La Grande-Bretagne sous la pression du variant indien et d'un confinement partiel

Au Royaume-Uni, alors que les premières mesures de déconfinement avec la réouverture des terrasses ont eu lieu dès le 12 avril, le taux de reproduction du virus est en constante augmentation depuis la mi-mai. Des voix s'élèvent pour ralentir le programme du déconfinement avec de nouvelles mesures. Mais ce coup d'arrêt pourrait interrompre le rythme soutenu de la reprise britannique.

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En conséquence de ces nouvelles incertitudes qui pourraient pousser le gouvernement à retarder l'allégement des mesures face à la pandémie, la livre britannique reculait mardi face à l'euro et au dollar, souffrant du nombre en hausse de cas.
En conséquence de ces nouvelles incertitudes qui pourraient pousser le gouvernement à retarder l'allégement des mesures face à la pandémie, la livre britannique reculait mardi face à l'euro et au dollar, souffrant du nombre en hausse de cas. (Crédits : Reuters)

Alors que le Royaume-Uni fait figure de champion en matière de vaccination, avec plus de 41% de sa population ayant reçu les deux doses d'un vaccin anti Covid-19 (contre 20,9% pour la moyenne européenne), selon les données Our World In Data au 6 juin, l'inquiétude continue de monter.

Outre-Manche, alors que, le 1er juin, le Royaume-Uni dénombrait 3.165 nouvelles contaminations, une semaine plus tard, hier lundi, on assistait à un bond des cas positifs: 5.683 personnes. Certes, c'est très loin des sommets atteints en début d'année, mais c'est une nette hausse. En cause, le variant indien qui fait monter la pression sur le Premier ministre Boris Johnson pour qu'il ralentisse le déconfinement, pour l'instant prévu le 21 juin.

Une augmentation d'autant plus surprenante qu'au Royaume-Uni, la campagne vaccinale, reposant essentiellement sur les doses du vaccin AstraZeneca, est menée tambour battant. Désormaisles personnes de plus de 40 ans devant recevoir leur deuxième dose dans les huit semaines suivant la première, au lieu de 12, ce mois-ci, selon le Telegraph.

Début juin, le pays se félicitait d'ailleurs de n'avoir aucun mort du Covid-19 à déplorer, une première depuis mars 2020.

Mais avec cette recrudescence du nombre de cas vient s'ajouter un autre facteur : le taux de reproduction, soit le nombre de nouvelles infections en moyenne, liées à une seule personne infectée. Au-delà de 1%, le taux de reproduction indique que le virus peut à nouveau se répandre dans la population. Or, au Royaume-Uni, depuis la mi-mai et les premières mesures de déconfinement avec la réouverture des terrasses dès le 12 avril, ce taux est en constante augmentation, comme le montre Our World in Data.

La livre recule face à l'hypothèse d'un reconfinement partiel

En conséquence de ces nouvelles incertitudes qui pourraient pousser le gouvernement à retarder l'allégement des mesures face à la pandémie, la livre britannique reculait mardi face à l'euro et au dollar, souffrant du nombre en hausse de cas.

Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), la livre reculait de 0,28% face au dollar à 1,4144 dollar pour une livre et de 0,14% face à l'euro à 86,07 pence pour un euro.

L'hypothèse d'un reconfinement partiel refait même surface. "J'ai du mal à croire que deux semaines de confinement partiel feront une telle différence sur le marché", note Kit Juckes, analyste chez Société Générale, qui souligne cependant que les investisseurs liquident peut-être leurs paris à la baisse sur l'euro et le dollar, avant des données importantes aux Etats-Unis et la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi.

Le risque de couper la croissance dans son élan

De quoi couper potentiellement le pays dans sa reprise économique. En mai, le secteur britannique des services a enregistré en mai la plus forte hausse de son activité depuis 24 ans avec la réouverture des pubs et des restaurants après des mois de fermeture, selon l'enquête d'IHS Markit.

De même, sur le PMI composite, qui combine les services et l'industrie manufacturière, et qui a atteint outre-Manche son plus haut niveau depuis janvier 1998.

Pour rappel, au Royaume-Uni, le total des morts liés à la pandémie s'établit à 127.782, le cinquième bilan le plus élevé au monde selon le décompte de l'Université Johns Hopkins.

Lire aussi 3 mnBoris Johnson inquiet du variant indien malgré le haut niveau de vaccination du Royaume-Uni

(avec AFP)

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Commentaire 1
à écrit le 09/06/2021 à 9:21
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Et personne ne s'y attendait ! On nous prend pour des gonds.

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