Un sommet OTAN en Europe au moment où une guerre se déroule sur le sol européen. Cela aurait pu être l'objet d'un scénario d'un exercice militaire entre pays membres de l'OTAN. Mais non malheureusement c'est la dure réalité du contexte géopolitique actuel avec le conflit opposant la Russie à l'Ukraine. Que peut apporter ce sommet, qui se tient à Bruxelles ce jeudi comme avancées majeures pour contraindre la Russie de stopper son invasion en Ukraine et accepter un cessez-le-feu débouchant sur un accord de paix entre les deux pays ? Pour Kiev, seule face à l'ogre russe, la "realpolitik" mondiale reste cruelle et le restera jusqu'à la fin sauf si des lignes rouges sont franchies soit par la Russie, soit par l'OTAN. "Nous avons adapté notre posture en dissuasion et en réassurance", explique-t-on pour autant à l'Élysée. Mais pas question d'engager une guerre contre la Russie.
"Il y a des voies pour renforcer encore cette capacité à apprécier la situation et également l'activité des forces russes en Ukraine, qui sont importantes. L'OTAN n'est pas engagée en Ukraine, mais l'Ukraine étant voisin de pays de l'Alliance, il est nécessaire et logique, qu'en s'inscrivant dans cette posture de dissuasion de l'Alliance, d'apprécier de mieux en mieux la situation. Et c'est donc des débats qui se tiendront pendant ce sommet de l'OTAN", précise-t-on à l'Élysée.
Dans ce contexte essentiellement diplomatique, la marge de manoeuvre de l'OTAN est extrêmement limitée d'autant que le monde entier souhaite éviter une escalade avec la Russie de Vladimir Poutine, notamment des scénarios d'escalade dite verticale de la guerre en Ukraine au moyen d'armes non conventionnelles. Pourquoi ? L'Ukraine, n'étant pas membre de l'OTAN en dépit de quelques bases discrètes de l'OTAN sur le sol ukrainien (base de Yavoriv dans la région de Lviv bombardée par la Russie), ne bénéficie pas de l'article 5 des pays de l'OTAN. Un article qui assure assistance à tous les membres de l'Alliance en cas d'agression. Que peut donc attendre l'Ukraine des Occidentaux ? Les pays de l'OTAN mais aussi du G7 et de l'Union européenne doivent notamment coordonner leurs efforts en faveur de l'Ukraine dans le domaine de la fourniture d'équipements militaires, du soutien économique et humanitaire, y compris la sécurité alimentaire ou l'accueil des réfugiés.