Deux tankers, le Kerala et le Fiorella, affrétés par la major américaine Chevron, chargent du pétrole brut à la raffinerie de Bajo Grande, sur le lac de Maracaibo, près de la ville de Zulia, au Venezuela, le 5 janvier 2023. C'est le premier chargement...
Les prix du baril du brut ont perdu quelque 36% de leur valeur depuis le pic atteint après l'invasion russe de l'Ukraine. Depuis début décembre, la tendance est à la baisse en raison du risque de récession aux Etats-Unis, en Europe et en Chine qui devrait peser sur la demande de brut. L'Opep+ pourrait être amenée à réduire à nouveau son quota.
Si la baisse est moins spectaculaire que celle du gaz naturel, il n'en reste pas moins que les prix du baril de pétrole ont perdu quelque 36% de leur valeur depuis leur plus haut de l'année atteint en mars, quelques jours après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
Vendredi, le prix du baril de Brent évoluait à la hausse, autour des 80 dollars, après être passé sous les 78 dollars (voir graphique), un niveau que l'on n'avait plus vu depuis décembre 2021. La référence américaine, le baril de WTI, progressait également tutoyant les 75 dollars, après avoir chuté dans la semaine sous les 67 dollars.
Les cours se sont redressés jeudi en raison d'une baisse des stocks hebdomadaires de pétrole et des produits raffinés (essence, diesel, fuel domestique) aux Etats-Unis plus importante que prévu. Ils étaient également soutenus par la fermeture d'un oléoduc du réseau américain Colonial Pipeline en raison de la détection d'une fuite. Le redémarrage est toutefois prévu ce samedi.
Quant aux perspectives, les investisseurs semblent opter depuis la fin de l'année pour une demande poussive. Ainsi, en décembre, l'ETC sur le Brent de Wisdom Tree, a enregistré un flux entrant de 1 milliard de dollars. « Il s'agit d'un montant record mensuel depuis son lancement en février 2012, un signe que les investisseurs considèrent que le prix du Brent a atteint un plancher », commente Tom Eckett, chez ETF Stream.
Les prix pourraient toutefois encore baisser au regard de la conjoncture économique mondiale. La nouvelle année sera « plus difficile que l'année que nous laissons derrière nous (...) Pourquoi ? Parce que les trois principales économies - les États-Unis, l'Union européenne et la Chine - ralentissent toutes simultanément », a averti cette semaine Kristalina Georgieva, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI). En outre, les banques centrales vont continuer à resserrer leur politique monétaire. Même si le rythme devrait être moins rapide, la Fed et la BCE vont continuer à augmenter leurs taux pour réduire l'inflation, visant à terme une cible de 2%. Dans la zone euro, la hausse des prix a atteint en décembre 9,2% sur un an, selon les données publiées par Eurostat, ce vendredi. C'est mieux qu'en novembre, où elle s'était affichée à 10,2%, mais cela reste encore élevé.
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