Aujourd'hui, à travers le monde, 828 millions de personnes, soit plus de 10% de la population mondiale, se couchent tous les jours en ayant faim, selon le Programme alimentaire mondial. Et quelque 345 millions de personnes sont en insécurité alimentaire ce qui signifie qu'elles n'ont pas un accès régulier à suffisamment d'aliments sains et nutritifs pour une croissance et un développement normaux et une vie active et saine, selon la définition de la FAO. Et si le phénomène touche tous les pays, 48 d'entre eux comptant parmi les plus pauvres de la planète sont directement concernés.
Ces chiffres alarmistes figurent dans un rapport publié ce vendredi par le Fonds monétaire international (FMI), intitulé « S'attaquer à la crise alimentaire mondiale ». L'organisation internationale avertit que « sans une action coordonnée d'urgence à l'échelle internationale », le phénomène menace de s'amplifier.
Si plusieurs pays connaissaient déjà une crise alimentaire, rappelle le FMI, celle-ci a pris de l'ampleur depuis l'invasion russe de l'Ukraine qui a entraîné une flambée des prix des denrées alimentaires, notamment des céréales, mais aussi de ceux des fertilisants et de l'énergie.
Avant la guerre, l'Ukraine et la Russie comptaient pour 30% du commerce international des céréales, 20% du maïs et 75% d'huile de tournesol. Avec le conflit, la production agricole en Ukraine devrait se réduire de 25% à 40% cette année, indique le FMI. Ce qui n'est pas sans conséquence directe, puisque « avant cette guerre, l'Ukraine était le premier contributeur de céréales du Programme alimentaire mondial (dépendant de l'Onu pour atteindre l'objectif Faim Zéro) », rappelle le rapport.