La Turquie finit l'année avec quasiment 65% d'inflation sur un an en décembre, un record
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La monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.
Murad Sezer
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La monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.
Murad Sezer
L'année passée fut celle de l'hyperinflation pour les Turcs. La hausse des prix a atteint 64,8% sur un an en décembre en Turquie, selon les données officielles publiées ce mercredi. Sur un mois, cette hausse s'est établie à 2,9%. La Turquie, qui connaît une inflation à deux chiffres sans discontinuer depuis fin 2019, voit donc s'établir un nouveau record.
Pour rappel, l'inflation, qui a repris son envolée depuis juin, s'élevait à 62% en novembre. Quoique élevés, les chiffres officiels pourraient même largement sous-estimer la réalité. Les économistes indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag), calculent pour leur part la hausse des prix à la consommation à 127,2% en glissement annuel.
Dans le détail des données officielles, la hausse des prix concerne tout particulièrement les produits alimentaires (+72%), les transports (+77,1%), la santé (+79,6%), l'éducation (+82%), ainsi que l'hôtellerie et la restauration (+93,2%). Dans ce contexte, le salaire minimum a été relevé de 49% au 1er janvier, pour atteindre 17.000 livres turques, soit 520 euros environ.
gouverneure de la Banque centrale turque est concernée.
« Nous n'avons pas pu trouver de logement à Istanbul. Les prix sont exorbitants. Nous avons dû nous installer chez mes parents », a expliqué Hafize Gaye Erkan au journal turc Hürriyet en décembre.Depuis les élections de mai et la reconduction au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, la nouvelle équipe à la tête de la Banque centrale et du ministère de l'Économie a fait remonter le taux directeur de 8,5 à 42,5%, afin de tenter de contrôler la flambée des prix.
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de la banque centrale turque
a estimé fin décembre que la Turquie est désormais « proche du niveau requis pour établir le cap de la désinflation ».Le 2 novembre, elle avait déjà affirmé que l'inflation pourrait
baisser à 36% fin 2024.Résorber l'inflation est loin de constituer la seule difficulté. La banque centrale aurait, selon les estimations, dépensé plus de 200 milliards de dollars pour tenter de soutenir la livre turque au cours des deux dernières années. Les nouveaux responsables de l'économie et des finances, en poste depuis juin, ont décidé de laisser la monnaie s'affaiblir. Objectif, alléger la pression sur ses réserves. Résultat, la monnaie turque a baissé de plus de 37% sur un an face au dollar américain, pour s'établir à 29 livres turques pour un dollar.
En contrepartie, les analystes considèrent que les interventions répétées sur la monnaie commençaient également à éroder la compétitivité des principales exportations turques. Et la nouvelle politique monétaire amène déjà des premiers ralentissements de l'économie. Le produit intérieur brut (PIB) de la Turquie n'a augmenté que de 0,3% entre juillet et septembre. Il avait augmenté de 3,3% entre avril et juin.
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Mais là encore, les autorités turques se veulent rassurantes. Le chef de l'État avait déclaré fin novembre que l'économie turque pourrait bientôt « entrer dans un cercle vertueux » de désinflation, permettant à la livre turque de gagner de la valeur.
(Avec AFP)
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