La finance est-elle vraiment l'adversaire d'Hillary Clinton ?

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Hillary Clinton est loin d'être en froid avec Wall Street.
Hillary Clinton est loin d'être en froid avec Wall Street. (Crédits : © Mike Segar / Reuters)
La candidate à l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de 2016 profite de son début de campagne pour dénoncer à l'envi les dérives de la finance et les inégalités. Mais Hillary Clinton entretient des relations étroites avec les pontes de Wall Street.

"Mon véritable adversaire, c'est la finance", clamait François Hollande en 2012, lors d'un meeting au Bourget. Hillary Clinton, qui espère représenter les démocrates à l'élection présidentielle américaine de 2016, semble avoir choisi le même angle d'attaque pour son début de campagne. Ainsi, celle qui souhaite se transformer en "championne" des classes moyennes, dénonce les inégalités salariales, l'optimisation fiscale, la spéculation et les traders qu'elle juge responsables de la crise de 2008.

Offensive contre les grands patrons dans l'Iowa

Lors de son premier meeting de campagne, dans l'Iowa,  elle s'en est notamment pris aux salaires des grands patrons, ainsi qu' aux avantages fiscaux des gérants de portefeuilles financiers:

"Quelque chose ne tourne pas rond quand les dirigeants de hedge fund payent moins d'impôts que les infirmières ou les routiers que j'ai vus sur la route en venant ici ces deux derniers jours."

Elle s'est en outre indignée qu'un patron puisse gagner 300 fois plus que le salaire moyen des ouvriers et a évoqué le coût des études supérieures avec ses interlocuteurs du jour.

Wall Street ne s'en émeut pas

Du côté des grands pontes de la finance, le message d'Hillary Clinton n'est pas pris au sérieux:

"Quand il faudra gouverner, elle sera pragmatique. Elle comprend que ce n'est pas parce qu'il y a un mouton noir que tout le troupeau est malade", explique à l'AFP un grand banquier sous le couvert de l'anonymat.

Interrogé par le site Politico, un financier important de Wall Street, souhaitant également rester anonyme, a expliqué que les déclarations d'Hillary Clinton étaient seulement "politiques".

Tom Nides, haut responsable de Morgan Stanley et proche d'Hillary Clinton, selon Politico, a renchéri:

"On ne peut pas dire 'Oh mon dieu, elle court vers la gauche !'. Elle est juste fidèle à elle-même. Elle a d'excellentes relations avec les gens. Mais cela ne veut pas toujours dire qu'elle leur donne ce qu'ils veulent."

Proche de responsables de JPMorgan et Morgan Stanley

Hillary Clinton est loin d'être en froid avec Wall Street. La candidate est proche de grands pontes comme Jamie Dimon (patron de JPMorgan Chase) et Greg Fleming (numéro deux de Morgan Stanley et présenté comme le futur grand patron).

Et la finance le lui rend bien. Hillary Clinton a tenu des conférences rémunérées entre 200.000 et 300.000 dollars (276.000 euros) de l'heure lors d'événements organisés par Wall Street. En juillet 2014, elle aurait ainsi engrangé 12 millions de dollars en 16 mois, selon Bloomberg pour des discours et des apparitions. Le 23 octobre dernier, elle gagnait 273.000 dollars lors d'une nouvelle conférence pour la fondation Clinton.

En outre, Goldman Sachs, Bank of America, Morgan Stanley, JPMorgan ont donné plusieurs millions de dollars à cette fondation.

Très soutenue par les banquiers de Wall Street en 2008

Par ailleurs, les banquiers de Wall Street étaient nombreux à soutenir financièrement la démocrate Hillary Clinton en 2008. Lors des primaires démocrates, les salariés du secteur financier, des assurances et de l'immobilier ont donné plus d'argent à Hillary Clinton que ceux d'aucun autre secteur, selon le Center for Responsive Politics. Par comparaison, pour Barack Obama, les avocats et lobbyistes étaient la première catégorie de donateurs.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2015 à 10:35 :
Hillary Clinton, la candidate de La Tribune ? autrement, pourquoi parler de cette personne que même pas la presse US en parle autant ?
a écrit le 27/04/2015 à 9:10 :
Tous pareils nos politiques...mais à l echelle des pays... mais tous sous la coupe de Goldman Sachs...employeur de Sarkozy...
a écrit le 26/04/2015 à 23:42 :
Ce sont ses casseroles, ses arrangements réguliers avec les lois, son mépris des règles qu'elle compte pourtant imposer aux autres. Bref, elle n'est pas crédible, sauf en mère fouétarde au service des idéologues de gauche et des réalistes du capitalisme de connivence.
a écrit le 26/04/2015 à 19:19 :
François nous a promis le grand soir , la pleine lune ! quoi . Elle nous diras ce qu'il y a derrière .
a écrit le 26/04/2015 à 19:15 :
Quand on a l'appui de la finance on ne peut être contre elle, autrement dit ses discours ne sont pas crédibles, il ne s'agit que d'une posture pour faire croire que...Là bas comme partout la politique donne la possibilité à ceux qui s'expriment en son nom de dire un peu tout et n'importe quoi, car au final c'est la "finance" qui a le véritable pouvoir, le reste n'est que littérature.
a écrit le 26/04/2015 à 17:57 :
merci monsieur Paillé de souligner que les politiques ne sont pas ces 'esclaves de lobbies" qu'on nous décrit a longueur de temps dans les médias.Hollande a été un des premiers a oser s'élever contre le pouvoir occulte de la finance
Réponse de le 27/04/2015 à 8:18 :
Très drôle. Bien sûr que les politiques sont esclaves des lobbies. Ils en sont même l'émanation. Pour être élu, il faut donner des gages et avoir l'appui du lobby de la Finance. Quand à Hollande, "un des premiers à oser s'élever contre le pouvoir occulte de la finance" selon vous, disons que ce n'étaient que de vulgaires effets de manches destinées à tromper les naïfs, exactement comme Mme Clinton aujourd'hui.
a écrit le 26/04/2015 à 15:48 :
Mme Clinton n'est pas seulement soutenue par la grande finance, elle a été choisie par celle-ci. Elle est "la grande finance". Quant à ses discours anti-finance à la Hollande, ils ne valent que pour le peuple naïf qui y croit.
a écrit le 26/04/2015 à 14:33 :
Vas y Hillary , on attend ta victoire .! tus seras la meilleurs à ce poste on le sait .
a écrit le 26/04/2015 à 12:27 :
Il ne s'agit que de démagogie politique. La finance fait parti de l'Histoire depuis la nuit des temps. La finance impose ses points de vue dès lors que les politiques manquent de vision et ne sont porteurs que de projets creux et courts termistes. Le rôle des politique et avant tout d'avoir une vision pour son pays, et une stratégie. les campagnes électorales devraient porter sur cela, plutôt que sur des discours démagogiques.
Réponse de le 26/04/2015 à 14:59 :
C'est les limites de la démocratie

Les elus sont au niveau moyen des électeurs et comme chez nous c'est quand même la misère
Arrêtons de voter pour des menteurs tricheurs et déjà ça changera
Réponse de le 27/04/2015 à 8:34 :
Il n'y a rien à dire contre la finance, qui comme vous dites, fait partie de l'histoire. Mais ce dont nous parlons aujourd'hui, c'est des dérives de la finances sauvage, c'est l'idée que quelque uns veulent tout et se donnent les moyen d'y arriver. Les richesses produites par la finance doivent profiter à tous, non pas en vertu d'une idéologie, mais en vertu du bon sens. Si certains s'enrichissent trop, c'est en en dépouillant d'autres. C'est là que se trouve le noeud gordien qu'il faut trancher. Combattre la finance prédatrice est un devoir de salubrité publique. La richesse est propre si elle vient des idées ou du travail. Elle est sale si elle vient de la spéculation, de la tricherie ou de la fraude légale. C'est de cela dont nous devons parler.

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