L’accident ayant impliqué, lundi, au large de l’Angleterre, deux navires, dont l'un transportait 220 000 barils de kérosène, a provoqué un incendie qui était toujours en cours, ce mardi, et suscite de nombreuses inquiétudes sur le plan écologique.
[Article publié le mardi 11 mars 2025 à 11 h 52, mis à jour à 17 h 56] Les heures passent et le risque d'une pollution après la collision entre un cargo et un pétrolier survenue lundi matin en mer du Nord semble diminuer.
Il n'y a du moins « pas de signe de pollution observé pour l'instant », a assuré ce mardi le secrétaire d'État britannique chargé des Transports maritimes, Mike Kane. «Mais une surveillance est en cours et si la situation devait changer, des moyens seraient mis en place», a-t-il ajouté devant le Parlement.
Un peu plus tôt, le gouvernement britannique indiquait, en effet, que l'impact potentiel sur l'environnement était en cours d'évaluation sous la coordination de l'Agence maritime et des garde-côtes et d'un groupe de défense de l'environnement. Une surveillance avait également été déployée dans les airs, par avion.
La collision a eu lieu à 16 kilomètres au large de la ville de Hull dans le Yorkshire, sur la côte est du Royaume-Uni. C'est là que le pétrolier « Stena Immaculate » — 183 mètres de longueur et 32 mètres de largeur — affrété par l'armée américaine, était à l'ancre. Il a été percuté par le porte-conteneurs « Solong », battant pavillon portugais.
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L'un des réservoirs du « Stena Immaculate » contenant du kérosène a été brisé, provoquant une fuite et faisant craindre d'importants dégâts environnementaux. Le navire transportait 220 000 barils de kérosène dans 16 réservoirs séparés. Mais selon des experts du secteur de l'assurance, les risques d'une marée noire pourraient être évités en raison de la nature des produits transportés par le « Stena Immaculate ». « Souvent, avec les pétroliers transportant du pétrole raffiné, la cargaison s'évapore et brûle, donc l'impact environnemental peut être moins grand que pour un transporteur de pétrole brut », a expliqué un spécialiste de l'assurance.
L'ONG environnementale Greenpeace a, elle, appelé à la prudence. Selon un porte-parole, il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences de cette collision sur l'environnement. « La magnitude et l'impact dépendront de plusieurs facteurs, comme la quantité et le type de pétrole transporté par le pétrolier, le carburant dans chaque navire, et quelle quantité s'est déversée dans la mer. Les conditions en mer et la météo seront également importantes pour déterminer les risques d'une marée noire », a-t-il précisé.
Paul Johnston, scientifique membre du laboratoire de recherche de Greenpeace à l'université d'Exeter, a par ailleurs rappelé : « Le kérosène qui a pénétré dans l'eau à proximité d'une zone de reproduction des marsouins est toxique pour les poissons et autres créatures marines. »
L'incendie toujours en cours
Du côté de l'incendie provoqué par la collision, il n'était toujours pas maîtrisé à la mi-journée ce mardi. Il « a fait rage toute la nuit et il est toujours en cours mardi matin », a affirmé à l'AFP Martyn Boyers, le directeur du port de Grimsby, non loin du lieu de l'incident.
« Le "Solong" est toujours en feu et l'incendie à bord du "Stena Immaculate" a fortement diminué. Des navires de sécurité et d'autres navires dotés de moyens de lutte contre le feu sont toujours sur place et d'autres arriveront aujourd'hui », ont indiqué les garde-côtes britanniques ce mardi en début d'après-midi.
Autre sujet d'inquiétude : un membre d'équipage du cargo a disparu. Les recherches pour tenter de le retrouver ont été stoppées dans la nuit. Le gouvernement a fait savoir en début d'après-midi ce mardi qu'il était présumé mort. Au total, trente-six membres d'équipage ont été ramenés à terre sains et saufs.
Un homme a été arrêté pour « homicide involontaire par négligence grave », a annoncé mardi la police locale. « Nous avons arrêté un homme de 59 ans soupçonné d'homicide involontaire par négligence grave en lien avec la collision », a indiqué la police de Humberside (nord-est de l'Angleterre), précisant que cette interpellation était consécutive à la fin des opérations de recherches menées par les garde-côtes.
Cause encore floue
Les circonstances de l'incident demeurent inconnues. Le « Solong » « a surgi de nulle part », a raconté à la BBC un membre d'équipage du « Stena Immaculate ». Des images diffusées par le média britannique montrent d'épais panaches d'une fumée noire s'échappant du lieu de la collision. Le pétrolier y apparaît endommagé avec un trou béant sur un ses côtés.
Le porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer, s'est néanmoins voulu rassurant, ce mardi en début d'après-midi, écartant, pour le moment, un acte malveillant. « La Direction des enquêtes sur les accidents maritimes va évidemment procéder à l'évaluation préliminaire de la collision. Je ne vais pas m'avancer sur ce travail, mais d'après ce que je comprends, il n'y a pas de raison de penser pour l'instant qu'il s'agit d'un acte criminel », a-t-il déclaré, restant néanmoins prudent.
La branche britannique d'investigation des accidents maritimes (MAIB) a annoncé avoir envoyé une équipe sur place pour procéder à de premières constatations. Ce sont toutefois les États-Unis et le Portugal qui sont en charge de l'enquête dans son ensemble, comme l'a indiqué le secrétaire d'État britannique au logement Matthew Pennycook à Times Radio.
Tous les journaux britanniques ont mis le sujet à la « Une » ce mardi. « Catastrophe », s'alarme The Mirror, tandis que le Sun s'inquiète de ces « Feux de l'enfer ». Le Daily Mail quant à lui s'interroge : « Comment un bateau transportant du cyanure de sodium [un gaz inflammable et très toxique] a-t-il pu percuter un pétrolier plein de kérosène pour l'armée américaine, en plein jour ? ». Une information toutefois démentie ce mardi après-midi par le propriétaire du « Solong » dans un communiqué.
« Nous sommes en mesure de confirmer qu'à bord il n'y a pas de conteneurs chargés de cyanure de sodium, comme cela a été rapporté à tort. Il y a quatre conteneurs vides qui ont précédemment contenu le produit chimique dangereux et ces conteneurs continueront à être surveillés », a indiqué la compagnie maritime allemande Ernst Russ.