour soutenir l'économie face à la morosité de la conjoncture mondiale.

"Les vulnérabilités financières se sont accumulées pendant des années avec des taux d'intérêt bas", fait remarquer le FMI.

Le vieillissement de la population, facteur de ralentissement durable

Dans les prochaines années, la croissance en Chine devrait poursuivre son ralentissement du fait notamment du vieillissement de la population en âge de travailler, note l'institution. Son rythme de progression pourrait tomber à 5,5% d'ici 2024.

La croissance chinoise est descendue l'an dernier à 6,6%, son score le plus faible depuis près de trois décennies.

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a écrit le 06/11/2019 à 19:22 :
J’imagine la conversation entre l’excellent Président XI dont le pays va surclasser définitivement l’impérialisme yankee et ses satellites (Europe, Japon, etc…) et le médiocre ultralibéral hyperatlantiste Macron :
XI : qu’avez-vous à vendre à la Chine communiste M Macron ?
Macron : Des TGV mais je viens de vendre le producteur de TGV (Alstom) aux US suite à des menaces de sanctions financières….et je suis en train de casser la SNCF sur ordre de l’UE…
XI : Donc pour les TGV c’est mort. Mais des TGV on peut vous en vendre, on en a produit 20 000 km en Chine et autant dans le monde. Quoi d’autre ?
Macron : Il y a bien le nucléaire mais après avoir produit des dizaines de centrales nucléaires des années 60 aux années 70, nous n’arrivons plus à produire un réacteur de nouvel génération (EPR), là où vous Chine communiste y parvenez les doigts dans le nez et les verts nous obligent à fermer les centrales nucléaires en France alors qu’elle peuvent encore durer plus de 50 ans sans aucuns risques et je suis en train de démanteler EDF à la demande de l’UE…..
Xi : Donc pour le nucléaire c’est mort. Mais là aussi on peut vous en vendre. Quoi d’autre ?
Macron : Il y a bien les Télécoms où nous étions N°1 mondial de la R&D il y a 25 ans mais depuis sur ordre de l’UE, moi et mes prédécesseurs nous avons cassé l’opérateur historique France Telecom et avons donné Alcatel à Nokia qui à son tour est en train de sombrer face à Huawei….
XI : Donc là aussi c’est mort. Mais Huawei peut vous vendre tout ce dont la France a besoin et l’un de nos 3 opérateurs télécoms publics géants comme China Mobile ou China Telecom peuvent vous racheter FT renommer en l’agrume, d’origine Chinoise, Orange donc. Quoi d’autre ?
Macron : Il y a bien les Airbus ? Alors là je suis sur de moi !
Xi : vous avez raison ! D’ailleurs une grande partie des Airbus sont maintenant produits en Chine communiste, ce qui nous a permis de créer notre propre industrie aéronautique en sortant nos propres avions made in China ! Quoi d’autres ?
Macron : Il y a bien le foie gras, les 400 fromages, le Champagne, le Cognac/Armagnac et les Grands vins de Bourgogne et du Bordelais, ainsi que les parfums et la haute couture, et notre pays est le N°1 en terme touristique.
Xi : Là je suis d’accord et nous avons racheté de nombreux grands châteaux ainsi que Club Med comme des milliers d’hectares de terres en France, et des millions de touristes Chinois viennent en France.
Macron : donc tout va bien ! Et vive l’Europe qui nous a permis de développer la concurrence libre et non faussée et ainsi de casser et privatiser tous nos services publics en France…..et pourquoi ne faites-vous pas la même chose en Chine M. Xi ?
Xi : Je suis désolé M. Macron mais quand je vois le résultat catastrophique de votre politique ultralibérale hyperatlantiste que vous appliquez en France et en Europe en copiant Reagan et Thatcher depuis 35 ans, et quand je vois le succès de notre politique qu’appliquait De Gaulle, Pompidou et Giscard des années 60 et 70, je préfère maintenir notre politique industrielle forte pilotée par l’Etat communiste qui nous réussit à 1000%.
J’ai dit la même chose à M .Trump. Désolé….
a écrit le 16/10/2019 à 9:20 :
Les chinois payent cher leur politique de l'enfant unique mâle certes mais leur dumping environnemental qui a massacré leur nature et leur dumping social qui empêche les salaires de décoller afin de former une société économique homogène n'y sont pas pour rien non plus.

Ils ont accouru à l'appel avide des milliardaires du monde et se sont fait piéger, involontairement car les propriétaires de capitaux et d'outils de production ne sont plus capable de stratégies même à moyen terme, par leur vénalité au final.

LE pays qui arrivera à sortir de l'argent roi sera la première puissance du monde.
a écrit le 15/10/2019 à 18:04 :
Croissance de 6,6 % ! On s'en contenterait bien. Mais en ce qui concerne les chiffres pour la Chine, reflètent ils vraiment la vraie réalité ?
a écrit le 15/10/2019 à 16:55 :
La croissance dépend de la disponibilité des ressources naturelles, en premier lieu les terres cultivables et industrialisables, qui sont limitées. Mais également l'eau potable, les matières premières, les énergies fossiles. Tout cela fait qu'une croissance n'est jamais éternelle.

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