Paris veut inciter l’Arabie Saoudite à accélérer sa trajectoire vers la neutralité carbone
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Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.
Reuters
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Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique.
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La France veut « inciter » l'Arabie saoudite à revoir ses ambitions écologiques pour atteindre plus rapidement la neutralité carbone, a déclaré à l'AFP la ministre française de la Transition énergétique lors d'une visite dans la puissante monarchie pétrolière du Golfe.
L'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, assure viser la neutralité carbone d'ici 2060 alors que les Emirats arabes unis voisins, autre grand pourvoyeur d'or noir, accueilleront la conférence de l'ONU sur le climat, la COP28, à la fin de l'année. « Cette COP28 sera le moment de faire le point sur nos trajectoires respectives », a déclaré samedi la ministre française, Agnès Pannier-Runacher, lors d'un entretien avec l'AFP à Ryad.
La France, qui travaille actuellement à une révision à la hausse de ses ambitions, « incite tous les pays, et notamment l'Arabie saoudite, à revoir aussi leur trajectoire », a-t-elle ajouté. Selon la ministre, les objectifs de réduction des émissions sont plus crédibles lorsqu'ils s'inscrivent « dans une durée courte 2030-2035, et donc qu'on ne renvoie pas le sujet à 2050 ».
Dans le détail, il faudrait que l'Hexagone enregistre une baisse de 17 millions de tonnes équivalent CO2 chaque année sur la période 2023-2030, contre une diminution moyenne annuelle de 9,1 millions de tonnes équivalent CO2 enregistrée au cours des trois dernières années.
», alertait, fin juin, Corinne Le Quéré, la présidente du Haut Conseil pour le climat, lors de la présentation de son cinquième rapport annuel, intitulé « Acter l'urgence, engager les moyens ».
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L'Arabie saoudite, de son côté, s'est engagée en 2021 à atteindre l'objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre au plus tard en 2060. Le géant pétrolier saoudien Aramco, principale source de revenus du royaume, vise « zéro émission nette opérationnelle » en 2050, un objectif qui s'applique aux émissions directement produites par les sites industriels du groupe.
Agnès Pannier-Runacher a quitté dimanche l'Arabie saoudite après avoir rencontré des responsables et hommes d'affaires français et saoudiens. La ministre a estimé que Ryad pouvait jouer « un rôle de leader » lors de la COP28, alors que les défenseurs de l'environnement se montrent très sceptiques à l'égard des ambitions environnementales de l'Arabie saoudite et des autres pays du Golfe dont les économies dépendent grandement de l'exportation des hydrocarbures.
L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis injectent des milliards d'euros dans les énergies vertes tout en appelant à plus d'investissements dans les énergies fossiles pour répondre à la demande mondiale croissante. Ce qui va à l'encontre des préconisations scientifiques du GIEC et des recommandations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), pourtant historiquement proche des milieux pétroliers, qui a appelé, en 2021, à stopper tout nouveau projet pétrolier ou gazier pour tenir la trajectoire de l'accord de Paris. Ces pays du Golfe assurent que le captage de CO2, grâce à des technologies pourtant très coûteuses et encore balbutiantes, leur permettra d'atteindre la neutralité carbone.
Agnès Pannier-Runacher a, par ailleurs, déclaré que la France était entrée dans la « compétition » en cours avec d'autres pays pour participer au « projet de réacteur nucléaire à forte puissance » en Arabie saoudite. Paris tient à « montrer les qualités de la filière nucléaire française pour répondre aux attentes de l'Arabie saoudite », a-t-elle fait valoir.
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Depuis plusieurs années, EDF peine à exporter son savoir-faire dans l'atome civil. Cela fait ainsi 15 ans que l'électricien est en négociations pour vendre la plus grande centrale nucléaire en Inde et qu'il fait face à des blocages. L'automne dernier, EDF s'est aussi fait écarter du marché polonais face à l'américain Westinghouse.
(Avec AFP)
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