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ÉconomieInternational

La Turquie finit l'année avec quasiment 65% d'inflation sur un an en décembre, un record

latribune.fr

Publié le 03 janvier 2024 à 10:47 - Mis à jour le 03 janvier 2024 à 10:47

La monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.

La monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.

Murad Sezer

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le pays, qui connaît une hyperinflation depuis 2019, a vu ses prix augmenter de 64,8% sur un an, en décembre dernier, selon les statistiques dévoilées ce mercredi. Un nouveau record annuel après 62% en novembre. Cependant, la hausse des taux directeurs débutée en juin devrait ramener l'inflation à 36% fin 2024, estime la banque centrale turque.

L'année passée fut celle de l'hyperinflation pour les Turcs. La hausse des prix a atteint 64,8% sur un an en décembre en Turquie, selon les données officielles publiées ce mercredi. Sur un mois, cette hausse s'est établie à 2,9%. La Turquie, qui connaît une inflation à deux chiffres sans discontinuer depuis fin 2019, voit donc s'établir un nouveau record.

Pour rappel, l'inflation, qui a repris son envolée depuis juin, s'élevait à 62% en novembre. Quoique élevés, les chiffres officiels pourraient même largement sous-estimer la réalité. Les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag), calculent pour leur part la hausse des prix à la consommation à 127,2% en glissement annuel.

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Dans le détail des données officielles, la hausse des prix concerne tout particulièrement les produits alimentaires (+72%), les transports (+77,1%), la santé (+79,6%), l'éducation (+82%), ainsi que l'hôtellerie et la restauration (+93,2%). Dans ce contexte, le salaire minimum a été relevé de 49% au 1er janvier, pour atteindre 17.000 livres turques, soit 520 euros environ.

Forte baisse du pouvoir d'achat

Malgré les hausses régulières des salaires et des pensions de retraite, le pouvoir d'achat des Turcs a sérieusement trinqué ces dernières années. Résultat, l'inflation demeure un sujet explosif en Turquie. Les loyers qui ont augmenté en moyenne de 121% sur un an en Turquie inquiètent particulièrement la population. Une hausse qui atteint 188% dans certaines grandes villes comme Ankara, la capitale, selon une étude publiée en août par l'université de Bahçesehir. Même la 

gouverneure de la Banque centrale turque est concernée. 

« Nous n'avons pas pu trouver de logement à Istanbul. Les prix sont exorbitants. Nous avons dû nous installer chez mes parents », a expliqué Hafize Gaye Erkan au journal turc Hürriyet en décembre.

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Et ce sujet devient à présent politique à trois mois d'élections municipales. De fait, le président Recep Tayyip Erdogan - réélu fin mai pour un troisième mandat - souhaite remporter le scrutin à Ankara et Istanbul passées aux mains de l'opposition en 2019. Alors que ce dernier affirmait encore début 2021 ne pas vouloir remonter les taux directeurs du pays, il a finalement changé d'avis l'été dernier. 

Depuis les élections de mai et la reconduction au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, la nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du ministère de l'Économie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 42,5%, afin de tenter de contrôler la flambée des prix.

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Illustration de la newsletter L’Alerte La Tribune
L'année 2024 pourrait de ce point de vue être meilleure que 2023 pour les Turcs. Grâce au resserrement de la politique monétaire, la gouverneure 

de la banque centrale turque

 
a estimé fin décembre que la Turquie est désormais « proche du niveau requis pour établir le cap de la désinflation ».

 Le 2 novembre, elle avait déjà affirmé que l'inflation pourrait 

baisser à 36% fin 2024.

La livre turque et le PIB au plus bas

Résorber l'inflation est loin de constituer la seule difficulté. La banque centrale aurait, selon les estimations, dépensé plus de 200 milliards de dollars pour tenter de soutenir la livre turque au cours des deux dernières années. Les nouveaux responsables de l'économie et des finances, en poste depuis juin, ont décidé de laisser la monnaie s'affaiblir. Objectif, alléger la pression sur ses réserves. Résultat, la monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain, pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.

« Il semble que la banque centrale ait actuellement bloqué la livre turque, avec un objectif probable d'environ 30 livres pour un dollar à la fin de l'année », a estimé la banque ING, dans une note récente.

En contrepartie, les analystes considèrent que les interventions répétées sur la monnaie commençaient également à éroder la compétitivité des principales exportations turques. Et la nouvelle politique monétaire amène déjà des premiers ralentissements de l'économie. Le produit intérieur brut (PIB) de la Turquie n'a augmenté que de 0,3% entre juillet et septembre. Il avait augmenté de 3,3% entre avril et juin.

«La banque centrale accueillera ces chiffres comme une preuve que la demande se refroidit et que les pressions inflationnistes continuent de s'atténuer», a estimé Liam Peach de Capital Economics.

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Mais là encore, les autorités turques se veulent rassurantes. Le chef de l'État avait déclaré fin novembre que l'économie turque pourrait bientôt « entrer dans un cercle vertueux » de désinflation, permettant à la livre turque de gagner de la valeur.

« Il y a une forte probabilité que la livre turque prenne de la valeur en termes réels. Nous gagnerons la confiance des investisseurs grâce à nos politiques judicieuses et à nos réformes structurelles », avait-il affirmé.

(Avec AFP)

latribune.fr

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